Iran

Lacune en matière de protection en Iran : les dirigeants dans des abris, les citoyens sous les bombardements


Un fossé marqué apparaît entre les dispositifs de protection mis en place par le gouvernement iranien, alors que les frappes aériennes américaines et israéliennes se poursuivent.

Tandis que les dirigeants des Gardiens de la révolution iranienne se réfugient dans des abris souterrains fortifiés, des millions d’Iraniens se retrouvent exposés, sans abris suffisants ni systèmes d’alerte précoce pour les prévenir des raids, selon Fox News. Des habitants de Téhéran décrivent cette réalité comme le reflet direct des priorités du régime.

Dans des témoignages concordants, des résidents affirment que la capitale est dépourvue de sirènes d’alerte et d’infrastructures de protection civile, malgré des décennies d’investissements militaires.

Un habitant indique que les autorités ont désigné des dizaines de stations de métro et de parkings comme abris alternatifs, mais que ceux-ci manquent de services essentiels et restent parfois fermés en période de danger, ce qui les rend inadaptés aux situations d’urgence.

Les mêmes préoccupations se retrouvent chez de nombreux citoyens, qui redoutent un nombre élevé de victimes en cas de frappes visant des zones résidentielles.

D’autres soulignent que l’absence de systèmes d’alerte les prive même de quelques minutes cruciales pour prendre des mesures de protection, comme cela était le cas durant la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

Frappes sur la capitale iranienne

Les critiques dépassent la seule question de l’insuffisance des protections et incluent des accusations selon lesquelles le régime privilégie les dépenses militaires et les activités extérieures au détriment de la sécurité des citoyens.

Certains habitants estiment que des milliards de dollars issus des exportations pétrolières ou d’accords internationaux ont été consacrés au développement de missiles et de drones ainsi qu’au soutien d’alliés régionaux, sans mise en place d’un véritable système de protection civile.

Dans ce contexte, l’experte des affaires iraniennes Lisa Daftari considère que la capitale iranienne « fonctionne en réalité sans aucune structure formelle de défense civile ». Elle ajoute que les familles comprenant des enfants ou des personnes âgées ont quitté les villes pour des zones plus calmes, tandis que ceux qui restent sont contraints de se réfugier dans leurs habitations ou dans des parkings souterrains au bruit des explosions.

Daftari précise également que les images montrant des rassemblements dans les rues ne traduisent pas nécessairement un soutien populaire, mais pourraient résulter de pressions exercées par les milices du « Bassidj », qui utilisent des haut-parleurs pour inciter les habitants à sortir, dans le but de donner l’impression d’un appui au régime.

Par ailleurs, la présence d’installations militaires au sein de zones civiles densément peuplées suscite des inquiétudes juridiques et humanitaires croissantes. Avi Bell, professeur de droit, souligne que l’utilisation de zones urbaines pour lancer des missiles ou opérer des drones « ne répond pas à un objectif militaire légitime et expose les civils à des risques, pouvant s’apparenter à l’utilisation de boucliers humains », précisant que ces sites perdent leur protection juridique lorsqu’ils sont employés à des fins militaires.

Parallèlement aux menaces militaires, les Iraniens subissent un isolement croissant en raison des restrictions imposées aux communications. La coupure d’Internet est entrée dans sa troisième semaine, selon les rapports de NetBlocks, avec une diminution notable de l’efficacité des outils de contournement de la censure, rendant l’accès à l’information et la communication avec l’extérieur plus difficiles.

Le Commandement central américain a également averti que l’utilisation par l’Iran de zones civiles densément peuplées pour lancer des missiles et des drones expose ces zones au risque d’être ciblées et leur fait perdre leur statut protégé au regard du droit international. Ce schéma a été observé dans plusieurs villes, dont Ispahan et Chiraz.

Frappes sur la capitale iranienne

Sur le plan intérieur, ces conditions s’accompagnent d’un durcissement sécuritaire marqué. Le chef de la police, Ahmad Reza Radan, a annoncé l’arrestation de dizaines de personnes accusées de diffuser des contenus « inquiétants » en ligne, affirmant que les forces étaient prêtes à recourir à la force en cas de manifestations.

Dans une analyse plus large, la militante des droits humains Ladan Bazargan estime que la crise actuelle révèle « la perception du régime envers la population comme un fardeau sécuritaire plutôt que comme des citoyens à protéger ». Elle souligne que l’Iran, malgré la possession d’une infrastructure militaire souterraine avancée, n’a pas assuré le minimum de protection pour près de 90 millions d’habitants.

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