Politique

Les frappes contre l’Iran déclenchent une bataille constitutionnelle entre le Congrès et la Maison-Blanche


Les républicains défendent les frappes contre l’Iran comme relevant des prérogatives du président, tandis que les démocrates s’efforcent de restreindre les pouvoirs de Donald Trump.

Aux États-Unis, les républicains ont insisté sur le fait que l’attaque contre l’Iran relevait des compétences du président républicain Donald Trump en sa qualité de commandant en chef des forces armées. Les démocrates, en revanche, ont affirmé que l’administration n’avait pas présenté d’arguments cohérents et ont annoncé leur intention d’organiser cette semaine un vote sur les pouvoirs de déclaration de guerre.

Le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le directeur de la CIA John Ratcliffe ainsi que le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le général Dan Caine, ont présenté lundi des briefings aux dirigeants du Congrès concernant les frappes visant l’Iran, deux jours après le début des bombardements menés par les forces israéliennes et américaines contre la République islamique.

Avant le début de la séance d’information, Rubio a déclaré aux journalistes qu’il existait une menace imminente pour les États-Unis, Washington sachant qu’Israël prévoyait d’attaquer l’Iran et s’attendant à ce que Téhéran riposte en visant les forces américaines.

Des législateurs républicains ont estimé que cette situation constituait une « menace imminente » contraignant les États-Unis à agir.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a déclaré aux journalistes après le briefing confidentiel : « Étant donné qu’Israël était déterminé à agir avec ou sans les États-Unis, notre commandant en chef et l’administration ont dû prendre une décision extrêmement difficile. »

Johnson a ajouté : « À mon avis, à ce stade, notre armée et le commandant en chef mènent à bien une opération de portée limitée, aux objectifs restreints et absolument nécessaire pour notre protection. Je pense que cette opération se terminera rapidement. »

Les démocrates ont affirmé que la Constitution américaine confère au Congrès — et non au président — le droit exclusif de déclarer la guerre, et que Trump n’aurait pas dû engager ce qu’ils qualifient de campagne susceptible de durer plusieurs semaines sans l’approbation des législateurs.

Ils ont également reproché à l’administration de ne pas avoir fourni d’arguments cohérents pour justifier une attaque contre l’Iran à ce stade, et ont mis en doute la primauté des intérêts américains dans l’élaboration de cette politique.

Le sénateur démocrate de Virginie, Mark Warner, a déclaré que l’administration avait avancé, en l’espace d’une semaine, une série de justifications différentes pour frapper l’Iran : d’abord la destruction de son programme nucléaire, puis l’arrêt du développement de ses missiles balistiques, ensuite un changement de régime, et désormais l’anéantissement de sa flotte navale.

Toutefois, selon Warner, les principaux conseillers de Trump n’ont pas présenté d’argument convaincant démontrant que les États-Unis faisaient face à une menace directe. Il a ajouté : « Je me tiens fermement aux côtés d’Israël. Mais je crois qu’en fin de compte, lorsqu’il s’agit d’exposer des soldats américains au danger et que des pertes américaines sont à déplorer, avec la perspective de nouvelles victimes, il doit exister la preuve d’une menace imminente contre les intérêts américains. Je ne pense pas que ce seuil ait été atteint. » À la fin de la journée de lundi, six membres des forces armées américaines avaient perdu la vie dans le conflit.

Des responsables de l’administration Trump doivent retourner au Congrès ce mardi afin de fournir un briefing à l’ensemble des membres du Sénat et de la Chambre des représentants.

Plus tard dans la semaine, les législateurs devraient voter sur des résolutions relatives aux pouvoirs de guerre susceptibles d’empêcher le président américain de poursuivre les frappes contre l’Iran sans déclaration formelle de guerre par le Congrès. La Constitution américaine accorde au Congrès — et non au président — l’autorité d’engager les forces américaines dans des guerres, à l’exception de frappes limitées motivées par des impératifs de sécurité nationale.

Cependant, les républicains disposent d’une majorité étroite à la Chambre des représentants et au Sénat. Bien que quelques républicains se soient joints aux démocrates pour soutenir les résolutions relatives aux pouvoirs de guerre, le Parti républicain a jusqu’à présent bloqué toutes les tentatives visant à contraindre Trump à obtenir l’approbation du Congrès pour toute action militaire.

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