Politique

Négociations entre Damas et Soueïda sous médiation américaine


Les négociations portent sur la libération de détenus, tandis que des médias israéliens évoquent des efforts visant à parvenir à un règlement politique et sécuritaire dépassant le simple échange de prisonniers.

Le sud de la Syrie connaît une dynamique politique notable, marquée par l’émergence d’un rôle américain dans le parrainage de contacts non déclarés entre le gouvernement syrien et une éminente autorité religieuse druze, dans le but de traiter la question des personnes détenues à la suite des violences qui ont frappé la province de Soueïda au cours des derniers mois. Parallèlement, des rapports en hébreu indiquent que les discussions vont au-delà du dossier des détenus et s’orientent vers un règlement sécuritaire et politique, ouvrant la voie à un éventuel accord de paix futur, à l’instar de l’accord conclu entre Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Selon une source informée du déroulement des négociations, Washington joue un rôle central pour rapprocher les positions entre Damas et l’influent dignitaire druze, le cheikh Hikmat al-Hijri, dans une démarche centrée exclusivement sur l’échange de détenus. La source précise que les discussions en cours n’abordent pas, à ce stade, des dossiers politiques plus larges, mais se limitent à des mesures de confiance débutant par la libération de civils détenus depuis l’été dernier.

Les informations disponibles indiquent que la proposition actuelle prévoit la libération par les autorités syriennes de 61 civils originaires de Soueïda, incarcérés à la prison d’Adra, en contrepartie de la remise en liberté de trente membres des ministères de la Défense et de l’Intérieur détenus par des groupes armés locaux affiliés à une formation connue sous le nom de « Garde nationale », constituée après l’escalade des tensions en juillet dernier.

Sur le terrain, des sources locales rapportent que les efforts de médiation ont déjà abouti à la libération de six personnes arrêtées à la suite des événements d’Achrafiyat Sahnaya, qui ont connu des troubles en avril 2025. Un calme relatif est également revenu dans la ville de Soueïda après plusieurs jours de tensions. Les routes, fermées à la suite de l’arrestation de trois jeunes hommes du village de Labin, soupçonnés d’être impliqués dans le vol de câbles téléphoniques, ont été rouvertes. Cet incident avait déclenché des affrontements entre leurs proches et des éléments des forces de sécurité intérieure, causant un mort et un blessé.

Dans le même contexte, des médias, dont la radiodiffusion publique israélienne, ont évoqué un processus de négociation plus large, sous parrainage américain, entre Damas et des dirigeants druzes du sud, dépassant la question de l’échange humanitaire pour examiner des arrangements politiques et sécuritaires à long terme. Selon ces informations, l’approche envisagée reposerait sur l’octroi de compétences administratives et sécuritaires élargies aux instances locales de Soueïda, en contrepartie d’un recul de certaines parties concernant les revendications d’autonomie ou les propositions séparatistes, tout en maintenant la province sous la souveraineté de l’État syrien.

D’après des sources informées, Damas mise sur l’implication de l’administration américaine dirigée par Donald Trump pour inciter les parties à parvenir à un compromis susceptible de réduire les risques de nouvelles confrontations dans le sud et de limiter les interférences régionales. Des fuites indiquent que le gouvernement syrien étudie une formule consistant à restreindre le déploiement dans la province aux seules forces de sécurité intérieure, sans introduction d’unités militaires régulières, afin d’éviter toute escalade susceptible de raviver les tensions.

Par ailleurs, Damas cherche à ouvrir des canaux de communication avec des acteurs sociaux et religieux druzes afin de réajuster ses relations avec la province et de réduire l’influence de figures contestant la légitimité du pouvoir central, au premier rang desquelles le cheikh al-Hijri, qui revendique le droit à l’autodétermination pour Soueïda et appelle à un soutien extérieur en ce sens, une position catégoriquement rejetée par le gouvernement syrien.

Depuis le 13 juillet dernier, Soueïda a été le théâtre d’affrontements entre groupes armés druzes et combattants bédouins, avant que les combats ne s’étendent avec l’intervention des forces gouvernementales et l’engagement de combattants tribaux. Bien qu’un cessez-le-feu ait été conclu le 20 juillet, la situation demeure fragile, marquée par des tensions persistantes et des difficultés de circulation vers et depuis la province.

Entre le processus d’échange de détenus et les tentatives d’élaborer des arrangements plus larges, la médiation américaine apparaît comme un test délicat de la capacité à contenir la crise dans le sud, dans une région où les dynamiques locales s’entrecroisent avec des considérations régionales et internationales complexes.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page