Quatrième anniversaire de la guerre : trois leçons militaires des combats en Ukraine
À l’occasion du quatrième anniversaire de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les combats révèlent de profondes transformations dans l’art de la guerre. L’artillerie lourde, les drones et la lutte pour la supériorité aérienne ont imposé de nouvelles dynamiques sur les champs de bataille contemporains.
Alors que la Russie prévoyait initialement que son « opération militaire spéciale » durerait de trois jours à deux semaines, le conflit s’est prolongé pendant quatre ans et ne semble pas près de s’achever.
Ces quatre dernières années ont offert une série d’enseignements tactiques aux deux parties, ce conflit constituant la plus importante guerre conventionnelle entre deux États au XXIe siècle.
De nombreux planificateurs militaires contemporains observent attentivement la guerre en Ukraine afin d’en tirer des enseignements pour la préparation de conflits futurs, selon le site américain The National Interest, qui a mis en avant plusieurs leçons issues du champ de bataille.
L’artillerie demeure la « reine » du champ de bataille
L’artillerie est l’arme la plus meurtrière en Ukraine, étant parfois responsable de plus de 80 % des pertes.
Les pièces d’artillerie, notamment les obusiers de 155 mm, infligent des destructions massives et sont essentielles aux opérations offensives comme défensives des deux camps.
Au plus fort des combats, les forces russes et ukrainiennes pouvaient tirer des milliers d’obus par jour.
Les drones, une arme efficace des guerres modernes
Les deux camps utilisent des drones à des fins de combat, de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de ravitaillement.
Les drones de reconnaissance, peu coûteux et facilement remplaçables, ont largement contribué à dissiper le brouillard de la guerre le long de la ligne de front, rendant extrêmement difficile la préparation d’une offensive d’envergure sans que l’adversaire n’en soit informé et ne réagisse.
Les drones dits « kamikazes » jouent un rôle majeur dans l’infliction de pertes à l’ennemi et ont permis à la Russie comme à l’Ukraine de mener des frappes stratégiques à longue portée.
La supériorité aérienne, facteur décisif dans un conflit symétrique
Malgré l’importance cruciale de la supériorité aérienne sur le champ de bataille, ni la Russie ni l’Ukraine ne sont parvenues à s’assurer le contrôle du ciel, ce qui a contribué à ralentir les opérations terrestres.
Si peu d’observateurs s’attendaient à ce que l’Ukraine domine les airs avec une flotte de chasseurs réduite et vieillissante, l’incapacité de la Russie à imposer sa supériorité qualitative et quantitative a surpris. L’aviation russe n’a pas réussi à percer les défenses aériennes ukrainiennes et ne peut opérer librement au-dessus du champ de bataille. En conséquence, il n’existe ni appui aérien rapproché efficace ni frappes aériennes de précision de l’ampleur nécessaire pour neutraliser l’adversaire.
Enfin, l’avenir du conflit demeure incertain. Face à l’enlisement des efforts de paix, les combats en Ukraine sont susceptibles de se poursuivre encore longtemps.
