Oklahoma ordonne une enquête sur les Frères musulmans et le CAIR et réclame leur désignation fédérale comme organisations terroristes
Le gouverneur républicain de l’Oklahoma, Kevin Stitt, a renforcé les mesures prises par son État contre les Frères musulmans et le Council on American-Islamic Relations (CAIR), en lançant une double initiative comprenant de vastes enquêtes locales et une demande officielle adressée au gouvernement fédéral afin que les deux organisations soient désignées comme « organisations terroristes étrangères ».
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Décret exécutif et enquêtes de sécurité
Le 12 août, Kevin Stitt a signé un décret exécutif ordonnant au Bureau de la sécurité intérieure et au Département de la sécurité publique de l’État d’enquêter sur les Frères musulmans, le CAIR et les entités qui leur sont affiliées.
L’enquête vise à identifier toute activité potentielle et à déterminer les mesures nécessaires pour prévenir d’éventuelles opérations terroristes sur le territoire de l’État. Le gouverneur a justifié cette initiative en affirmant que « l’idéologie de l’organisation est incompatible avec les principes fondateurs américains », accusant des entités qui lui seraient liées de soutenir le Hamas et le Hezbollah et de collecter des fonds destinés à financer des opérations armées depuis le 7 octobre.
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Le ciblage du CAIR et les précédents judiciaires
Le décret exécutif place le Council on American-Islamic Relations (CAIR) au cœur de cette initiative, en s’appuyant sur des documents judiciaires antérieurs, notamment l’affaire de la Holy Land Foundation for Relief and Development, dans laquelle le CAIR avait été mentionné comme « co-conspirateur non inculpé ».
Le gouverneur a également évoqué des éléments présentant le CAIR comme une organisation affiliée aux Frères musulmans et liée à des organisations désignées comme terroristes.
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Une mobilisation croissante des États et une voie législative parallèle
La démarche de l’Oklahoma s’inscrit dans le prolongement d’une dynamique croissante au niveau des États. Elle fait suite à des initiatives prises au Texas, sous l’impulsion du gouverneur Greg Abbott, ainsi qu’en Floride, où le gouverneur Ron DeSantis a engagé des mesures visant à désigner localement l’organisation comme terroriste.
Parallèlement, un projet de loi est actuellement examiné par le corps législatif de l’Oklahoma. Il vise à accorder aux autorités de l’État des pouvoirs plus étendus pour enquêter sur les activités illégales qui leur seraient liées, les empêcher et, le cas échéant, les désigner localement comme organisations terroristes.
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Les mécanismes et les conséquences d’une désignation fédérale
La demande formulée par Kevin Stitt marque le passage de mesures locales à une volonté de recourir au droit fédéral, notamment à la disposition 8 U.S.C. § 1189, qui autorise le secrétaire d’État américain, en consultation avec les secrétaires au Trésor et à la Justice, à désigner une organisation comme « organisation terroriste étrangère » si trois conditions sont réunies :
- L’organisation doit être étrangère.
- Elle doit se livrer à des activités terroristes ou disposer de l’intention et de la capacité de le faire.
- Ces activités constituent une menace pour la sécurité des ressortissants américains, la sécurité nationale ou la politique étrangère des États-Unis.
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Si une telle désignation est approuvée et publiée dans le Federal Register après notification du Congrès, elle entraîne de lourdes conséquences juridiques. Parmi les principales figurent l’interdiction de fournir un « soutien matériel ou des ressources » à l’organisation concernée, l’application de restrictions strictes en matière d’immigration et d’entrée sur le territoire pour les ressortissants étrangers qui lui sont liés, ainsi que le gel d’avoirs et l’adoption de mesures financières connexes.
Par cette initiative, le dossier dépasse désormais le simple cadre de la surveillance exercée par un État pour devenir une démarche politique et juridique visant à recourir à l’un des instruments les plus coercitifs du droit américain à l’encontre des organisations désignées comme terroristes.
