Politique

Les talibans combattent leur ennemi juré jusque dans les poches de leurs membres


Au fond des poches de leurs combattants et des employés de leur administration, les talibans afghans mènent une guerre silencieuse contre des outils devenus une composante essentielle de la vie quotidienne.

Selon un document divulgué, le chef du mouvement, Hibatullah Akhundzada, a émis une nouvelle directive interdisant l’utilisation des smartphones aux membres des talibans ainsi qu’aux fonctionnaires du gouvernement, selon des informations rapportées par le média Afghanistan International.

Le document, dont le média affirme avoir obtenu une copie, avertit que les contrevenants pourraient être traduits devant des tribunaux militaires afin de répondre de leurs actes.

Selon ce texte, la décision a été diffusée par le ministère de la Justice des talibans aux présidents des tribunaux militaires relevant de la structure militaire de la Cour suprême des talibans dans huit régions du pays.

Les chefs de police ainsi que les responsables des services de renseignement de ces régions ont également été informés de cette nouvelle directive.

Les instructions précisent que les responsables des tribunaux militaires sont tenus de garantir l’application intégrale de la décision et de soumettre des rapports attestant du respect des mesures imposées.

Une liste spéciale de surveillance a également été mise en place. Elle comprend les noms, lieux de travail, numéros de téléphone et réseaux de communication de toutes les personnes faisant l’objet d’un suivi.

D’autres restrictions

Les talibans avaient déjà imposé auparavant plusieurs restrictions concernant l’utilisation des smartphones.

Récemment, une directive distincte a été publiée afin d’interdire aux étudiants d’apporter des smartphones dans les écoles et les instituts religieux.

Le ministre taliban de l’Enseignement supérieur avait auparavant qualifié les smartphones de « l’un des trois principaux ennemis des musulmans ».

En octobre dernier, il avait informé les universités et les établissements d’enseignement qu’il était interdit d’utiliser des smartphones pendant les heures de travail et à l’intérieur des campus universitaires. Seuls les présidents d’université et les directeurs des centres éducatifs étaient autorisés à les emporter sur leur lieu de travail.

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