Les craintes de perturbation des approvisionnements poussent les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars
Les marchés attendent de voir si les attaques vont s’étendre à davantage d’installations de production et d’exportation ou au trafic des pétroliers.
Les prix du pétrole ont dépassé aujourd’hui, mercredi, le seuil des 100 dollars, dans un contexte de craintes croissantes concernant une perturbation de l’approvisionnement en brut en raison de la reprise des attaques et de l’élargissement du conflit dans différentes régions du Moyen-Orient.
À 07 h 21 GMT, les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 2,15 dollars, soit 2,2 %, à 100,07 dollars le baril, tandis que le prix du brut américain West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 1,70 dollar, soit 1,83 %, à 94,73 dollars le baril.
Les tensions se sont intensifiées au cours des dernières heures avec des attaques menées par le mouvement houthi, soutenu par l’Iran, contre plusieurs villes saoudiennes, visant des sites et des installations liés au secteur de l’énergie. Dans le même temps, les États-Unis ont annoncé avoir pris pour cible des pétroliers iraniens, tandis que l’Iran a affirmé avoir attaqué une base militaire américaine en Jordanie ainsi que des navires dans les environs du détroit d’Ormuz.
Ces développements accroissent les risques de perturbation des approvisionnements en pétrole dans une région qui constitue l’un des principaux pôles mondiaux de production et d’exportation, notamment en raison des inquiétudes croissantes concernant la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le commerce mondial de l’énergie.
Le groupe ING a indiqué que les récents développements renforçaient la conviction que la reprise des pourparlers de paix restait encore lointaine, estimant que le marché continuerait probablement à intégrer une importante prime de risque dans les prix du pétrole. Des analyses ont également averti que la poursuite des attaques contre les infrastructures énergétiques et les voies maritimes pourrait prolonger les perturbations des approvisionnements.
En Arabie saoudite, les attaques répétées contre les infrastructures énergétiques pourraient accroître les pressions exercées sur le premier producteur de pétrole de la région, malgré les efforts de Riyad pour réorienter une partie de ses exportations afin de contourner le détroit d’Ormuz et de préserver l’acheminement du brut vers les marchés mondiaux. Selon des analystes, la poursuite des attaques pendant une période prolongée pourrait rendre ces efforts plus difficiles.
Les inquiétudes des marchés ne concernent pas uniquement la production elle-même. Le trafic des pétroliers et le transport maritime dans la région sont désormais au cœur des préoccupations, alors que les attaques et les menaces visant les navires et les voies de navigation se multiplient. Toute perturbation prolongée de ces voies pourrait creuser l’écart entre l’offre disponible et les volumes effectivement accessibles aux acheteurs, même si les niveaux de production restent relativement stables.
La hausse des prix du pétrole intervient alors que les marchés mondiaux évaluent les conséquences de la poursuite de la guerre sur l’inflation et la croissance économique. Une nouvelle progression du prix du brut pourrait en effet accroître les coûts du transport, de l’énergie et de la production, tout en ravivant les pressions inflationnistes dans les économies importatrices de pétrole.
Alors que le Brent franchit le seuil des 100 dollars le baril, l’évolution de l’escalade militaire dans la région devient le facteur le plus déterminant pour l’orientation des prix à court terme. Les marchés resteront toutefois attentifs à la question de savoir si les attaques s’étendent à davantage d’installations de production et d’exportation ou au trafic des pétroliers, et si cette situation entraînera une perturbation réelle et durable des approvisionnements mondiaux.
