Les armes du Hamas entravent le plan de paix à Gaza : vives divergences
Le plan de paix américain pour la bande de Gaza se heurte à une impasse complexe centrée sur le mécanisme de désarmement du Hamas, dans un contexte de menaces israéliennes de reprise d’une guerre totale.
Des experts interrogés par le journal britannique The Guardian estiment que la version actuellement en circulation du plan manque de garanties et de progressivité suffisantes pour en assurer la faisabilité.
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Selon le rapport, la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu, conclu sous médiation américaine et dont l’entrée en vigueur a été annoncée en janvier, devait inclure le désarmement du Hamas, le retrait des forces israéliennes et la mise en place d’une administration palestinienne provisoire soutenue par une force de police locale et une force internationale de stabilisation.
Cependant, le plan en vingt points, qui serait supervisé par un Conseil de la paix formé par le président américain Donald Trump, demeure marqué par une ambiguïté notable quant à la séquence d’application de ses dispositions et au lien entre le désarmement et les autres échéances politiques et sécuritaires, souligne le journal.
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Le délai de soixante jours
Des médias israéliens ont indiqué que les États-Unis envisagent d’accorder au Hamas un délai de soixante jours pour procéder à un désarmement complet, incluant les armes individuelles. Le calendrier d’exécution s’étendait sur six mois, débutant par la remise des armes lourdes et la divulgation du réseau de tunnels, avant d’aboutir à la restitution des armes légères.
Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite, a déclaré qu’un ultimatum serait émis par Washington dans les prochains jours, ajoutant que l’armée israélienne bénéficierait d’un « soutien américain » pour imposer le désarmement par la force en cas de refus du mouvement.
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Des informations font également état d’un message transmis par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, au cabinet de sécurité, selon lequel Donald Trump adresserait prochainement son avertissement, bien que le président américain n’ait pas abordé cette question dans son dernier discours sur l’état de l’Union.
Ambiguïtés du plan et visions divergentes
Le gouvernement israélien cherche à faire du désarmement du Hamas une priorité absolue, préalable à tout retrait militaire ou arrangement transitoire. À l’inverse, le mouvement conditionne l’abandon de son arsenal à l’obtention de garanties claires quant au retrait des forces israéliennes.
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Selon le quotidien Israel Hayom, le Hamas devrait fournir un inventaire détaillé de ses armes lourdes ainsi qu’une cartographie de son réseau de tunnels, les autres étapes de la deuxième phase étant subordonnées à l’achèvement du désarmement.
Des analystes israéliens estiment toutefois que cette approche relève davantage du souhait que d’un plan opérationnel réaliste au regard des données du terrain.
La commission nationale chargée de l’administration de Gaza, composée de quinze experts palestiniens indépendants, a tenu une réunion au Caire en préparation de la prise en charge de ses fonctions, mais n’a pas encore pu entrer dans l’enclave faute d’arrangements sécuritaires et de coordination avec Israël.
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La mise en place d’une force de police placée sous l’autorité de la commission est en cours, mais Israël examine les candidatures et rejette celles des personnes ayant précédemment servi dans les forces de police relevant du Hamas.
Malgré la formation de milliers d’agents en Jordanie et en Égypte, des observateurs estiment que les effectifs demeurent insuffisants pour sécuriser un territoire peuplé d’environ 2,2 millions d’habitants après deux années de guerre dévastatrice.
Plusieurs pays, dont l’Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie, ont proposé de contribuer à une force internationale de stabilisation de vingt mille soldats, avec la préparation d’une grande base au sud de la bande de Gaza.
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La mission exacte de cette force n’a toutefois pas été définie. Les États contributeurs se montrent réticents à confier à leurs troupes la tâche de désarmer le Hamas. Israël, de son côté, s’oppose à la participation de certains pays régionaux et souhaite que le rôle de la force se concentre sur le désarmement des factions et la prévention de la reconstitution de groupes armés.
La partie palestinienne plaide, en revanche, pour un mandat limité à la séparation des parties, à la supervision de la mise en œuvre de l’accord et à la formation de la police locale.
Par ailleurs, des analystes estiment que le Hamas rejettera le plan dans sa version actuelle, dans la mesure où il exige la remise de ses armes sans garanties équivalentes concernant le retrait israélien ou le désarmement d’autres factions, ce qui pourrait l’exposer sur le plan sécuritaire durant la phase transitoire.
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Des informations font état d’un message adressé par la direction du mouvement à Gaza à son bureau politique à l’étranger, appelant à « se préparer à une éventuelle reprise des combats ».
Des évaluations des services de renseignement israéliens indiquent que le Hamas disposerait encore de dizaines de milliers de fusils et qu’une part significative de son réseau de tunnels resterait opérationnelle.
À l’inverse, Bezalel Smotrich a laissé entendre qu’il s’attendait à l’échec du processus de désarmement, estimant qu’une telle issue pourrait conduire à une occupation israélienne complète de la bande de Gaza et à l’instauration d’une administration militaire.
Des experts, dont H. A. Hellyer du Royal United Services Institute, considèrent que l’insistance sur un désarmement total préalable à toute autre mesure risque d’entraîner l’effondrement du plan en vingt points, l’ensemble du processus demeurant suspendu à la résolution de cette question, ouvrant ainsi la voie à un retour au scénario de guerre totale plutôt qu’à l’établissement d’un processus politique durable.
