Le Liban devient un terrain d’épreuve pour la solidité de l’accord américano-iranien
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti mardi que toute attaque israélienne contre le Liban, ou tout maintien des forces israéliennes sur le territoire libanais à partir de maintenant, serait considéré comme une violation de l’accord provisoire conclu avec Washington. Il a ainsi lancé une mise en garde ferme contre toute tentative israélienne d’entraver les ententes en cours et de pousser le président américain Donald Trump à s’opposer à toute démarche allant dans ce sens.
Il a déclaré : « De notre point de vue, les deux parties à ce mémorandum sont les États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran ainsi que le Hezbollah de l’autre. » Il a souligné que Téhéran et Washington entament un nouveau cycle de négociations vendredi en Suisse afin de parvenir à un accord définitif, après l’entrée en vigueur officielle de l’accord provisoire.
Des sources ont indiqué que les combats entre l’État hébreu et le Hezbollah avaient considérablement diminué lundi, sans toutefois cesser complètement malgré l’accord. Une frappe israélienne a causé la mort d’une personne, mettant en lumière la fragilité du cessez-le-feu, tandis que le dossier libanais apparaît désormais comme un véritable test de la viabilité de l’accord américano-iranien.
Le Liban a subi parmi les conséquences humaines les plus lourdes du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Les attaques israéliennes contre le Hezbollah ont provoqué la mort d’environ 3 800 personnes et le déplacement de près de 1,2 million d’habitants.
Le mouvement a commencé à tirer sur Israël le 2 mars en soutien à Téhéran. La cessation des hostilités au Liban constitue un élément essentiel de l’accord plus large, l’Iran ayant insisté pour que le texte inclue un cessez-le-feu sur le front libanais. Le Pakistan, qui joue un rôle central de médiateur, a indiqué que les parties américaine et iranienne avaient conclu un accord tôt lundi, heure locale, prévoyant « la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».
Un calme relatif sur le front libanais
Des sources sécuritaires libanaises et étrangères ont affirmé que l’annonce avait favorisé un calme relatif dans le sud du Liban. Toutefois, des violences sporadiques ont continué à se produire alors que les forces israéliennes demeurent présentes dans une zone occupée pendant les trois mois de conflit.
Israël a mené une frappe de drone contre un véhicule dans la localité de Kfar Tebnit, tuant son conducteur.
Le Hezbollah a annoncé avoir lancé des drones et des missiles contre des véhicules de l’armée israélienne qui, selon lui, tentaient de progresser davantage dans le sud du Liban. Il s’agit de la première attaque revendiquée par le mouvement depuis l’entrée en vigueur de l’accord.
Le groupe allié de l’Iran a également indiqué avoir tiré une salve de roquettes et d’obus d’artillerie contre les forces israéliennes, signe que les affrontements se poursuivent encore.
Plus tard dans la journée de lundi, l’armée israélienne a confirmé avoir intercepté des roquettes tirées par le Hezbollah en direction d’une zone où ses forces opéraient dans le sud du Liban. Elle a également indiqué que des missiles antichars et des obus de mortier avaient été lancés, sans faire état de victimes.
Des correspondants et habitants de Beyrouth ont rapporté avoir entendu toute la journée le bourdonnement d’un drone israélien tournant au-dessus de la capitale libanaise et de sa banlieue sud.
Un responsable du Hezbollah avait précédemment déclaré que la position du mouvement à l’égard du cessez-le-feu dépendait du respect de celui-ci par Israël.
Le même responsable, qui a requis l’anonymat, a affirmé que Téhéran avait reporté au 19 juin la signature du mémorandum d’entente avec les États-Unis, notamment afin d’observer si Israël poursuivrait ou non ses attaques contre le Liban. Israël n’est pas partie à l’accord conclu entre Washington et Téhéran.
Dans la soirée de lundi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que les forces israéliennes resteraient dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire. Il a indiqué que l’Iran avait exigé leur retrait, mais qu’il avait « maintenu sa position », précisant que l’armée israélienne conserverait sa « liberté d’action » au Liban afin de prévenir les attaques du mouvement chiite.
Il a également affirmé que quatre combattants avaient été tués après s’être approchés de positions israéliennes.
Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
De son côté, le Hezbollah a déclaré rejeter toute situation permettant à Israël de poursuivre ses opérations militaires au Liban et a mis en garde contre la poursuite des attaques israéliennes.