L’Allemagne propose la création d’une force européenne pour remplacer la FINUL au Liban
Le ministre allemand des Affaires étrangères affirme que le Liban, grâce à la présence d’un gouvernement stable, constitue actuellement l’un des développements les plus prometteurs de la région.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a proposé de confier à une force de l’Union européenne une mission au Liban afin de remplacer la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont le mandat arrive prochainement à expiration, dans le but d’éviter tout vide sécuritaire. Cette proposition intervient alors que les efforts diplomatiques et les négociations se poursuivent pour contenir les conséquences de la guerre entre Israël et le Hezbollah, après la conclusion de l’accord-cadre, lequel fait toujours l’objet de critiques de la part du Hezbollah.
Dans une interview publiée vendredi par le réseau allemand RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND), Johann Wadephul a déclaré : « Nous devons examiner, au sein de l’Union européenne, si nous sommes en mesure de garantir qu’aucun vide sécuritaire ne survienne grâce à un mandat européen prenant le relais de la mission de la FINUL », en référence à la Force intérimaire des Nations unies au Liban.
Le mandat actuel de la FINUL prendra fin le 31 décembre 2026. Le Parlement allemand a renouvelé, il y a quelques semaines seulement, la participation de l’Allemagne à cette mission pour la dernière fois.
Johann Wadephul a souligné que le Liban, désormais doté d’un gouvernement stable, représente « l’un des développements les plus encourageants de la région à l’heure actuelle ».
Le Liban et Israël ont tenu, mardi et mercredi, une nouvelle série de discussions au niveau des ambassadeurs à l’ambassade des États-Unis à Rome. Il s’agissait du sixième cycle de négociations directes depuis le déclenchement d’une nouvelle guerre, le 2 mars, entre Israël et le Hezbollah libanais, dans le contexte des répercussions du conflit avec l’Iran.
Selon le ministre allemand, une force placée sous mandat de l’Union européenne pourrait « créer les conditions nécessaires au retrait de l’armée israélienne sans permettre au Hezbollah de reprendre ses activités terroristes ».
Cette proposition intervient alors que les États européens cherchent à préserver la stabilité régionale tout en maintenant un équilibre dans leurs relations avec Israël et le Liban.
Le mois dernier, le président libanais Joseph Aoun a salué une initiative franco-italienne visant à constituer une coalition internationale destinée à soutenir le Liban après la fin du mandat de la FINUL. Cette initiative est intervenue au lendemain de l’annonce par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, de la volonté de Rome, en coordination avec Paris, de mettre en place une coalition internationale chargée de définir le mécanisme de l’après-FINUL.
Le projet, soutenu par Rome et Paris, repose sur un mécanisme de coordination réunissant les Nations unies et l’Union européenne afin d’assurer la continuité du suivi de la situation sécuritaire dans le sud du Liban, tout en fournissant le soutien nécessaire à l’armée libanaise, de manière à empêcher l’apparition d’un vide sécuritaire susceptible d’être exploité par des acteurs locaux ou régionaux pour raviver les tensions le long de la frontière avec Israël.
À l’heure actuelle, environ 7 500 Casques bleus de la FINUL, représentant près de cinquante pays, sont déployés dans de vastes zones du sud du Liban, le long de la Ligne bleue. Depuis sa création en 1978, la mission est chargée de surveiller la cessation des hostilités, de contribuer au maintien de la stabilité et d’appuyer les autorités libanaises.
Toutefois, l’efficacité de la FINUL demeure un sujet de débat au sein de la communauté internationale, notamment en raison de la répétition des affrontements entre Israël et le Hezbollah. Cette situation a renforcé les appels en faveur de mécanismes de sécurité plus adaptés aux évolutions du terrain et capables d’améliorer l’efficacité du dispositif international déployé dans le sud du Liban.
