La colère économique étouffe les réseaux d’armement iraniens… sanctions contre 10 personnes et entreprises
Dans une nouvelle escalade reflétant la fermeté de Washington dans sa politique de « pression maximale », le département du Trésor américain a annoncé un train de sanctions visant 10 personnes et entreprises au Moyen-Orient, en Asie et en Europe de l’Est, pour avoir aidé l’Iran à se procurer des armes et des matières premières utilisées dans la fabrication des drones « Shahed ».
Cette initiative s’inscrit dans ce que l’administration américaine a qualifié de « campagne de colère économique », dans le cadre d’une stratégie plus large destinée à étouffer les réseaux de financement et d’approvisionnement liés à l’Iran, en ciblant les circuits d’intermédiation financière et technologique qui le relient aux marchés asiatiques et européens.
Que sait-on de ces sanctions ?
Le département du Trésor américain a indiqué que son Office of Foreign Assets Control a ciblé vendredi 10 personnes et entreprises établies dans plusieurs juridictions au Moyen-Orient, en Asie et en Europe de l’Est, accusées de faciliter les efforts de l’appareil militaire iranien pour obtenir des armes et des matières premières utilisées dans les programmes de drones de type « Shahed » et de missiles balistiques.
Le Trésor a précisé qu’il continue, de manière proactive, à perturber ces réseaux cherchant à soutenir l’acquisition par l’Iran d’armes et d’équipements militaires. Parallèlement, le département d’État américain classe quatre entités liées aux activités d’armement conventionnel iranien.
De son côté, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que, tandis que les dirigeants survivants du Corps des gardiens de la révolution islamique se retrouvent « piégés dans un navire en train de couler », le Trésor ne relâche pas sa « campagne de colère économique ».
Il a ajouté : « Sous la direction décisive du président Donald Trump, nous continuerons à œuvrer pour garantir la sécurité de l’Amérique et à cibler les individus et les entreprises étrangères qui fournissent des armes à l’armée iranienne pour les utiliser contre les forces américaines ».
Étouffer l’Iran économiquement
Selon le Trésor, dans le cadre de la politique de pression maximale sur l’Iran, la campagne a permis de perturber des milliards de dollars de revenus pétroliers attendus, de geler près d’un demi-milliard de dollars en cryptomonnaies liées au régime, et de démanteler des réseaux de « financement parallèle » à Téhéran.
Le département affirme être prêt à prendre des mesures supplémentaires contre la base industrielle de défense iranienne afin de l’empêcher de reconstruire ses capacités de production ou de projeter son influence au-delà de ses frontières. Il se dit également disposé à cibler toute entreprise étrangère soutenant le commerce illicite iranien, y compris des compagnies aériennes, et pourrait imposer des sanctions secondaires aux institutions financières facilitant les activités de Téhéran, notamment celles liées aux raffineries pétrolières indépendantes chinoises.
Le Trésor a averti que toute personne ou tout navire participant au commerce du pétrole ou de marchandises par des voies illicites, via des circuits secrets ou financiers, s’expose à des sanctions américaines. Il a souligné qu’il ciblera avec fermeté les mécanismes traditionnels de contournement ainsi que l’utilisation des actifs numériques, tout en poursuivant le gel des fonds qu’il considère comme « détournés au détriment du peuple iranien ».
Selon le communiqué, l’administration américaine vise directement les principales sources de revenus du régime, avertissant que toute entité ou tout moyen de transport facilitant le flux de pétrole ou de produits iraniens s’exposera à des sanctions.
Conséquences des sanctions
En vertu de ces mesures :
Tous les avoirs et biens appartenant aux personnes et entités inscrites sur la liste, situés aux États-Unis ou contrôlés par des Américains, sont gelés.
Toute transaction financière ou commerciale avec eux est interdite.
Des sanctions secondaires peuvent être imposées aux institutions financières étrangères impliquées dans des transactions avec eux.
Toute violation de ces sanctions peut entraîner des sanctions civiles ou pénales, y compris l’interdiction de fournir des fonds, des services ou des facilités financières au profit des entités désignées.
Des restrictions strictes peuvent également être imposées aux banques étrangères traitant avec des entités figurant sur la liste, notamment la limitation de leurs comptes au sein du système financier américain.
