Colère européenne après que la Russie a pris pour cible le train
Les pays occidentaux soutenant Kiev ont interprété le message envoyé par la Russie après l’attaque visant un train à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne.
De hauts responsables occidentaux étaient passés à proximité du lieu où le train a été pris pour cible peu avant l’explosion du drone. La Russie a également visé un camion à la frontière, provoquant la fermeture d’un poste-frontière avec la Pologne.
Lundi, Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, a déclaré que l’attaque menée dimanche par la Russie au moyen d’un drone contre un train à la frontière ukraino-polonaise, la Pologne étant membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), visait à intimider les pays occidentaux qui soutiennent Kiev.
« Je pense que nous devons agir à l’inverse. Nous devons montrer que nous sommes aux côtés de l’Ukraine et que nous n’avons pas peur », a-t-elle déclaré aux journalistes à Rovaniemi, en Finlande, où elle participait à un sommet consacré à l’Arctique.
De son côté, le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré, lors d’une réunion de l’équipe de gestion de crise organisée à la suite de l’attaque : « L’escalade du côté russe est devenue une réalité, et les exemples de cette escalade se rapprochent plus que jamais de nos frontières. »
Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a pour sa part commenté l’attaque en déclarant : « Poutine escalade. »
Le ministère russe de la Défense a confirmé avoir mené des frappes contre des infrastructures ferroviaires dans l’ouest de l’Ukraine, affirmant avoir ciblé des installations utilisées pour le transport de cargaisons militaires en provenance de pays européens.
La position russe ne faisait toutefois aucune mention d’une attaque visant un train de voyageurs ou des diplomates.
Les craintes de nouvelles frappes aériennes ont conduit à la suspension temporaire de l’activité dans deux postes-frontières du côté polonais et à l’évacuation de centaines de personnes, avant la reprise des opérations et le retour du trafic transfrontalier à la normale.
La compagnie ferroviaire ukrainienne a indiqué qu’un autre train transportant des diplomates et des conseillers en sécurité de plusieurs pays de l’Union européenne, ainsi que d’anciens responsables politiques européens, avait quitté la gare de Yahodyn peu avant l’attaque.
Elle a ajouté que l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson figurait parmi les passagers, estimant qu’il était possible que le train transportant les diplomates ait été la cible visée par l’attaque, sans toutefois fournir de preuve permettant de l’établir.
La compagnie a précisé que le train avait quitté la gare avant l’heure prévue, dans le cadre d’ajustements réguliers des horaires en raison du risque d’attaques russes.
Johnson a déclaré que l’attaque constituait un nouvel exemple de la nature des opérations russes en Ukraine, sans toutefois confirmer les informations faisant état de sa présence à bord d’un train circulant à proximité du lieu de la frappe.
