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Après le 11 septembre : montée des inquiétudes face à l’extrémisme islamiste et aux Frères musulmans


Vingt-cinq ans après les attentats du 11 septembre, les États-Unis sont toujours confrontés à la même question, mais sous une forme différente : comment l’État peut-il protéger ses citoyens contre le terrorisme et l’extrémisme sans faire de l’identité religieuse un motif de suspicion ?

Cette question est revenue avec force en septembre 2026, à l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre, dans un contexte de montée des débats sur l’extrémisme islamiste et les Frères musulmans, ainsi que d’intégration de ces questions dans le conflit politique et électoral américain.

Le débat médiatique relayé par NewsNation le 13 septembre, selon la séquence qui circule, a mis en lumière des inquiétudes liées à l’extrémisme islamiste, aux Frères musulmans et à la polarisation politique américaine. Toutefois, ce type de débat nécessite de distinguer trois niveaux différents : le terrorisme, l’extrémisme idéologique et l’identité religieuse.

L’islam n’est pas synonyme de terrorisme

Il ne s’agit pas simplement d’une opinion politique, mais d’un point clairement énoncé dans le rapport de la Commission sur le 11 septembre.

Le rapport officiel a décrit la menace à laquelle les États-Unis étaient confrontés comme étant liée au terrorisme islamiste extrémiste, tout en soulignant que « l’islam n’est pas l’ennemi » et que l’islam n’est pas synonyme de terrorisme.

Cette distinction est particulièrement importante, car Al-Qaïda ne représentait pas l’ensemble des musulmans et ses objectifs ne bénéficiaient pas du soutien unanime des sociétés musulmanes.

La Commission sur le 11 septembre a elle-même souligné qu’Al-Qaïda s’appuyait sur une interprétation extrémiste de l’islam et que la majorité des musulmans ne soutenait pas ses méthodes.

Les musulmans américains après le 11 septembre

Les musulmans américains ont fait partie des citoyens américains ayant vécu le traumatisme des attentats, mais ils ont également subi leurs répercussions sociales.

Une étude du Pew Research Center publiée en septembre 2026 indique que les musulmans américains ont été confrontés, au cours des années ayant suivi le 11 septembre, à la suspicion et à la discrimination, et que les effets des attentats restent perceptibles dans la perception de l’islam par une partie des Américains.

L’étude fait également état d’une évolution nette des attitudes partisanes à l’égard de l’islam. Dans une enquête menée en 2026, 76 % des républicains et des électeurs proches du Parti républicain ont déclaré que l’islam encourage davantage la violence que les autres religions, contre 29 % parmi les démocrates et les électeurs proches du Parti démocrate. Cet écart ne permet pas, à lui seul, d’établir une position politique sur une question particulière, mais il illustre l’ampleur de la polarisation qui entoure désormais l’islam dans la politique américaine.

La sécurité d’abord… mais avec quels moyens ?

Nul ne conteste le droit de l’État à protéger ses citoyens.

Le terrorisme constitue une menace réelle et Al-Qaïda existe toujours, bien que sous une forme davantage décentralisée. Dans un rapport publié en septembre 2026, Reuters indique que l’organisation demeure influente dans certaines régions du monde, malgré un recul de sa puissance par rapport à la période qui a suivi les attentats de 2001.

L’État islamique et les groupes qui lui sont affiliés continuent également de représenter une menace dans certaines régions.

La lutte contre le terrorisme n’est donc pas une question historique révolue.

Mais la question est de savoir comment identifier la personne ou le groupe qui justifie une surveillance.

Suffit-il qu’une personne soit musulmane ? Certainement pas.

Suffit-il qu’elle ait des opinions conservatrices ? Non.

Suffit-il qu’elle critique la politique étrangère américaine ? Non.

Suffit-il qu’elle travaille au sein d’une institution islamique ? Non.

Le critère sécuritaire doit reposer sur un comportement, un lien, un financement ou une activité précise pouvant être documentée.

Le débat autour des Frères musulmans

Les Frères musulmans constituent un cas plus complexe que celui des organisations djihadistes. Le mouvement possède une longue histoire, de multiples branches et des expériences politiques différentes.

Aux États-Unis, le débat porte notamment sur l’existence éventuelle de réseaux ou d’institutions historiquement ou organisationnellement liés aux Frères musulmans, ainsi que sur la nature de ces liens.

C’est dans ce contexte que le Sénat a tenu, en août 2026, une audition consacrée à ce que la commission a décrit comme le « réseau des Frères musulmans en Amérique ».

Mais l’existence de cette audition ne signifie pas que toutes les accusations qui y ont été formulées sont devenues des faits établis. Les auditions parlementaires constituent par nature un espace destiné à présenter des témoignages, des accusations, des questions et des éléments factuels, auxquels peuvent ensuite succéder des enquêtes ou d’autres procédures.

Cette distinction est importante dans le traitement médiatique de ces questions.

La controverse autour de la charia

La question de la « charia » fait partie des sujets apparus dans le débat américain.

En mai 2026, des auditions à la Chambre des représentants ont porté sur « l’islam politique et la charia », suscitant des réactions d’organisations musulmanes américaines qui ont estimé que ces auditions confondaient religion et extrémisme.

La question de la charia exige toutefois, elle aussi, de la précision. Il s’agit d’un concept religieux large, dont l’interprétation varie selon les musulmans, et non d’un code juridique uniforme appliqué de la même manière dans toutes les sociétés musulmanes.

L’utilisation de ce terme dans le discours politique sans définition claire peut donc entraîner des malentendus.

La liberté religieuse comme composante de la sécurité nationale

À première vue, la sécurité nationale et la liberté religieuse peuvent sembler être deux questions contradictoires.

Mais d’un point de vue constitutionnel, la protection de la liberté religieuse fait partie intégrante du système américain.

L’objectif n’est pas de choisir entre la lutte contre le terrorisme et la liberté de croyance, mais de construire un système capable de garantir les deux simultanément.

Cela implique que les mesures de l’État soient orientées vers les comportements et les liens qui représentent une menace réelle, et non vers l’identité religieuse.

Pourquoi la question est-elle devenue plus sensible en 2026 ?

Plusieurs facteurs l’expliquent.

Premièrement, le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre a remis la question au premier plan médiatique.

Deuxièmement, la présence croissante des musulmans dans la politique américaine.

Troisièmement, l’approche des élections de mi-mandat.

Quatrièmement, l’intensification du débat autour des Frères musulmans au sein du Congrès.

Cinquièmement, l’existence de profondes divergences sur la guerre contre le terrorisme, l’immigration et le Moyen-Orient.

Tous ces facteurs rendent toute déclaration concernant l’islam ou les musulmans susceptible de se transformer en une question politique de grande ampleur.

Abdul El-Sayed : un exemple de la nouvelle polarisation

Abdul El-Sayed constitue un exemple clair de cette évolution.

Il est un candidat démocrate musulman au Sénat pour le Michigan et est devenu en 2026 la cible d’une vaste campagne politique menée par des républicains.

Selon l’Associated Press, les attaques dirigées contre lui ont porté sur ses politiques progressistes, certaines de ses relations publiques et sa religion musulmane. Des accusations liées au terrorisme ont également été formulées à son encontre, dont certaines, selon l’agence, n’étaient pas étayées.

Cet exemple ne permet pas d’établir que toutes les critiques formulées à son encontre sont infondées, pas plus qu’il ne permet d’en établir la véracité. Il montre toutefois l’importance de distinguer la critique de ses positions politiques de l’utilisation de son identité religieuse comme preuve en elle-même.

Le discours politique et son impact sur l’unité nationale

Après le 11 septembre, les Américains avaient besoin d’un langage politique capable de les rassembler.

Mais le discours politique en 2026 semble davantage polarisé.

Des rapports récents font état d’une augmentation du discours hostile aux musulmans dans le contexte des élections de 2026, tandis que des organisations et des chercheurs estiment que ce discours peut transformer le débat sur l’extrémisme en une mise en cause de l’identité musulmane elle-même.

À l’inverse, des responsables politiques conservateurs estiment que négliger les risques liés à l’islam politique affaiblit la capacité des États-Unis à faire face aux menaces qu’ils considèrent comme réelles.

Une fois encore, le désaccord ne porte pas nécessairement sur le droit de l’État à lutter contre le terrorisme, mais sur la définition de ce qui constitue une menace et sur la manière de l’établir.

Deux risques opposés

Dans ce dossier, deux risques doivent être distingués.

Le premier consiste à minimiser le terrorisme et l’extrémisme. L’histoire a montré que de petites organisations peuvent mener des opérations de grande ampleur et que l’ignorance des premiers signaux d’alerte peut avoir des conséquences catastrophiques.

Le second est celui de la généralisation. Lorsque l’appartenance religieuse devient un motif de suspicion, la lutte contre le terrorisme peut devenir une nouvelle source de tensions et de divisions.

Ces deux risques sont réels. C’est pourquoi une politique fondée autant que possible sur les preuves doit chercher à les distinguer.

Le rôle des médias dans la prévention des généralisations

Les médias ont la responsabilité de définir clairement les termes employés.

Lorsqu’un média parle des « Frères musulmans », il doit préciser quelle branche, quelle institution ou quelle personne il désigne.

Lorsqu’il évoque « l’extrémisme islamiste », il doit préciser s’il fait référence à une organisation terroriste, à une idéologie ou à un discours religieux radical.

Et lorsqu’il est affirmé qu’un parti politique est « favorable » à une organisation donnée, le journaliste doit poser la question : quelles sont les preuves ? Existe-t-il des financements, une adhésion, des communications, des documents ? Ou s’agit-il simplement d’une position politique concernant une question ou une institution ?

Ces questions ne minimisent pas la gravité du terrorisme. Elles rendent au contraire sa lutte plus précise.

Le 25e anniversaire : une occasion de faire le bilan

Vingt-cinq ans après les attentats, les États-Unis peuvent examiner leur expérience de la lutte contre le terrorisme avec davantage de recul historique.

Les États-Unis ont réussi à tuer ou à arrêter plusieurs dirigeants d’Al-Qaïda et à empêcher de nombreuses attaques, mais ils ont également été confrontés à de longs débats sur les libertés, la surveillance et les guerres extérieures.

La société américaine elle-même a également changé. Les musulmans qui, après le 11 septembre, étaient moins présents sur la scène politique font aujourd’hui partie des institutions politiques.

Selon le Pew Research Center, le nombre de musulmans élus au Congrès est passé de zéro en 2001 à quatre en 2026, avec l’arrivée prochaine possible d’un cinquième membre. Cette évolution fait partie de l’histoire américaine depuis le 11 septembre.

Un quart de siècle après les attentats, le terrorisme djihadiste demeure une menace sécuritaire réelle, comme le montrent les évolutions récentes concernant la persistance de l’activité d’Al-Qaïda et d’autres organisations.

Dans le même temps, l’islam ne peut être réduit au terrorisme et l’identité musulmane ne peut être considérée comme une preuve d’extrémisme. Cette distinction a été soulignée par la Commission sur le 11 septembre elle-même et demeure essentielle pour préserver la précision de l’analyse sécuritaire et sociale.

Quant à la question des Frères musulmans, elle est plus complexe et nécessite d’examiner séparément chaque branche, chaque organisation et chaque relation. La tenue d’un débat officiel au Sénat sur les réseaux liés au mouvement montre que le sujet est fortement présent au sein des institutions américaines, mais elle ne transforme pas pour autant toutes les accusations politiques en faits établis.

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