Moyen-Orient

Le Yémen cible les réseaux de financement des Houthis


La Banque centrale du Yémen ordonne la saisie et le gel des comptes de 135 personnes et entités liées aux Houthis et inscrites sur les listes terroristes.

La Banque centrale du Yémen a ordonné mardi la saisie et le gel des comptes de 135 personnes et entités liées aux Houthis et inscrites sur les listes terroristes. Cette mesure s’inscrit dans les efforts visant à neutraliser les relais financiers du mouvement, parallèlement aux opérations militaires menées sur plusieurs fronts.

Selon l’agence de presse gouvernementale Saba, la Banque centrale du Yémen, établie à Aden, a demandé mardi à l’ensemble des banques, sociétés et établissements de change opérant dans le pays de saisir et de geler tous les comptes bancaires, fonds et avoirs associés à 135 personnes, entités et navires.

L’agence précise que cette mesure s’appuie sur la décision nº 17 de 2026 du procureur général, datée du 19 octobre 2026, qui prévoit leur inscription sur les listes terroristes ainsi que la saisie et le gel de leurs fonds en raison de leurs liens avec la milice houthie, qualifiée de terroriste dans la décision.

Les instructions prévoient également l’interdiction de toute transaction financière ou commerciale avec les personnes et entités visées, ainsi que l’interdiction de leur ouvrir de nouveaux comptes bancaires, directement ou indirectement. Elles imposent en outre le repérage immédiat de leurs soldes, comptes bancaires, fonds et avoirs.

Cette obligation concerne aussi tous les transferts de fonds entrants ou sortants liés aux personnes nommées dans la décision du procureur général. L’ensemble des informations correspondantes doit être recensé et transmis directement à l’Unité de renseignement financier et à la direction chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Selon Saba, la liste comprend des responsables politiques, civils, militaires et sécuritaires de la milice houthie, ainsi que des commerçants, des hommes d’affaires, une entreprise et cinq navires-citernes impliqués dans la contrebande de pétrole et liés au mouvement. L’agence n’a cité aucun nom.

Cette décision intervient dans un contexte d’escalade militaire entre les forces gouvernementales et les Houthis sur plusieurs fronts, notamment à Taëz. Mardi, trois civils ont été tués et huit autres blessés dans des bombardements attribués par les autorités locales aux Houthis. Les frappes ont touché des quartiers résidentiels et des villages de ce gouvernorat du sud-ouest du pays, ainsi qu’une ambulance.

Depuis plusieurs années, le gouvernorat est le théâtre d’affrontements intermittents entre les forces gouvernementales et les Houthis. Les autorités locales et des organisations de défense des droits humains accusent par ailleurs le mouvement de bloquer des axes routiers majeurs menant aux zones sous contrôle gouvernemental.

Le 11 octobre, le gouvernement yéménite internationalement reconnu a annoncé avoir approuvé un projet de loi désignant les Houthis comme une organisation terroriste et criminalisant leurs activités ainsi que leur financement.

Ces développements s’inscrivent dans une escalade militaire amorcée en juillet 2026, considérée comme la plus importante depuis l’accalmie relative observée au Yémen à la suite de la trêve entrée en vigueur en avril 2022.

Le Yémen est en guerre depuis la prise de Sanaa et de plusieurs gouvernorats par les Houthis en septembre 2014. En mars 2015, une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite est intervenue pour soutenir le gouvernement yéménite internationalement reconnu.

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