Iran

Fortifications et tunnels profonds autour de sites nucléaires : que fait l’Iran à l’abri du regard des satellites ?


Des sources diplomatiques européennes et des sources de l’opposition iranienne ont révélé d’importants travaux de fortification menés par l’Iran dans des installations nucléaires et sur des sites civils et militaires des Gardiens de la Révolution. Selon elles, ces sites accueillent désormais des activités et des équipements liés au programme nucléaire. Ces informations coïncident avec des images satellites montrant une reprise des mouvements sur plusieurs sites frappés lors des dernières confrontations.

Selon ces sources, les travaux ont atteint un stade avancé sur certains sites, après le transfert d’appareils et d’équipements, notamment de centrifugeuses, ainsi que de quantités d’uranium enrichi depuis des installations précédemment bombardées pendant la confrontation américano-iranienne qui a éclaté après le 28 février dernier.

Les sources indiquent que les aménagements comprennent le creusement de tunnels à grande profondeur, des ouvrages en béton renforçant la protection et le déploiement de systèmes de défense aérienne et de radars autour des sites. L’objectif serait de les protéger contre d’éventuelles attaques et de limiter la surveillance satellitaire des activités qui s’y déroulent.

Une reprise d’activité

Ces informations interviennent alors que de récentes images satellites ont montré une reprise d’activité sur le site de « Minzadehi », au nord-est de Téhéran, plusieurs mois après une attaque israélienne, selon un rapport de l’Institut pour la science et la sécurité internationale, basé à Washington.

Le site avait été bombardé le 3 mars dernier. Les dernières images montrent le retour d’une circulation régulière de véhicules dans ses environs, après d’importants travaux de déblaiement et de réparation.

Selon les sources, ces mouvements ne se limitent pas à Minzadehi. Un diplomate européen connaissant le dossier nucléaire iranien évoque la reconversion de centres militaires ayant reçu des équipements et des centrifugeuses transférés depuis d’autres installations, notamment des sites de Jondab et d’Ardakan ainsi que du Centre de technologie nucléaire d’Ispahan.

Le diplomate a déclaré que Téhéran avait également restauré et fortifié des installations nucléaires et des centres de recherche endommagés pendant la guerre de douze jours et la confrontation ayant duré environ quarante jours.

Des sites de stockage nucléaire

Selon la source européenne, l’Iran a installé des plateformes mobiles de défense aérienne et des systèmes antimissiles dans plusieurs centres militaires auparavant hors service, parallèlement à leur réaffectation à de nouveaux usages.

Elle souligne le manque important d’informations sur les sites des Gardiens de la révolution qui auraient été transformés en dépôts de centrifugeuses ou d’équipements liés à l’enrichissement. Transférer et faire fonctionner ces technologies dans des installations initialement conçues pour d’autres usages exige, précise-t-elle, des aménagements techniques complexes et des infrastructures spécifiques.

Le diplomate ajoute que ce qu’il décrit comme des « salles d’enrichissement », comprenant des centrifugeuses, des canalisations et des systèmes de contrôle et de mesure, aurait été transféré secrètement ces derniers mois vers certains de ces sites, avec des quantités d’uranium enrichi. L’objectif serait de les éloigner des installations bombardées ou considérées comme figurant encore parmi les cibles potentielles.

Soustraire les activités à la surveillance

Une source informée de l’opposition iranienne affirme, de son côté, que les installations nucléaires bombardées cette année sont devenues davantage exposées à la surveillance satellitaire, rendant les travaux de restauration et les activités techniques plus faciles à suivre.

Elle explique que Téhéran a, pour cette raison, entrepris de construire des structures, des couvertures et des auvents en béton au-dessus de certaines parties des sites, à la fois pour renforcer leur protection et pour limiter l’observation des activités à l’intérieur.

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