Rester assis trop longtemps : un risque accru de décès par cancer ?
Passer une grande partie de la journée assis est devenu une habitude presque banale : travail devant un ordinateur, trajets en voiture, repas, télévision ou utilisation prolongée du téléphone. Pourtant, l’accumulation de ces longues périodes d’inactivité pourrait avoir des conséquences qui dépassent largement les douleurs musculaires ou les problèmes de dos. De nouvelles données suggèrent notamment qu’une sédentarité prolongée est associée à un risque plus élevé de mourir d’un cancer.
Une étude récente publiée dans PLOS Medicine s’est intéressée à une question particulièrement importante : est-ce seulement le nombre total d’heures passées assis qui compte, ou la manière dont ces heures sont réparties au cours de la journée joue-t-elle également un rôle ? Les chercheurs ont analysé les données de 91 292 participants de la UK Biobank, dont l’activité physique avait été mesurée à l’aide d’un accéléromètre. Les participants ont été suivis pendant une période médiane de plus de 12 ans.
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Des périodes prolongées en position assise particulièrement préoccupantes
Les résultats mettent en évidence une différence importante entre une journée simplement peu active et une journée caractérisée par de longues périodes de sédentarité ininterrompue.
Après prise en compte de nombreux facteurs sociodémographiques, comportementaux et de santé, chaque heure supplémentaire passée dans une période prolongée de comportement sédentaire était associée à une augmentation de 9 % du risque de mortalité par cancer. Il s’agit toutefois d’une association statistique et non de la preuve qu’une heure passée assis provoque directement un décès par cancer.
Les chercheurs ont également étudié ce qui pourrait se produire lorsqu’une partie du temps passé assis est remplacée par de l’activité physique. Le remplacement d’une heure de sédentarité prolongée par une heure d’activité physique légère était associé à une diminution de 12 % du risque de mortalité par cancer. Remplacer 30 minutes de sédentarité prolongée par une activité physique d’intensité modérée était, de son côté, associé à une diminution de 8 % du risque.
Ces chiffres ne signifient pas qu’une promenade quotidienne permet à elle seule de prévenir le cancer. Ils montrent plutôt qu’une partie du temps passé immobile peut être remplacée par du mouvement, même lorsque celui-ci reste relativement modéré.
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Pourquoi la sédentarité pourrait-elle être liée au cancer ?
Le lien entre sédentarité et cancer est probablement complexe. Rester assis pendant de longues périodes s’accompagne souvent d’une faible dépense énergétique, ce qui peut favoriser la prise de poids, l’excès de graisse abdominale et certaines perturbations métaboliques.
L’inactivité prolongée peut également avoir des conséquences sur la sensibilité à l’insuline, la régulation du glucose, la pression artérielle et certains mécanismes inflammatoires. Or, plusieurs de ces facteurs sont eux-mêmes associés au développement de différentes maladies chroniques, dont certains cancers.
Il faut néanmoins éviter une interprétation trop simpliste. Une personne qui reste longtemps assise peut également présenter d’autres facteurs de risque : tabagisme, alimentation déséquilibrée, consommation d’alcool, surpoids, manque d’activité physique ou certaines maladies chroniques. Les chercheurs ont donc tenté de tenir compte de plusieurs de ces éléments, mais une étude observationnelle ne peut jamais éliminer totalement tous les facteurs de confusion.
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Le cancer n’est pas le seul problème
Le lien entre sédentarité et santé ne se limite pas au cancer. L’Organisation mondiale de la santé considère le comportement sédentaire comme un facteur important de risque pour la santé. Chez l’adulte, une quantité élevée de temps passé assis ou allongé pendant les périodes d’éveil est associée à une mortalité toutes causes confondues plus élevée, à une mortalité cardiovasculaire accrue ainsi qu’à un risque plus important de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.
Les recherches consacrées spécifiquement au cancer ont également accumulé des éléments de plus en plus nombreux. Une vaste revue publiée dans le cadre du Global Cancer Update Programme a analysé 62 publications issues de 27 cohortes, représentant plus de 162 000 cas de cancer. Elle a conclu que les données disponibles soutiennent probablement un lien causal entre une sédentarité prolongée et certains cancers, notamment du sein et du côlon, tandis que les résultats restent plus limités pour plusieurs autres localisations.
Une précédente revue de grande ampleur avait également trouvé une association entre des niveaux élevés de comportement sédentaire et une mortalité par cancer plus importante. Elle estimait le risque relatif de mortalité par l’ensemble des cancers à environ 18 % plus élevé chez les personnes présentant les niveaux de sédentarité les plus importants, mais soulignait aussi les limites des données disponibles.
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Faut-il donc éviter de rester assis ?
Pas nécessairement. Le problème n’est pas de s’asseoir en soi : certaines activités quotidiennes nécessitent naturellement de rester assis. L’enjeu est plutôt d’éviter que plusieurs heures s’enchaînent sans pratiquement aucun mouvement.
Une personne travaillant devant un ordinateur peut, par exemple, se lever régulièrement, marcher quelques minutes, prendre les escaliers lorsque cela est possible, effectuer certaines tâches debout ou interrompre les périodes prolongées devant un écran.
Ces petits changements ne remplacent pas une véritable activité physique, mais ils permettent de réduire le temps passé complètement immobile.
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Bouger davantage, même sans faire du sport intensif
L’un des enseignements importants de la nouvelle étude est que l’activité physique légère peut déjà être intéressante lorsqu’elle remplace une période prolongée de sédentarité. Il n’est donc pas nécessaire de transformer immédiatement son quotidien en programme sportif intensif.
Marcher, faire quelques tâches ménagères, se déplacer à pied, jardiner ou effectuer des mouvements réguliers au cours de la journée peuvent contribuer à augmenter la dépense énergétique quotidienne.
Pour la santé globale, l’OMS recommande néanmoins aux adultes de pratiquer chaque semaine entre 150 et 300 minutes d’activité physique aérobie d’intensité modérée, ou entre 75 et 150 minutes d’activité d’intensité soutenue, ou une combinaison équivalente. Des exercices de renforcement musculaire sont également recommandés au moins deux jours par semaine.
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Le message à retenir
Les nouvelles données renforcent l’idée qu’il faut regarder au-delà de la seule question du sport. Une personne peut faire de l’exercice régulièrement tout en passant une grande partie de sa journée assise. À l’inverse, une personne qui ne pratique pas de sport structuré peut augmenter considérablement son activité quotidienne simplement en interrompant régulièrement les périodes d’immobilité.
La recherche de 2026 apporte surtout un élément nouveau : ce ne serait pas uniquement la quantité totale de temps sédentaire qui compterait, mais également la durée des périodes passées assis sans interruption.
Il serait cependant excessif d’affirmer que « rester assis provoque le cancer ». Les études disponibles montrent principalement des associations et, pour certains cancers, des éléments en faveur d’un lien causal, mais plusieurs mécanismes et facteurs de risque restent à préciser.
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En pratique, le conseil est beaucoup plus simple : moins de longues périodes immobiles, davantage de mouvement au quotidien et une activité physique régulière. Se lever quelques minutes plus souvent peut sembler insignifiant, mais à l’échelle d’une journée, d’une semaine et d’une année, ces changements peuvent contribuer à un mode de vie plus favorable à la santé.
