Politique

Washington fait pression sur Bagdad pour qu’il s’engage dans la guerre économique contre l’Iran


Des forces politiques irakiennes, dont la Coalition de l’État de droit, mettent en garde contre le risque de voir le pays entrer dans une situation financière critique.

Le département d’État américain a appelé Bagdad à s’engager pleinement dans la campagne économique contre l’Iran en poursuivant les activités financières illégales, dans un message qui traduit une pression croissante exercée sur l’Irak afin qu’il mette un terme à sa transformation en plateforme utilisée par Téhéran pour contourner les sanctions imposées par Washington dans le cadre de ses efforts visant à l’isoler du système financier mondial.

Des forces politiques irakiennes, dont la Coalition de l’État de droit, avaient mis en garde contre le risque de voir le pays entrer dans une « situation financière critique », sur fond de craintes quant à l’impact des restrictions américaines sur les flux de dollars et les transferts de fonds internationaux, selon l’agence Shafaq News.

Cette situation intervient alors que l’Irak cherche à préserver son partenariat économique et financier avec les États-Unis, à un moment où Washington s’inquiète des activités financières qui font de Bagdad un passage pour les fonds et les opérations commerciales liées à l’Iran, permettant ainsi à Téhéran d’atténuer l’impact des sanctions qui lui sont imposées.

Un porte-parole du département d’État américain a déclaré que l’Irak s’était engagé sur une nouvelle voie dans le cadre d’un partenariat complet avec les États-Unis, affirmant que Washington soutenait les efforts visant à empêcher que le territoire irakien soit utilisé comme plateforme pour des attaques et à bâtir un partenariat économique solide, conformément aux orientations réaffirmées par le président Donald Trump lors de sa rencontre avec le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi à Washington à la mi-juillet dernier.

Mais la position américaine comportait également un volet plus ferme sur le plan financier, liant la poursuite du soutien et du partenariat à la nécessité de s’attaquer aux réseaux de financement illicites dans la région, alors que l’administration Trump a lancé une vaste campagne visant à étouffer les sources de financement du régime iranien ainsi que les acteurs qui l’aident à contourner les sanctions.

Le département d’État américain a confirmé que l’opération « Economic Outcast » visait les individus et les entités impliqués dans des transactions financières illégales au profit de la République islamique, en particulier les parties liées aux banques iraniennes et à leurs réseaux financiers à l’étranger.

Cette campagne place Bagdad face à une équation difficile : d’un côté, l’Irak dépend de relations économiques et financières étroites avec les États-Unis ; de l’autre, il entretient des relations commerciales étendues avec l’Iran, ce qui expose le système financier irakien à une pression croissante à mesure que Washington intensifie sa lutte contre les canaux permettant de contourner ses sanctions.

Dans cette logique, Washington pousse à dissocier l’économie irakienne des réseaux de financement iraniens et à empêcher les banques, les entreprises et les façades commerciales irakiennes de se transformer en instruments permettant de faire transiter des fonds ou de contourner les restrictions américaines.

Le département du Trésor américain avait lancé l’« opération Economic Outcast » contre l’Iran sur instruction du président Donald Trump. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait déclaré que cette campagne « sans précédent » visait l’Iran ainsi que « ceux qui lui permettent d’agir et le soutiennent ».

Ainsi, la pression américaine ne semble pas viser uniquement Téhéran, mais s’étendre également aux pays et aux systèmes financiers susceptibles de constituer pour lui des voies alternatives, au premier rang desquels figure l’Irak, désormais appelé à démontrer sa capacité à empêcher que son économie et ses institutions financières ne soient utilisées comme façade pour contourner les sanctions américaines imposées à la République islamique.

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