Révocation de Karim Khan : la Cour pénale internationale tourne la page de son procureur
L’Assemblée des États parties à la Cour pénale internationale a décidé vendredi de démettre de ses fonctions le procureur Karim Khan, visé par des accusations d’agression sexuelle qu’il nie, à l’encontre d’une membre de son équipe.
Plusieurs sources diplomatiques ont indiqué à l’Agence France-Presse que plus de 80 des 125 États membres avaient voté, lors d’un scrutin secret organisé au cours d’une réunion spéciale à huis clos au siège des Nations unies à New York, en faveur de la fin du mandat du responsable de nationalité britannique.
Dans le même contexte, deux sources diplomatiques ont déclaré à Reuters que les États membres de la Cour pénale internationale avaient voté la révocation de Karim Khan de son poste de procureur à la suite d’allégations de comportement sexuel inapproprié.
Les deux sources, qui ont requis l’anonymat en raison du caractère sensible de la question, ont précisé que 82 des 125 États membres de la Cour avaient voté en faveur de la destitution du procureur.
Khan, âgé de 56 ans, nie toute faute et ses avocats ont qualifié les procédures ayant conduit au vote d’illégales et d’inéquitables sur le plan procédural, estimant qu’elles ne reposaient sur aucun élément de preuve.
La révocation de Khan intervient après l’annonce par les États-Unis du lancement d’une nouvelle campagne diplomatique visant à démanteler la Cour pénale internationale, que Washington considère comme une menace pour sa souveraineté.
Le mois dernier, les diplomates chargés de superviser l’organe de contrôle de la Cour avaient conclu que l’avocat britannique avait entretenu une relation sexuelle inappropriée avec une jeune avocate de la Cour pénale internationale et qu’il devait être démis de ses fonctions. Les États membres ont, dans une large mesure, accepté cette conclusion, ce qui s’est reflété dans le vote organisé vendredi au siège des Nations unies à New York.
Suspension de ses fonctions
Le 19 juin 2026, le Conseil des normes professionnelles des avocats britanniques a provisoirement suspendu de l’exercice de la profession Karim Khan, procureur de la Cour pénale internationale, accusé de comportement sexuel répréhensible.
La Cour avait déjà suspendu Khan le 8 juin, prolongeant ainsi une crise au sein de cette institution chargée d’enquêter sur les crimes de guerre et actuellement soumise à des sanctions américaines en raison de ses enquêtes portant sur des affaires impliquant les États-Unis et Israël.
Dans un communiqué, le Conseil a indiqué qu’une commission compétente examinerait la décision de suspension, entrée en vigueur immédiatement, lors d’une audience qui devrait se tenir dans un délai de quatre semaines.
Khan, âgé de 56 ans, nie les accusations portées contre lui. Ses soutiens estiment qu’il est devenu une cible politique en raison de ses démarches visant à obtenir des mandats d’arrêt contre des responsables israéliens pour des faits liés aux actions d’Israël dans le cadre de la guerre à Gaza.
Les États-Unis ne sont pas membres de la Cour, mais ont imposé des sanctions à 11 juges et procureurs de l’institution, dont Khan, après l’émission de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant, ainsi qu’en raison d’une enquête antérieure portant sur les forces américaines en Afghanistan. Washington a également menacé d’imposer de nouvelles sanctions à la Cour.
Après l’apparition des accusations visant Khan en 2024, la Cour a chargé un organisme extérieur de mener une enquête sur l’affaire. En mai 2025, Khan a pris un congé volontaire, tandis que ses deux adjoints ont assuré ses fonctions.
Khan nie toute faute et a déclaré qu’il prendrait toutes les mesures nécessaires pour contester la décision de la Cour pénale internationale de le suspendre de ses fonctions.
