Politique

Deux scénarios pourraient ramener Israël à une confrontation avec l’Iran : des préparatifs intensifs sont en cours


« Soit l’Iran attaque Israël, soit Washington lui demandera de rejoindre l’offensive. » Tels sont les deux scénarios qui pourraient replonger Israël dans une confrontation directe avec l’Iran.

Alors que l’incertitude demeure, les préparatifs se multiplient, aussi bien sur le terrain qu’au grand jour. En parallèle, Israël aurait établi une liste confidentielle d’objectifs à frapper en Iran, tandis que des avions militaires israéliens continuent d’affluer vers le pays.

Selon des sources israéliennes, les prochains jours seront déterminants pour définir l’évolution de la situation. Certains observateurs estiment également que le gouvernement actuel pourrait avoir besoin d’une escalade militaire avant les élections générales prévues le 27 octobre prochain.

Le quotidien Yedioth Ahronoth a indiqué que « malgré l’accumulation de signaux d’alerte, les responsables israéliens ne concluent pas précipitamment qu’une nouvelle guerre est inévitable, notamment une guerre impliquant nécessairement Israël ».

Le journal ajoute que « l’évaluation dominante au sein de l’établissement de la défense israélien est que l’Iran ne souhaite pas, à ce stade, ouvrir un front direct contre Israël, notamment en raison des dommages qu’il a subis lors de la confrontation précédente ».

Il précise toutefois que « les responsables bien informés soulignent qu’il ne s’agit que d’une évaluation et que la situation au Moyen-Orient peut évoluer très rapidement ».

Selon le quotidien, « une autre préoccupation majeure des dirigeants politiques et militaires israéliens concerne l’éventualité d’une implication du pays dans une nouvelle campagne militaire américaine ».

Le journal cite des responsables israéliens affirmant que « jusqu’à présent, Washington a préféré mener ses opérations de manière indépendante, même lorsque Israël s’est déclaré prêt à apporter son soutien ou à participer aux opérations ».

Le conflit va-t-il s’étendre ?

Le journal poursuit : « Les Américains ont empêché toute participation israélienne malgré l’étroite coordination entre les deux armées. Washington cherchait à limiter les risques d’élargissement du conflit et à empêcher l’Iran de présenter les combats comme une guerre conjointe entre les États-Unis et Israël. » Il souligne néanmoins que « cette approche n’est pas nécessairement définitive ».

Il ajoute : « Si le Pentagone conclut que les capacités israéliennes sont indispensables à la réalisation de ses objectifs opérationnels, que ce soit en raison de l’expérience de l’armée de l’air israélienne ou des moyens de renseignement et des capacités militaires uniques dont dispose Israël, cette décision pourrait rapidement évoluer. »

Le journal précise également : « Même si Israël ne participe pas directement à une opération américaine, il ne sera pas nécessairement à l’abri des risques. Les responsables israéliens de la défense se préparent à la possibilité que l’Iran prenne Israël pour cible, même si celui-ci n’est pas directement impliqué dans les frappes américaines. »

Il ajoute encore : « Une offensive israélienne majeure au Liban pourrait également pousser l’Iran à lancer une attaque contre Israël, rendant l’implication israélienne dans le conflit régional quasiment inévitable. »

Le quotidien souligne enfin que « malgré les nombreux signes indiquant des préparatifs américains, les responsables israéliens restent prudents avant d’affirmer qu’une nouvelle escalade est imminente ».

Il conclut : « À ce stade, il semble que Washington prépare différentes options opérationnelles. Toutefois, toute évolution, qu’il s’agisse d’une décision américaine, d’un changement dans les évaluations des services de renseignement ou d’une initiative iranienne inattendue, pourrait rapidement remettre en cause l’hypothèse selon laquelle Israël resterait en dehors du conflit. »

Un haut responsable israélien a déclaré : « Israël pourrait être contraint de rejoindre la guerre. Le mémorandum d’entente n’est plus en vigueur et l’Iran attaque désormais les pays voisins. Israël doit se préparer à une éventuelle tentative de nous frapper. Mais si cela se produit, le prix sera extrêmement élevé. Nous ne nous arrêterons pas comme lors de la précédente confrontation. »

Retour des avions ravitailleurs

Dans le contexte de ces préparatifs en vue d’une éventuelle nouvelle escalade, les États-Unis déploient des avions ravitailleurs ainsi que des chasseurs vers Israël.

Les équipes américaines avaient initialement souhaité être stationnées à l’aéroport Ben Gourion, en raison de sa proximité avec Tel-Aviv, de son activité nocturne et de son littoral. Toutefois, comme l’a confirmé l’armée israélienne, les avions ravitailleurs seront finalement déployés sur des bases de l’armée de l’air israélienne.

Des moyens de transport sont actuellement organisés entre les bases situées dans le sud d’Israël et Tel-Aviv afin d’assurer les déplacements des équipages durant leurs périodes de repos. Outre les dizaines d’avions ravitailleurs, dont les premiers sont déjà arrivés, des avions de combat sont également transférés vers Israël, selon Yedioth Ahronoth.

De son côté, l’Autorité israélienne de radiodiffusion a indiqué dimanche qu’« une partie des chasseurs américains déployés au Moyen-Orient devrait être stationnée sur des bases aériennes israéliennes, dans le cadre du renforcement du dispositif militaire américain dans la région en raison de la montée des tensions entre Washington et Téhéran ».

Elle précise que les États-Unis « ont commencé à envoyer plusieurs dizaines d’avions de combat supplémentaires au Moyen-Orient, accompagnés d’avions ravitailleurs, parallèlement à l’intensification des tensions avec l’Iran et aux préparatifs face à une éventuelle nouvelle escalade ».

Selon la même source, des chasseurs F-16 américains devraient prochainement être déployés sur des bases israéliennes.

Un responsable américain a indiqué que ces renforts comprennent des escadrons de F-35 et de F-16, précisant que leur déploiement devrait être achevé dans les prochains jours, parallèlement à la finalisation des préparatifs logistiques.

La chaîne ajoute que l’administration américaine a informé Israël de son intention de modifier son « dispositif régional » en envoyant davantage d’avions ravitailleurs, dans le cadre du plan du président Donald Trump visant à renforcer les capacités de ravitaillement en vol.

Il s’agit de plusieurs dizaines d’appareils destinés à soutenir d’éventuelles opérations militaires contre l’Iran. Certains ont déjà atterri ces dernières heures sur la base d’Ovda, dans le sud d’Israël, après avoir quitté le Qatar, tandis que d’autres devraient rejoindre différentes bases aériennes de la région.

Renforcement du dispositif militaire américain

Le journal estime que « l’arrivée des avions ravitailleurs et des chasseurs en Israël, l’élargissement des avertissements de voyage émis par Washington ainsi que les déclarations de hauts responsables reflètent une impatience croissante après la mort de soldats américains, même si Israël pourrait rester, dans un premier temps, en dehors d’une nouvelle campagne américaine ».

Il ajoute que « les développements récents conduisent à penser que les États-Unis renforcent leur niveau de préparation en vue d’une nouvelle escalade avec l’Iran, susceptible d’aboutir à une reprise d’une guerre de grande ampleur ».

Selon le quotidien, le déploiement de forces américaines supplémentaires dans la région, l’arrivée d’avions ravitailleurs et de chasseurs, le renforcement des avertissements aux voyageurs et les ajustements opérationnels fondés sur les enseignements du dernier conflit témoignent de préparatifs militaires d’envergure.

Le journal conclut qu’« une éventuelle escalade initiée par Washington avant les élections de mi-mandat américaines devrait rester sous contrôle. Toutefois, gérer un affrontement limité avec l’Iran demeure une entreprise particulièrement complexe ».

Renforcement de la coordination israélo-américaine

Parallèlement, une source militaire israélienne a déclaré au site d’information Walla : « À mesure que davantage de forces américaines arriveront au Moyen-Orient, la coordination entre les armées israélienne et américaine sera naturellement renforcée afin de réduire le délai de transition entre une situation normale et un état d’urgence. »

Une autre source israélienne de haut niveau, proche des négociations avec le département américain de la Défense, a indiqué que « plusieurs dizaines d’unités américaines de ravitaillement seront désormais réparties entre les bases de l’armée israélienne et l’aéroport Ramon, dans le sud du pays ».

Elle a ajouté que « si les États-Unis intensifient leurs opérations contre l’Iran au point de nécessiter davantage d’avions ravitailleurs, certains pourraient finalement être déployés à l’aéroport Ben Gourion, malgré l’accord actuel visant à limiter leur présence sur cette plateforme ».

Une source de l’armée de l’air israélienne a enfin indiqué que les États-Unis prévoient de déployer environ cent équipements de ravitaillement à travers Israël.

Elle a précisé que « dans le cadre du renforcement du dispositif américain au Moyen-Orient et en Israël, l’armée américaine redéploie des F-35 depuis le Royaume-Uni et des F-15 depuis l’Allemagne, ainsi que des appareils spécialisés dans les systèmes de défense aérienne et la détection radar. L’objectif est de réduire les capacités du Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui travaille sans relâche à la reconstitution de ses systèmes, notamment en accélérant la remise en service des chaînes de production de missiles sol-air et sol-sol. »

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