Moyen-Orient

Les têtes de la mort : les dix dirigeants les plus influents de la structure des milices houthis


Au cours des trois dernières décennies, les milices houthis ont connu de profondes transformations dans leur structure organisationnelle, en particulier à la suite des frappes successives qui leur ont imposé une nouvelle réalité opérationnelle.

Aux côtés du chef du mouvement, Abdelmalek al-Houthi, et de celui qui est présenté comme le « conseiller djihadiste » (commandant militaire), un haut responsable de la Force Al-Qods connu sous le nom d’« Abou Haïdar », dix autres dirigeants occupent des positions clés, contrôlent les principaux leviers du pouvoir et pilotent les stratégies des milices.

Dans ce rapport, on met en lumière ces dix responsables, qui constituent aujourd’hui la véritable colonne vertébrale de la structure des milices, en retraçant leurs rôles et la manière dont ils dirigent les opérations alors que le groupe soutenu par l’Iran cherche à relancer la guerre au Yémen.

Ahsan Al-Hamran

Ahsan Abdallah Ahsan Al-Hamran est un proche d’Abdelmalek al-Houthi et l’un de ses collaborateurs les plus puissants et les plus dignes de confiance.

Il est considéré comme l’un des responsables les plus influents et les plus actifs du mouvement, étant notamment le principal dirigeant de l’« Appareil central de sécurité préventive ».

Selon des sources sécuritaires, Ahsan Al-Hamran supervise les mesures de sécurité et les déplacements des dirigeants houthis depuis la mort, le 5 juin 2015, de Taha Hassan Ismaïl Al-Madani, fondateur de cet appareil sécuritaire.

Youssef Al-Madani

Youssef Hassan Ismaïl Al-Madani est une personnalité centrale ainsi qu’un dirigeant militaire et idéologique de premier plan. Il a récemment été nommé chef de l’état-major général des milices.

Des sources sécuritaires ont indiqué qu’il est, de facto, responsable des opérations militaires au sein du conseil militaire des milices et commandant des forces d’élite. Il entretient également des liens étroits avec le « conseiller djihadiste », des experts iraniens et libanais ainsi qu’avec certains éléments irakiens par l’intermédiaire du représentant des milices en Irak, Ahmed Ahmed Mohammed Al-Charafi, surnommé « Abou Drees ».

Aqil Al-Chami

De son nom complet Aqil Ahmed Mohammed Qassem Al-Chami, il est connu comme le commandant des « Brigades de la Victoire », déployées dans le gouvernorat de Hajjah. Il a récemment été nommé commandant de la cinquième région militaire et est considéré comme le responsable exécutif du « Conseil djihadiste » des milices.

Il dirige les principaux départements de la structure militaire, notamment l’unité centrale d’information, les services de renseignement militaire, la logistique ainsi que les spécialisations de combat liées à l’armement, à la défense et au génie militaire.

Aqil Al-Mouayyad

Aqil Mohammed Abbas Al-Mouayyad commande les Brigades Al-Badr dans la cinquième région militaire. Il est, dans les faits, responsable du système de commandement et de contrôle ainsi que de l’appareil technique exécutif de la branche militaire des milices.

Toujours selon des sources sécuritaires, il agit comme secrétaire de coordination entre les différentes sections du « Conseil djihadiste » — le centre suprême de commandement et de contrôle —, ses dirigeants et le conseil militaire général des Houthis.

Abdellatif Al-Mahdi

Abdellatif Hamoud Yahya Al-Mahdi commande les quatrième et septième régions militaires. Il dirige en pratique l’ensemble des forces houthies déployées dans les gouvernorats centraux, notamment Taëz, Ibb, Al-Bayda, Dhamar, les zones frontalières d’Abyan ainsi que Marib.

Des sources militaires ont indiqué qu’il est le chef de la salle d’opérations conjointes des Houthis et qu’il supervise également la deuxième région militaire, récemment créée et officiellement commandée par Ahmed Khamis. Aux côtés de Youssef Al-Madani et d’Aqil Al-Chami, il fait partie des premiers responsables ayant établi des liens étroits avec la Force Al-Qods.

Abdelkhaleq Al-Houthi

Abdelkhaleq Badr Eddine Al-Houthi, frère du chef du mouvement, dispose sous son autorité d’importantes forces militaires. Il est présenté comme le commandant de la « région militaire centrale », qui comprend les Brigades et les Compagnies Al-Qods, les forces spéciales, la garde présidentielle et les unités de protection. Son théâtre d’opérations couvre Sanaa et s’étend jusqu’aux fronts de Marib.

Il supervise également la troisième région militaire, effectivement commandée par Hadi Zouaib Nasser, surnommé « Abou Issam ».

Au sein de la hiérarchie houthie, Abdelkhaleq Al-Houthi est considéré comme la personnalité la plus contestée par les autres dirigeants.

Jamil Zaraa

Jamil Yahya Mohammed Zaraa, surnommé « Abou Badr », commande la sixième région militaire des Houthis. Il est le principal responsable des milices dans le triangle formé par Al-Jawf, Amran et Saada.

Sous son autorité se trouvent cinq axes militaires couvrant les fronts du gouvernorat d’Al-Jawf ainsi que la région d’Al-Baqa.

Abou Badr est responsable des fronts frontaliers. Il aurait joué un rôle majeur dans l’offensive ayant conduit à la prise d’Al-Jawf au début de l’année 2020, ainsi que dans les combats de Malahidh, à Saada, après avoir coupé les communications et isolé les unités de l’armée yéménite les unes des autres.

Mohammed Hussein Al-Houthi

Mohammed Hussein Badr Eddine Al-Houthi, fils du fondateur du mouvement, supervise l’ensemble du système de communications militaires des milices ainsi que le programme de coopération et de coordination technique et informationnelle avec l’Iran et ses alliés régionaux.

Selon des rapports sécuritaires, il s’appuie notamment sur Abdelkhaleq Ahmed Mohammed Hatba et Mohammed Nasser Ahmed Mousaed, surnommé « Abou Issam », ce dernier étant chargé de la gestion opérationnelle des communications internes des milices.

Abdelhamid Al-Mortada

Des sources sécuritaires ont déclaré qu’Abdelhamid Ahmed Ali Al-Mortada dirige l’unité de sécurité préventive au sein de l’appareil de renseignement indépendant.

Ses principales missions consistent à surveiller la loyauté des cadres, à prévenir les défections et à superviser des prisons secrètes ne relevant pas du ministère de l’Intérieur des Houthis, utilisées pour détenir et faire disparaître des personnalités de haut rang, aussi bien issues du mouvement que de l’extérieur.

Yahya Nasser

Yahya Hakim Nasser supervise en réalité ce que les Houthis appellent la « force des missiles ».

Il est également responsable de la sécurisation des sites des lanceurs mobiles ainsi que du programme de modernisation locale des missiles. Au sein des milices, il est considéré comme un expert discret dont l’identité opérationnelle est tenue particulièrement secrète.

Les mêmes informations indiquent que Mohammed Ali Nasser Al-Atifi, officiellement présenté comme ministre de la Défense des Houthis, figure lui aussi parmi les responsables des unités de missiles.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page