Moyen-Orient

Depuis sa cellule, un chef tribal dénonce le terrorisme des Frères musulmans au Yémen


Le chef tribal Ziyad Hamla pensait que son installation dans les zones libérées marquerait la fin des persécutions infligées par les Houthis. Il s’est pourtant retrouvé derrière les barreaux des prisons de leurs partenaires, les Frères musulmans du Yémen.

Il y a une vingtaine de jours, le chef tribal Ziyad Hamla a été surpris par une opération menée par les forces de sécurité affiliées aux Frères musulmans. Celles-ci ont pris d’assaut le domicile de sa famille et l’ont arrêté, avec plusieurs autres personnes, dont son fils, avant de les transférer dans l’une des prisons contrôlées par les Frères musulmans dans la ville d’Al-Turbah, au sud du gouvernorat de Taëz.

À la suite d’une importante mobilisation de l’opinion publique et d’instructions fermes du président du Conseil présidentiel de direction, Rachad Al-Alimi, les Frères musulmans du Yémen ont finalement libéré le cheikh Ziyad Hamla. Ce dernier a révélé qu’il avait été détenu avec son frère et son cousin.

Le chef tribal a été libéré à l’aube de vendredi, après une vaste campagne de solidarité et de nombreux appels lancés par des militants ainsi que par des personnalités proches de la Résistance nationale, notamment après le décès de son père jeudi soir. Celui-ci est mort avec l’espoir de revoir son fils sortir de prison.

Le cheikh Hamla figure parmi les chefs tribaux qui ont déclenché le soulèvement contre les milices houthies le 2 décembre 2017 dans le gouvernorat d’Ibb. Contraint de fuir en raison des persécutions des milices, il s’est ensuite installé sur la côte occidentale. Il est également considéré comme l’un des principaux fondateurs de la Résistance nationale, déployée sur les fronts de Taëz et d’Al-Hodeïda, le long de la mer Rouge.

Intransigeance des Frères musulmans et accusations fabriquées

Des sources privées ont indiqué que le dirigeant des Frères musulmans, Chouaïb Al-Adimi, responsable du renseignement militaire de l’axe de Tour Al-Baha, contrôlé par l’organisation, serait à l’origine de l’arrestation de Ziyad Hamla et de son incarcération dans une prison relevant de ses services de renseignement.

Selon ces sources, « des patrouilles dépendant du renseignement militaire de l’axe de Tour Al-Baha ont perquisitionné le domicile de Hamla à Al-Turbah, sous prétexte d’agir pour le compte des services de sécurité du district d’Al-Shamayatayn ». Elles l’ont ensuite arrêté et soumis à une disparition forcée pendant vingt jours sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces.

Les mêmes sources affirment que le responsable du renseignement militaire, le dirigeant des Frères musulmans Chouaïb Al-Adimi, a refusé de libérer Hamla malgré toutes les médiations tribales et communautaires. Il aurait également empêché une délégation de la Résistance nationale de lui rendre visite.

Selon ces sources, le responsable des Frères musulmans a aussi refusé de transférer le dossier du chef tribal devant le parquet pénal spécialisé et n’a pas répondu aux demandes du président du Comité suprême de sécurité et gouverneur de Taëz, Nabil Chamsane, qui réclamait sa libération ou sa comparution devant la justice.

Des prisons secrètes

L’enlèvement du chef tribal Hamla n’est ni le premier ni le dernier attribué aux Frères musulmans à Taëz, en particulier dans l’axe de Tour Al-Baha, actif dans les districts d’Al-Maqatirah et d’Al-Shamayatayn. Leurs prisons clandestines accueillent des dizaines de détenus, parmi lesquels figurent également des enfants.

Cet axe contrôlé par les Frères musulmans gère plusieurs centres de détention secrets, notamment une prison dans la localité d’Al-Kanab à Tour Al-Baha, une autre dans le bâtiment de la direction de la sécurité d’Al-Shamayatayn à Al-Turbah, ainsi qu’un troisième centre situé dans le commissariat central, à environ vingt kilomètres de la ville d’Al-Turbah.

En février 2026, l’axe de Tour Al-Baha, contrôlé par les Frères musulmans, a empêché la Commission nationale chargée d’enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme — un mécanisme soutenu par les Nations unies — de visiter ses prisons clandestines dans les gouvernorats de Taëz et de Lahj.

Cette Commission nationale accuse cet axe militaire de gérer des centres de détention illégaux dans les districts de Tour Al-Baha et d’Al-Shamayatayn et d’être responsable de l’arrestation et de la disparition forcée de 42 civils, certains étant portés disparus depuis plus de trois ans.

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