Politique

La diplomatie des lignes directes : des efforts pour préserver l’apaisement entre Washington et Téhéran


Les médiateurs multiplient les initiatives afin de sauver l’accord conclu entre Washington et Téhéran, alors que l’escalade actuelle alimente des inquiétudes croissantes quant au risque d’un glissement vers une guerre régionale de grande ampleur.

Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes aériennes contre l’Iran à l’aube de jeudi, auxquelles Téhéran a répondu par des attaques contre plusieurs pays de la région, dans un échange d’hostilités qui a menacé l’accord temporaire destiné à mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Des responsables militaires américains ont indiqué que près de 170 objectifs avaient été visés en Iran, soit quinze fois plus que lors de la précédente vague de frappes menée à la fin du mois de juin.

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a précisé que les frappes avaient ciblé des systèmes de défense aérienne, des sites de stockage de drones et de missiles, ainsi que des infrastructures logistiques situées le long du littoral iranien.

Les responsables militaires ont expliqué que l’objectif était d’affaiblir la capacité de l’Iran à menacer les navires transitant par le détroit d’Ormuz.

Ces frappes américaines sont intervenues quelques heures après que le président Donald Trump a déclaré que les récentes attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz marquent la fin du fragile cessez-le-feu.

De son côté, l’Iran a menacé, jeudi, d’élargir le champ de ses attaques dans la région.

Les efforts des médiateurs

Dans ce contexte de forte escalade, le média américain Axios a rapporté que le Qatar, le Pakistan et d’autres médiateurs régionaux s’efforçaient d’apaiser les tensions entre les États-Unis et l’Iran et de relancer les négociations sur le dossier nucléaire.

Selon les informations rapportées par Axios, les médiateurs estiment que les deux parties avaient réalisé des progrès lors des précédentes séries de négociations et que l’accord provisoire demeure susceptible d’être sauvé malgré la récente escalade, dans le but d’éviter l’effondrement des compromis déjà obtenus.

Le média cite deux sources bien informées selon lesquelles les médiateurs ont passé plusieurs appels téléphoniques mercredi à des responsables américains et iraniens afin de désamorcer la crise.

Une source régionale appartenant à l’un des États médiateurs a déclaré que « les médiateurs estiment que les récentes attaques iraniennes dans le détroit d’Ormuz ont été initiées par des éléments au sein du régime iranien opposés au mémorandum d’entente et désireux de le faire échouer ».

La même source a ajouté : « Des efforts diplomatiques intenses sont actuellement déployés afin d’obtenir d’abord un engagement des deux parties en faveur d’une désescalade, avant de fixer une nouvelle série de négociations entre les équipes techniques. »

Malgré les informations diffusées par certains médias iraniens faisant état d’explosions dans le sud de l’Iran, des responsables américains ont affirmé que l’armée américaine n’avait mené aucune nouvelle frappe jeudi.

L’un de ces responsables a indiqué que cette retenue résultait directement des efforts engagés en faveur de la désescalade.

Selon Axios, le président Donald Trump a réuni jeudi après-midi son équipe de sécurité nationale afin d’examiner les tensions avec l’Iran et les options envisageables pour la suite.

À l’issue de cette réunion, un responsable américain a déclaré que l’administration Trump « demeurait déterminée à parvenir à une solution » et que les discussions au niveau technique se poursuivaient en vue d’aboutir à un accord sur le nucléaire.

Selon la même source, « Donald Trump a exprimé très clairement sa position hier, sans la moindre ambiguïté. Les attaques iraniennes contre ces navires civils constituent des actes terroristes. Le comportement de l’Iran est inacceptable et reflète un échec à un niveau qui ne peut être toléré. »

Des inquiétudes persistantes

Les échanges de frappes entre Washington et Téhéran ont ravivé les craintes d’un retour à la guerre ouverte qui avait débuté à la fin du mois de février, lorsque les États-Unis et Israël avaient lancé une offensive conjointe contre l’Iran.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré jeudi que son pays était prêt à reprendre sa campagne militaire contre l’Iran si les circonstances l’exigeaient.

Lors d’une cérémonie militaire, il a affirmé : « L’armée est prête et demeure en état d’alerte afin de reprendre les combats, de rétablir sa supériorité aérienne et de porter un nouveau coup à l’Iran. »

Par ailleurs, plusieurs rapports et images ont montré des dégâts affectant des installations liées aux transports et aux infrastructures dans différentes régions d’Iran, illustrant l’élargissement des opérations militaires et la volonté d’exercer une pression accrue sur les capacités militaires et économiques de Téhéran.

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