Mojtaba Khamenei et les funérailles de son père : les raisons et les circonstances de son absence
Alors que l’Iran a officiellement lancé, samedi matin, les cérémonies funéraires du Guide suprême défunt, Ali Khamenei, des sources bien informées ont indiqué que son successeur, Mojtaba Khamenei, ne participerait pas aux obsèques.
Selon ces sources, citées par la chaîne américaine NBC News, cette absence s’explique par les graves blessures que Mojtaba Khamenei aurait subies lors de la frappe qui a coûté la vie à son père au début de la guerre.
D’après un responsable iranien et un diplomate du Moyen-Orient interrogés par NBC News, Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans et désigné en mars dernier comme successeur de son père, n’est apparu publiquement à aucun moment depuis le début du conflit et n’a même diffusé aucun message audio.
Trois personnes proches du dossier ont confirmé qu’il avait été grièvement blessé lors de la même attaque qui a tué son père. Il aurait subi des brûlures au visage et sur plusieurs parties du corps, ainsi que des blessures à une jambe ayant nécessité plusieurs interventions chirurgicales. Elles ont précisé que l’étendue exacte de ses blessures ainsi que leurs conséquences sur sa capacité à exercer ses fonctions demeurent inconnues.
Début des cérémonies funéraires
L’Iran a officiellement entamé, samedi matin, les cérémonies funéraires d’Ali Khamenei, qui s’étendront sur six jours et comprendront une étape en Irak avant l’inhumation de la dépouille à Machhad, selon la télévision d’État iranienne.
Dès l’aube, des milliers de personnes se sont rassemblées sur l’esplanade du grand lieu de prière de Téhéran, où repose le cercueil d’Ali Khamenei, brandissant des drapeaux rouges symbolisant la vengeance, selon un correspondant de l’Agence France-Presse présent sur place.
Les cérémonies ont débuté vendredi par la visite des chefs des trois pouvoirs de l’État iranien au cercueil, notamment le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui dirige également l’équipe iranienne chargée des négociations avec les États-Unis, selon des images diffusées par la télévision officielle.
Plusieurs personnalités étrangères et délégations officielles ont également présenté leurs condoléances, parmi lesquelles l’ancien président russe Dmitri Medvedev, ainsi que des délégations venues de Chine, de Turquie, d’Arabie saoudite, d’Inde et d’Afghanistan, selon l’agence officielle iranienne IRNA.
Sous le cercueil d’Ali Khamenei ont été placés les cercueils de quatre membres de sa famille tués lors de la même attaque, dont celui de sa petite-fille âgée de quatorze mois, selon l’IRNA.
Réapparition du commandant des Gardiens de la révolution
Des images publiées jeudi soir par les médias officiels iraniens ont montré le commandant des Gardiens de la révolution, le général Ahmad Vahidi, participant à une réunion consacrée aux dispositions sécuritaires entourant les funérailles d’Ali Khamenei.
Le général Vahidi n’était plus apparu publiquement depuis avant le début de la guerre. Il a ensuite été aperçu assis à côté du cercueil d’Ali Khamenei lors d’une cérémonie restreinte organisée jeudi soir près de la résidence de l’ancien Guide suprême, dans le centre de Téhéran, selon l’Associated Press.
Mise en garde adressée à Israël et aux États-Unis
À la veille des cérémonies funéraires, l’Iran a averti, jeudi, les États-Unis et Israël contre toute attaque visant son territoire durant la période des obsèques, auxquelles plusieurs millions d’Iraniens sont attendus.
Le commandant du quartier général central Khatam al-Anbiya, le général Ali Abdollahi, a déclaré que Washington et Tel-Aviv devaient « éviter toute erreur d’appréciation et réfléchir sérieusement aux représailles sévères auxquelles ils pourraient être confrontés ».
Une démonstration de force
Selon plusieurs observateurs, ces funérailles constituent une démonstration de force du régime iranien, qui cherche à afficher sa cohésion et la continuité de son autorité après les importantes attaques menées par les États-Unis et Israël.
Les cérémonies interviennent plusieurs mois après les vastes manifestations qui ont secoué l’Iran en janvier et auxquelles les autorités ont répondu par une répression sécuritaire meurtrière ayant fait, selon le rapport, plusieurs milliers de victimes.
La capitale, Téhéran, a été placée sous des mesures de sécurité exceptionnelles afin d’organiser ce qui pourrait être l’une des plus importantes cérémonies funéraires de son histoire contemporaine.
Le maire de Téhéran a déclaré que cet événement pourrait être le plus grand jamais organisé dans la capitale, tandis que les organisateurs prévoient la participation de 15 à 20 millions de personnes.
Une équipe de NBC News a constaté une forte diminution de la circulation automobile dans la ville. Les personnes venant de l’extérieur de Téhéran ont été invitées à laisser leurs véhicules sur les autoroutes situées en périphérie puis à rejoindre le centre-ville en autobus. Les transports publics ont également été rendus gratuits pendant toute la durée des cérémonies.
Des cérémonies étalées sur plusieurs jours
Les hommages devant le cercueil et les prières se poursuivront samedi et dimanche au grand lieu de prière Imam Khomeini à Téhéran. Les funérailles officielles débuteront lundi dans les rues de la capitale.
Des cérémonies distinctes sont également prévues dans la ville de Qom ainsi qu’en Irak, avant que la dépouille d’Ali Khamenei ne soit inhumée jeudi dans sa ville natale de Machhad.
La date des funérailles avait été officiellement annoncée le mois dernier, quelques jours avant la signature d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran destiné à mettre fin aux combats. Toutefois, les efforts visant à instaurer un cessez-le-feu permanent se sont ensuite enlisés, les négociations organisées ces derniers jours à Doha, au Qatar, n’ayant pas permis d’aboutir à des avancées significatives.
