Iran

L’Iran construit dans l’ombre… Le mont Pickaxe ravive une nouvelle alerte nucléaire


Alors que le mémorandum d’entente conclu entre les États-Unis et l’Iran prévoit le maintien du statu quo dans les installations nucléaires, Téhéran poursuit les travaux de construction sur un site nucléaire souterrain secret situé dans les montagnes de Pickaxe.

À ce jour, ces développements n’ont fait l’objet d’aucune inspection internationale, ce qui a conduit l’un des principaux centres de recherche américains spécialisés dans le suivi du programme nucléaire iranien à lancer un avertissement concernant les intentions de Téhéran.

Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’ont pas été autorisés à visiter ce site secret connu sous le nom de « mont Pickaxe ».

Selon plusieurs experts, cette installation hautement fortifiée soulève de sérieuses interrogations quant au respect par l’Iran des dispositions du mémorandum d’entente conclu avec l’administration du président américain Donald Trump. Le 28 février 2026, les États-Unis, en coordination avec Israël, avaient lancé l’opération « Epic Rage », visant les capacités nucléaires et balistiques iraniennes.

Des images satellites révèlent la poursuite des travaux

L’institut a publié une analyse détaillée d’images satellites prises à la fin du mois de juin 2026, montrant que les activités se poursuivent sur le site.

Le rapport précise que « les mouvements de véhicules sur les routes menant aux entrées occidentales des tunnels indiquent la poursuite des travaux de construction à l’intérieur du complexe, ainsi que le renforcement et la fortification des accès aux tunnels ».

Il ajoute que le mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran impose le maintien de la situation existante, ce qui interdit tout nouveau chantier dans les installations liées au programme nucléaire, y compris sur le site du mont Pickaxe.

Spencer Faragasso, chercheur principal de l’Institut pour la science et la la sécurité internationale, spécialiste de l’Iran, de la Corée du Nord, de la prolifération nucléaire et des réseaux commerciaux illicites, a écrit sur la plateforme X : « La mise à jour que nous avons publiée à l’Institut pour la science et la sécurité internationale est extrêmement importante. La poursuite des travaux sur le site du mont Pickaxe est profondément préoccupante. Les activités de construction se poursuivent à un rythme soutenu depuis au moins 2020. »

Il a ajouté : « Je pense que l’Iran construit ce site comme solution de repli en cas d’échec des négociations, afin de disposer d’une installation nucléaire presque achevée. Nos évaluations indiquent que le site est suffisamment vaste pour accueillir une installation d’enrichissement de l’uranium. »

L’Iran exploite déjà les installations de Natanz, Fordow et Ispahan pour enrichir l’uranium, matière première essentielle à la fabrication d’une arme nucléaire.

Un véritable test

Des experts de l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), basé à Washington, estiment que l’arrêt des travaux au mont Pickaxe et l’autorisation donnée aux inspecteurs de l’AIEA d’accéder au site constituent un véritable test de la bonne foi de l’Iran ainsi que de sa volonté d’abandonner la politique de dissimulation et de tromperie qu’il aurait menée par le passé, selon la chaîne américaine Fox News.

Spencer Faragasso a également déclaré : « Si l’Iran est réellement sérieux dans les négociations, il devrait suspendre les travaux au mont Pickaxe en signe de bonne volonté. Mais que peut-on attendre d’un régime caractérisé par un tel degré de dureté et de ruse ? »

L’absence de contrôle international

À la fin du mois de juin, l’Agence internationale de l’énergie atomique s’est abstenue de répondre aux questions portant sur une éventuelle demande d’accès au site.

Les images satellites obtenues par l’institut montrent que l’activité sur le site de Natanz demeure limitée. Les entrées des salles souterraines d’enrichissement n’ont pas été réparées, les accès destinés au personnel restent détruits et les entrées réservées aux véhicules sont toujours gravement endommagées.

Les images ont également permis d’identifier un seul véhicule à proximité de l’Installation pilote d’enrichissement du combustible (PFEP), détruite en juin 2025, avant que l’Iran ne recouvre par la suite les traces des destructions.

Fordow et Ispahan

Le rapport indique également qu’au 29 juin 2026, aucune activité n’avait été observée sur le site nucléaire d’Ispahan, tandis que les entrées des tunnels demeurent recouvertes de terre.

Concernant le site de Fordow, construit à l’intérieur d’une montagne au nord de la ville de Qom, l’institut précise que l’Iran a mis en place, entre le 10 et le 18 mai, des mesures de protection passive comprenant des remblais de terre et de roche ainsi que des obstacles soigneusement répartis le long des routes menant aux entrées des tunnels.

Le rapport souligne que ces obstacles ne semblent pas destinés à bloquer totalement les routes, mais plutôt à ralentir toute progression rapide de véhicules vers les tunnels ou leur sortie.

Enfin, l’institut confirme que les images satellites les plus récentes, prises le 21 juin, montrent que ces dispositifs défensifs sont toujours en place et que les entrées des tunnels de Fordow restent recouvertes de terre.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page