Iran

Après plus de quatre mois… comment l’Iran a-t-il conservé la dépouille de Khamenei ?


Le long report des funérailles de l’ancien Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a suscité de nombreuses interrogations quant à la manière dont sa dépouille a été conservée.

Sous un dispositif de sécurité extrêmement renforcé, l’Iran se prépare aux cérémonies funéraires de Khamenei, qui débuteront après-demain, samedi, et se dérouleront sur une période de six jours, soit plus de quatre mois après sa mort, survenue au début de la guerre américano-israélienne.

La réfrigération

Concernant les modalités de conservation de la dépouille, il semble que l’Iran ait eu recours à une conservation par réfrigération.

À ce sujet, le docteur Mohammad Omar, spécialiste de la lutte contre le terrorisme, a déclaré à Fox News Digital : « Il est presque certain que le corps a été conservé par réfrigération et non par embaumement, car l’islam interdit l’embaumement chimique. »

Il a ajouté : « La jurisprudence chiite autorise le report de l’inhumation ainsi que la conservation du corps sous réfrigération dans des circonstances exceptionnelles. Il est donc relativement aisé d’obtenir une dérogation religieuse lorsqu’il s’agit du Guide suprême. »

Il a également indiqué que « les instituts médico-légaux en Iran conservent parfois des dépouilles pendant plusieurs mois. Le fait que le corps soit resté réfrigéré durant quatre mois n’a donc rien d’inhabituel. »

Ali Khamenei a été tué le 28 février dernier lors d’une frappe américaine visant son quartier général à Téhéran, dans le cadre d’une opération baptisée « Colère épique » par Washington, après avoir dirigé le pays pendant trente-six ans.

Le spécialiste de la lutte contre le terrorisme Mohammad Omar estime que la frappe a probablement causé d’importants dommages à la dépouille. Selon lui, « il se peut qu’il ne reste que très peu du corps à exposer ».

Il a précisé que plusieurs autres personnes tuées lors de la même attaque n’ont été identifiées que par des analyses ADN.

À ce propos, il a ajouté que « les multiples changements du lieu d’inhumation ainsi que le long report des funérailles laissent penser que les autorités sont parvenues à conserver les restes, sans toutefois être en mesure de les présenter au public ».

Une mobilisation sous les apparences d’un cortège funéraire

Les cérémonies de recueillement devant la dépouille doivent débuter samedi et dimanche à Téhéran, avant un cortège funéraire prévu le 6 juillet.

Les funérailles de Khamenei, tué aux côtés de plusieurs membres de sa famille et de responsables politiques, puis remplacé par son fils Mojtaba, se déroulent dans le contexte du cessez-le-feu conclu avec les États-Unis et Israël, six mois après d’importantes manifestations contre la cherté de la vie et le gouvernement.

La ville de Qom, au sud de Téhéran, accueillera également une cérémonie d’hommage le 7 juillet. Par la suite, Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans sa ville natale de Machhad, dans le nord-est du pays.

Mohammad Omar estime que les chiffres communiqués par les autorités iraniennes, évoquant la participation d’un grand nombre de personnes ainsi que de représentants de plusieurs pays, « constituent davantage un message politique qu’une véritable organisation logistique ».

À propos de l’organisation des funérailles par les forces du Basij et le Corps des gardiens de la révolution islamique, il a indiqué que cette implication « revêt une forte portée politique ».

Il a expliqué que le Basij est chargé de l’organisation des déplacements et de la logistique, tandis que les Gardiens de la révolution assurent le contrôle des foules.

Il a qualifié la scène de « mobilisation populaire prenant l’apparence d’obsèques », rappelant que ces mêmes appareils sécuritaires avaient auparavant participé à la répression de mouvements de contestation.

Enfin, Mohammad Omar a estimé que l’absence des dirigeants des grandes puissances lors des funérailles reflète « l’isolement de l’Iran malgré ses tentatives de projeter une image de puissance », ajoutant que la guerre récente « a réduit l’influence régionale de Téhéran par rapport à ce que les autorités affirment officiellement ».

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