Politique

Lyon se prépare à couper les racines de l’extrémisme : la polémique autour d’un prédicateur lié aux Frères musulmans refait surface


Alors que les appels à l’interdiction des Frères musulmans se multiplient en France, la controverse reprend de plus belle à Lyon autour de la participation d’un prédicateur qualifié d’extrémiste par les autorités locales à un événement affilié aux Frères musulmans.

Comme l’an dernier, les débats s’intensifient autour de l’événement « Retour aux racines », dont l’édition de cette année doit accueillir le prédicateur Vincent Souleymane, affilié aux Frères musulmans, dans la commune de Meyzieu, située dans la banlieue est de Lyon, dans le sud-est de la France.

Bien qu’un nouveau maire ait pris ses fonctions à la tête de la municipalité, la politique générale à l’égard de cette conférence n’a pas changé, pas plus que la polémique qui avait déjà éclaté l’année dernière.

Le prédicateur Vincent Souleymane avait déjà suscité la même controverse l’an passé, notamment après avoir été qualifié par les services de l’État français de « prédicateur salafiste proche des Frères musulmans, connu pour ses positions controversées ».

L’une de ses conférences avait d’ailleurs été interdite à Lyon par la préfecture en 2023. Ses interventions sont également régulièrement interdites en raison de déclarations jugées « contraires aux valeurs de la République », ainsi qu’en raison du risque de « trouble à l’ordre public ».

En 2025, l’ancien maire de Meyzieu, Christophe Quiniou, avait pris un arrêté interdisant l’événement « Retour aux racines ». Toutefois, celui-ci avait finalement été autorisé après que les organisateurs eurent contesté la décision devant le tribunal administratif, qui avait annulé l’arrêté municipal.

Aujourd’hui, le nouveau maire, Issam Benzghiba, élu en mars dernier, se prépare à prendre une décision similaire d’interdiction. Ses proches ont indiqué au journal Le Figaro qu’il est en contact avec la préfecture du Rhône afin de rédiger un texte juridique plus strict en prévision d’un éventuel recours.

Des déclarations suspectes

Selon le quotidien français, les services de l’État évaluent actuellement les risques de troubles à l’ordre public, d’après des sources préfectorales. Le journal indique également que la décision devrait être rendue dans les prochaines heures.

L’un des proches du maire a expliqué au journal que « la décision reposera sur les risques de troubles à l’ordre public ainsi que sur des propos contraires aux valeurs de la République ».

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, membre du parti écologiste, avait déjà invoqué ces mêmes motifs en 2023 pour interdire une conférence du prédicateur à la « librairie du Centre Tawhid », un centre réputé proche des Frères musulmans dans la région.

À l’époque, la ville de Lyon et la préfecture du Rhône avaient affirmé que « les propos du prédicateur pouvaient être interprétés comme une incitation à la haine envers Israël, ainsi qu’envers les dirigeants juifs et arabes », ajoutant qu’« il diffuse également des déclarations à caractère complotiste ».

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page