Des protestations sportives se transforment en procès populaire contre le gouvernement Dbeibah
Des manifestants, supporters de football, ont incendié une partie du bâtiment de la présidence du gouvernement d’union nationale libyen, au centre de Tripoli, à la suite d’émeutes survenues lors d’un match du championnat local.
Des supporters de football ont mis le feu, dans la nuit de jeudi à vendredi, à une partie du siège du gouvernement d’union nationale libyen au centre de la capitale Tripoli, à la suite de violences ayant éclaté lors d’un match du championnat local. Ces événements révèlent l’ampleur de la colère populaire contre le gouvernement, même si les causes initiales de la contestation sont sportives.
Les incidents survenus à Tripoli semblent refléter une montée du mécontentement populaire envers le gouvernement d’union nationale, dans un contexte marqué par des critiques croissantes liées à la détérioration de la situation économique, aux difficultés de gestion de dossiers sociaux et sécuritaires sensibles, ainsi qu’à des accusations répétées d’incapacité à limiter l’influence des milices et groupes armés au sein de la capitale et d’autres régions.
Des observateurs estiment également que la transformation de protestations sportives en actes de violence visant le siège du gouvernement traduit un élargissement du fossé de confiance entre la population et l’exécutif, notamment en raison d’un sentiment grandissant de frustration lié à la persistance des crises quotidiennes, à l’absence de solutions économiques et sociales claires, ainsi qu’au maintien de l’influence de certains acteurs puissants au sein des institutions de l’État.
Des plateformes médiatiques libyennes sur les réseaux sociaux, dont « Fawasel », ont rapporté que des émeutes avaient éclaté après l’interruption d’un match entre l’Itihad et Al-Suwaihli, lorsque plusieurs supporters ont affronté les forces de sécurité chargées d’assurer la protection de la rencontre, avant que les incidents ne s’étendent à l’incendie de véhicules appartenant aux forces de sécurité.
Les manifestants se seraient ensuite dirigés vers le siège du gouvernement à Tripoli, où ils se sont rassemblés devant le bâtiment et ont tiré des feux d’artifice en direction des gardes chargés de sa sécurité.
Des vidéos partagées par des militants sur les réseaux sociaux montrent des protestataires à l’intérieur de la cour du bâtiment gouvernemental, tandis que des flammes ravagent une partie de celui-ci.
Des militants sur les réseaux sociaux affirment que le tir de feux d’artifice contre le siège du gouvernement fait suite à des accusations selon lesquelles la famille du Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah favoriserait une équipe du championnat au détriment d’une autre.
De son côté, l’agence de presse libyenne officielle « LANA » a indiqué que Tripoli avait connu, dans la nuit de jeudi à vendredi, des émeutes et des incendies à la suite du match entre l’Itihad et Al-Suwaihli.
Elle a précisé que la rencontre s’est tenue sur le terrain de la ville de Tarhouna, au sud de Tripoli, dans le cadre de la troisième journée de la phase des play-offs du championnat national de football.
Le match a été interrompu à la 88e minute après que des joueurs de l’Itihad ont réclamé un penalty, avant que la situation ne dégénère en émeutes, malgré le fait que la rencontre se soit déroulée à huis clos, selon « LANA ».
La première mi-temps s’était achevée sur un score nul et vierge, tandis qu’Al-Suwaihli avait ouvert le score en seconde période à la 52e minute, après qu’un penalty accordé par l’arbitre a été transformé par le joueur tunisien Ayyoub Ayad face au gardien Mohamed Ayad.
