La Russie vise la deuxième place sur le marché des armes : nouveaux clients et défis
La Russie commercialise ses armes auprès de nouveaux clients dans les pays du Sud global, dans une tentative de détrôner la France de la deuxième place des plus grands exportateurs d’armements au monde.
Malgré les tensions affectant les relations entre les États-Unis et leurs alliés traditionnels en Europe et ailleurs, il est peu probable que l’industrie de défense américaine perde sa position dominante dans le commerce mondial des armes.
Ainsi, la véritable compétition devrait continuer à se jouer pour la deuxième place, selon le magazine américain The National Interest.
D’après les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, un centre de recherche suédois spécialisé dans le contrôle des armements, les exportations d’armes russes ont chuté de 64 % entre 2020 et 2024 par rapport aux cinq années précédentes.
Cette baisse a entraîné le recul de la Russie de la deuxième à la troisième place, la France l’ayant dépassée grâce à une augmentation notable de ses ventes d’armes durant la même période, notamment dans les domaines de l’aviation et des systèmes navals.
Parallèlement, la part de la Russie dans le marché mondial des armes est passée de 21 % en 2015 à seulement 7,8 % en 2024.
Ce déclin marqué s’explique principalement par les pertes subies par la Russie dans le cadre de son « opération militaire spéciale » en Ukraine, ce qui a contraint le Kremlin à réduire ses exportations d’armes et à réorienter sa production pour répondre aux besoins militaires nationaux, selon le magazine américain.
Des clients comme l’Inde ont dû attendre la livraison des équipements commandés auprès de la Russie, notamment les batteries du système de défense aérienne S-400.
Une volonté de retour
Toutefois, les responsables de Rostec, un conglomérat militaro-industriel détenu par l’État russe, estiment qu’il existe une voie pour retrouver la deuxième place parmi les plus grands exportateurs d’armes au monde après les États-Unis.
Sergueï Tchemezov, directeur général de Rostec, a récemment déclaré que cette ambition pourrait passer par les pays en développement, y compris les marchés traditionnels en Asie, en Afrique et en Amérique latine.
Dans un discours prononcé lors de la signature d’un nouvel accord de partenariat et de coopération stratégique entre Rostec et l’Institut d’État des relations internationales de Moscou relevant du ministère russe des Affaires étrangères, il a affirmé : « Malgré les sanctions, la Russie s’efforce d’augmenter le volume de ses exportations et vise à occuper la deuxième place mondiale dans le domaine de la coopération militaro-technique. »
Le dirigeant de Rostec a ajouté que l’institut avait aidé l’entreprise à établir des partenariats avec les pays membres de l’Organisation du traité de sécurité collective, notamment la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Arménie, ainsi qu’avec le groupe intergouvernemental des BRICS.
L’institut russe a également contribué à la conclusion d’accords avec les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, une alliance politique, économique et sécuritaire eurasiatique regroupant dix pays.
Ce groupe, fondé en 2001, représente plus de 40 % de la population mondiale.
Obstacles
Plusieurs pays africains, notamment le Mali, le Niger, le Burkina Faso, ainsi que l’Algérie en Afrique du Nord, continuent d’acheter des armes russes, mais certains États ont renoncé à suivre cette voie sous l’effet de pressions.
En outre, en Asie et en Afrique, la France a trouvé des clients pour ses avions Rafale, ce qui a contribué à évincer les avions de chasse russes.
Par ailleurs, des clients traditionnels en Asie, notamment la Chine et l’Inde, augmentent leur production nationale d’armements, ce qui pourrait compromettre l’objectif de la Russie de reconquérir la deuxième place des exportations mondiales, selon le rapport.
