Moyen-Orient

Nous répéterons le scénario de Gaza : Israël planifie une invasion terrestre à grande échelle au Liban


Israël prévoit d’élargir considérablement son opération terrestre au Liban, avec pour objectif de prendre le contrôle de l’ensemble de la zone située au sud du fleuve Litani et de démanteler l’infrastructure militaire du Hezbollah.

C’est ce qu’ont indiqué des responsables israéliens et américains au site Axios, qui précise que si ces plans se concrétisent, il s’agirait de « la plus grande invasion terrestre israélienne de son voisin du nord depuis 2006 », ce qui pourrait placer le Liban au cœur de la guerre croissante impliquant l’Iran.

Un haut responsable israélien a déclaré à Axios : « Nous ferons ce que nous avons fait à Gaza », en référence à la destruction de bâtiments qu’Israël affirme être utilisés par le Hezbollah pour stocker des armes et mener des attaques.

Une occupation prolongée ?

Le site américain a averti qu’« une opération d’une telle ampleur pourrait conduire à une occupation israélienne de longue durée du sud du Liban ».

Le gouvernement libanais a exprimé une vive inquiétude face à la reprise de la guerre, déclenchée après la décision du Hezbollah de lancer des roquettes contre Israël, estimant que le conflit pourrait dévaster le pays.

Selon Axios, l’administration Trump soutient une opération israélienne majeure visant à désarmer le Hezbollah, tout en faisant pression pour limiter les dommages causés à l’État libanais et en cherchant à ouvrir des discussions directes entre Israël et le Liban sur un accord d’après-guerre.

Jusqu’à il y a quelques jours, le gouvernement de Benjamin Netanyahu tentait de contenir l’escalade au Liban afin de rester concentré sur l’Iran, selon des responsables israéliens.

Cependant, cette équation a changé mercredi lorsque le Hezbollah a lancé plus de 200 roquettes dans une attaque coordonnée avec l’Iran, qui a également tiré des dizaines de missiles.

Un haut responsable israélien a déclaré : « Avant cette attaque, nous étions prêts à un cessez-le-feu au Liban, mais après cela, il n’y a plus de retour en arrière possible face à une opération terrestre massive ».

L’armée israélienne dispose de trois divisions blindées et d’infanterie déployées à la frontière libanaise depuis le début de la guerre avec l’Iran, certaines forces terrestres ayant mené des raids limités au cours des deux dernières semaines.

Renforts israéliens

Vendredi, l’armée israélienne a annoncé l’envoi de renforts à la frontière ainsi que la mobilisation de réservistes supplémentaires en préparation d’opérations terrestres élargies.

Un responsable a déclaré : « L’objectif est de contrôler le territoire, de repousser les forces du Hezbollah vers le nord, loin de la frontière, et de démanteler leurs positions militaires et leurs dépôts d’armes dans les villages ».

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré vendredi que la voie diplomatique poursuivie par le gouvernement libanais n’avait pas permis d’assurer la souveraineté ni de protéger les civils libanais, affirmant que « la résistance reste la seule solution ». Il a ajouté : « Lorsque l’ennemi menace d’une invasion terrestre, nous lui répondons que ce n’est pas une menace, mais l’un des pièges dans lesquels il tombera ».

L’armée israélienne a ordonné l’évacuation de zones du sud du Liban et, pour la première fois, de villages et localités situés au nord du fleuve Litani, ainsi que du bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth.

Depuis le début du conflit, environ 800 000 civils libanais ont été déplacés. Au moins 773 personnes ont été tuées, dont de nombreux civils.

Selon des responsables américains et israéliens, l’administration Trump a demandé à Israël de ne pas bombarder l’aéroport international de Beyrouth ni d’autres infrastructures libanaises pendant l’opération.

Des responsables américains ont indiqué qu’Israël avait accepté d’épargner l’aéroport, sans toutefois s’engager à protéger le reste des infrastructures de l’État. Vendredi, l’armée israélienne a bombardé un pont dans le sud du Liban qu’elle affirme être utilisé par le Hezbollah pour transporter des combattants et des armes.

Consultations avec Washington

Un responsable israélien a indiqué que l’État hébreu consulterait Washington au cas par cas : « Nous avons le sentiment de bénéficier d’un soutien américain total pour cette opération ».

Un responsable américain a déclaré : « Les Israéliens doivent faire ce qui est nécessaire pour arrêter les tirs du Hezbollah ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a chargé l’ancien ministre Ron Dermer de superviser le dossier libanais pendant la guerre, selon des responsables américains et israéliens.

Dermer sera chargé de gérer les contacts avec l’administration Trump et de diriger d’éventuelles négociations avec le gouvernement libanais si des discussions directes débutent dans les semaines à venir.

Du côté américain, le dossier est géré par Massad Boulos, conseiller de Trump et également envoyé américain pour l’Afrique, qui est en contact avec des responsables israéliens, libanais et arabes afin de faciliter des discussions directes entre Israël et le Liban.

Ces derniers jours, le gouvernement libanais a indiqué qu’il était prêt à entamer immédiatement des discussions directes avec Israël sur les conditions d’un cessez-le-feu, sans conditions préalables.

Selon certaines sources, l’administration Trump souhaite profiter de ces négociations pour poser les bases d’un accord plus large mettant officiellement fin à l’état de guerre entre Israël et le Liban, en vigueur depuis 1948.

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