La frappe la plus puissante touche le joyau de la couronne iranien : que savons-nous de l’île de Kharg ?
Le président américain l’a qualifiée de « joyau de la couronne » de l’Iran et a annoncé qu’elle avait été visée par « la frappe la plus puissante ». Il s’agit de l’île de Kharg, qui a été la cible de frappes menées par le Commandement central américain (CENTCOM) tôt samedi matin.
Plus tôt dans la journée, Donald Trump a affirmé que le Commandement central des États-Unis avait mené « l’une des frappes aériennes les plus puissantes de l’histoire du Moyen-Orient ».
Concernant la cible de cette attaque aérienne, Trump a déclaré lors d’une conférence de presse que « la frappe aérienne a complètement détruit tous les objectifs militaires sur l’île iranienne de Kharg », ajoutant que Téhéran « ne possède aucune capacité pour défendre les cibles que nous choisissons d’attaquer, et ils ne peuvent rien y faire ».
Le président américain a également menacé l’Iran, déclarant que « si Téhéran tente d’entraver la navigation dans le détroit d’Ormuz, je reconsidérerai la décision d’anéantir l’infrastructure pétrolière de l’île de Kharg ».
Un responsable américain a par ailleurs indiqué à CNN que l’armée américaine avait mené « une frappe de grande ampleur » contre l’île de Kharg, sans confirmer si tous les objectifs militaires avaient été détruits comme l’a affirmé Trump.
Que sait-on de cette île ?
L’île de Kharg, où les États-Unis ont mené, selon Trump, une importante frappe aérienne samedi, est « petite mais essentielle ». L’Iran exporte environ 90 % de son pétrole brut vers les marchés mondiaux via les installations situées sur cette île, ce qui en fait un véritable point d’étranglement économique susceptible de déterminer l’issue de toute confrontation militaire potentielle entre Washington et Téhéran, selon le journal américain New York Post.
Cette étendue de terre, longue d’environ cinq miles, se situe dans le golfe Persique, à environ vingt miles au large de la côte sud-ouest de l’Iran. Sa position lui confère une grande importance stratégique, tout en la rendant vulnérable aux menaces militaires et difficile à défendre en cas de confrontation de grande ampleur.
L’île abrite un aéroport, des installations pétrolières et des ports. Elle constitue le principal terminal d’exportation de pétrole de l’Iran et ses eaux sont suffisamment profondes pour accueillir des superpétroliers capables de transporter environ deux millions de barils de pétrole.
Cette petite île du golfe Persique, dont la superficie ne dépasse pas le tiers de celle de Manhattan, représente ainsi l’artère vitale de l’économie iranienne.
Des experts ont souligné qu’une tentative de prise de contrôle ou d’attaque terrestre de l’île de Kharg nécessiterait un déploiement important de forces terrestres, une option que l’administration Trump a jusqu’à présent hésité à envisager.
L’île de Kharg a longtemps constitué une « ligne rouge » dans la stratégie américano-israélienne à l’égard de l’Iran. Lors de précédentes phases d’escalade, y compris durant la guerre de douze jours l’été dernier, Israël s’était abstenu de frapper l’île, malgré des attaques visant d’autres cibles à l’intérieur du territoire iranien.
Importance économique
Mohammed Suleiman, chercheur au Middle East Institute à Washington, estime que la perte de contrôle de l’île par l’Iran, même pour une courte période, pourrait déclencher une série de crises simultanées.
L’interruption des exportations de pétrole depuis l’île pourrait entraîner la perte de milliards de dollars de revenus mensuels, ce qui accélérerait la dépréciation de la monnaie locale et accentuerait les pressions inflationnistes, à un moment où le gouvernement iranien fait déjà face à des défis économiques croissants.
