Turquie

Corruption des Frères : les conflits s’exportent des bureaux fermés vers les tribunaux turcs


 

Des sources informées ont révélé l’éclatement d’une nouvelle vague de dissensions internes au sein de l’organisation des Frères musulmans en Turquie. L’« Association de la communauté égyptienne » — bras organisationnel et social du groupe — est devenue le théâtre de règlements de comptes financiers et d’accusations mutuelles de corruption, une affaire qui s’étend désormais jusqu’aux couloirs de la justice turque.

Selon Al Arabiya, les élections de l’association ont donné lieu à une bataille acharnée entre l’ancien responsable de la communauté, Adel Younis Rashid, et le dirigeant Hussein Ahmed Ammar. Le premier est accusé d’avoir orchestré une fraude massive pour se maintenir à son poste, incluant la manipulation des votes des membres et le recours illégal à des éléments turcs non égyptiens, présentés comme un « comité de supervision », pour voter en sa faveur.

D’après des informations ayant fuité, cet acharnement pour la présidence de l’association ne relève pas de l’engagement bénévole, mais vise à garantir le contrôle de ressources financières colossales et à éviter l’ouverture de dossiers relatifs à des détournements de fonds et des malversations accumulées ces dernières années.

Les accusations ne s’arrêtent pas à la fraude électorale ; elles portent également sur l’implication de hauts dirigeants dans des « opérations de courtage » liées à la vente de la nationalité turque à des membres de la confrérie en fuite. Ces cadres auraient exploité leur influence et leurs relations pour transformer l’accès à la citoyenneté en une source de profit substantielle, provoquant une vive exaspération parmi les jeunes membres de l’organisation, confrontés à une dégradation brutale de leurs conditions de vie.

Parallèlement, ce « conflit pour le butin » a gagné les investissements de la branche de Londres (dirigée par Salah Abdel Haq) à Istanbul. Un litige public a éclaté entre deux dirigeants de premier plan possédant une entreprise de produits alimentaires dans le quartier de « Şirinevler », les deux parties s’accusant mutuellement d’avoir détourné des marchandises et des bénéfices appartenant à l’organisation à des fins d’enrichissement personnel.

Ces scandales financiers viennent accentuer la fracture entre le « Front de Londres » et le « Front d’Istanbul ». Dans ce climat délétère, des jeunes de l’organisation menacent de diffuser des enregistrements supplémentaires révélant l’implication de hauts dirigeants dans l’achat de biens immobiliers de luxe en Turquie et en Europe au nom de leurs proches, en utilisant des fonds issus de dons, alors que la « base » est en proie à des crises juridiques et matérielles croissantes en exil.

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