Politique

Les missiles intercepteurs : un dilemme américain qui inquiète le Pentagone dans le contexte de la guerre contre l’Iran


Lorsque le général le plus haut gradé de l’armée américaine a exposé au président Donald Trump les risques liés au lancement d’une attaque large et prolongée contre l’Iran, l’une des questions qu’il a soulevées concernent les stocks de munitions des États-Unis.

Aujourd’hui, cette problématique est mise à l’épreuve. Les États-Unis s’efforcent de détruire les capacités iraniennes en matière de missiles et de drones avant d’épuiser leurs propres stocks de missiles intercepteurs destinés à contrer une riposte de Téhéran, selon des responsables actuels et anciens ainsi que des analystes cités par le Wall Street Journal.

Avant le déclenchement de la guerre contre l’Iran, des médias américains avaient fait état de divergences entre le président du Comité des chefs d’état-major interarmées, le général Dan Caine, et la Maison-Blanche, le haut responsable militaire ayant exprimé ses inquiétudes.

Les rapports indiquent alors que Caine avait présenté ses réserves quant aux conséquences potentielles d’une opération militaire de grande envergure contre l’Iran, évoquant la taille, la complexité et le risque de pertes humaines américaines dans une telle mission, selon des sources informées de ses recommandations.

Le volume exact des stocks américains de missiles intercepteurs pour la défense aérienne, ce que le Pentagone désigne comme la « profondeur des stocks », demeure classifié. Toutefois, les confrontations répétées avec l’Iran et ses alliés au Moyen-Orient ont érodé les capacités de défense aérienne disponibles dans la région.

Depuis samedi matin, les États-Unis et Israël bombardent les capacités balistiques iraniennes, les centres de commandement et même les quartiers généraux de hauts responsables à Téhéran.

La durée de ces frappes reste incertaine. Dans une publication sur les réseaux sociaux samedi, Trump a affirmé : « Les bombardements intenses et précis se poursuivront sans interruption toute la semaine, ou aussi longtemps que nécessaire pour atteindre notre objectif. »

La riposte iranienne s’est révélée plus étendue géographiquement à travers le Moyen-Orient que lors de la « guerre des douze jours » en juin dernier.

Le Commandement central américain affirme que ses forces ont jusqu’à présent repoussé des centaines d’attaques iraniennes par missiles et drones, même si certains projectiles ont atteint leurs cibles.

À cet égard, Kelly Grieco, chercheuse principale au centre de réflexion Stimson et ancienne étudiante au Air Command and Staff College, a déclaré : « L’un des défis réside dans le fait que ces munitions peuvent être épuisées très rapidement. Nous les utilisons à un rythme plus rapide que celui auquel nous pouvons les remplacer. »

Le Pentagone a déployé en 2024 le système antimissile THAAD en Israël, accompagné de forces américaines chargées de son exploitation, dans le cadre des efforts de l’administration du président Joe Biden pour protéger le pays contre l’Iran. Un autre système THAAD a également été installé en Jordanie, où sont stationnés de nombreux avions de combat américains. La principale préoccupation du Pentagone consiste à maintenir un stock suffisant de missiles intercepteurs pour le système THAAD — également déployé par les forces américaines en Corée du Sud et à Guam — afin de dissuader la Corée du Nord et la Chine.

Parallèlement, le Pentagone s’efforce de reconstituer les stocks de missiles intercepteurs Patriot et Standard, eux aussi utilisés pour contrer les menaces aériennes et défendre contre les missiles et drones iraniens. Les missiles Patriot interceptent les menaces à basse altitude, tandis que les missiles SM-3 peuvent neutraliser des missiles balistiques au-delà de l’atmosphère terrestre.

La pénurie ne concerne pas uniquement les missiles intercepteurs de défense aérienne. Les États-Unis consomment également des missiles de croisière Tomahawk lancés depuis la mer, ainsi que des munitions aériennes utilisées contre des cibles iraniennes.

Cette situation intervient après la campagne américaine menée l’an dernier, au cours de laquelle les États-Unis ont employé des armes de précision à longue portée contre les combattants houthis au Yémen.

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