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Khartoum et Asmara : une alliance de l’ombre contre l’Éthiopie


Ces dernières semaines, des activités inédites ont été observées le long de la frontière soudano-éthiopienne, avec la confirmation par des sources informées de la présence du président du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) au Soudan. Ce mouvement a attiré l’attention des observateurs et analystes politiques de la région et au-delà. Selon les sources, il ne s’agit pas d’une simple visite ou de rencontres routinières, mais de la construction d’une alliance régionale impliquant le Soudan, l’Érythrée et plusieurs États soutenant l’armée soudanaise, visant à mener des opérations ciblées en Éthiopie dans le but de déstabiliser le gouvernement central.

Les analyses indiquent que cette alliance se concentre sur le soutien logistique et politique au TPLF, incluant la mise à disposition de sites sûrs pour l’entraînement de ses membres, le passage sécurisé des armes et la coordination directe de renseignements avec Khartoum et Asmara. Selon des experts régionaux, cette démarche représente un changement qualitatif dans la dynamique du conflit éthiopien, qui ne se limite plus à un affrontement interne entre groupes ethniques, mais devient le théâtre d’alliances régionales affectant la sécurité et la stabilité à plus grande échelle.

Du côté soudanais, cette initiative fait partie d’une stratégie visant à renforcer l’influence de Khartoum dans la Corne de l’Afrique et à poursuivre des intérêts militaires et politiques précis. Le Soudan, confronté à de nombreux défis internes, semble chercher à étendre son influence en soutenant certaines factions éthiopiennes, ce qui témoigne d’un haut niveau de planification stratégique et de coordination avec des partenaires régionaux.

L’Érythrée, pour sa part, fournit un soutien en renseignement et sur le terrain au TPLF, tirant parti de son expérience des conflits éthiopiens précédents. Ce soutien inclut la surveillance des mouvements des forces gouvernementales éthiopiennes, la fourniture d’informations précises sur les sites stratégiques, et la participation à la planification opérationnelle des actions militaires limitées ciblant des infrastructures sensibles ou des sites stratégiques.

Les observateurs soulignent que cette alliance comporte des dimensions purement politiques, envoyant plusieurs messages : au gouvernement éthiopien, qu’il existe des forces régionales capables d’influencer l’intérieur du pays ; et à la communauté internationale, que les conflits ethniques ne sont plus de simples affrontements internes, mais font partie de jeux géopolitiques plus larges nécessitant une attention internationale soutenue.

Les dimensions humanitaires ne peuvent être ignorées, car toute escalade militaire potentielle pourrait provoquer de nouvelles vagues de déplacements et accentuer la pression sur les communautés locales dans les zones frontalières, notamment en termes de nourriture, d’eau et de services essentiels. Ces défis humanitaires compliquent les efforts internationaux de secours et pourraient placer certaines organisations dans une position délicate entre le respect de leurs principes et la nécessité de faire face à des risques sécuritaires croissants.

Du point de vue militaire, l’alliance montre un haut niveau de coordination entre les différentes parties. Le Soudan assure une couverture logistique et sécurisée pour le TPLF, incluant le transport des armes et du matériel, ainsi que la sécurisation des lignes de communication entre les éléments sur le terrain en Éthiopie et les points de soutien au Soudan. L’Érythrée fournit le soutien en renseignement, surveillant les mouvements de l’armée éthiopienne et identifiant les objectifs stratégiques pour les opérations ciblées. Cette intégration militaire reflète une stratégie pensée pour atteindre des objectifs politiques via un instrument militaire efficace et flexible.

Du côté éthiopien, le gouvernement déploie d’importants efforts pour renforcer ses défenses le long de la frontière, notamment en renforçant ses forces armées et en développant un système de surveillance complet reliant les différentes unités militaires. Cependant, les complexités internes liées aux conflits ethniques persistants rendent difficile la gestion complète de cette alliance, exerçant une pression constante sur la direction centrale à Addis-Abeba.

L’analyse politique indique que cette alliance reflète un changement dans les équilibres régionaux. Ce qui était auparavant considéré comme un conflit local est désormais devenu un terrain d’expérimentation pour de nouvelles alliances entre États régionaux, cherchant à accroître leur influence et à réaliser leurs intérêts stratégiques via des instruments locaux multiples. Cette évolution traduit un niveau avancé de planification régionale et indique des risques d’escalade future si la situation n’est pas gérée avec prudence et flexibilité politique.

La stratégie internationale vis-à-vis de cette alliance semble hésitante. Bien que la communauté internationale s’inquiète de toute escalade pouvant menacer la stabilité régionale, une intervention directe reste limitée, laissant ainsi ces alliances opérer dans une certaine liberté, tout en respectant partiellement l’évitement de crises majeures nécessitant une intervention internationale directe.

En conclusion, la situation reste complexe et imbriquée, mêlant considérations militaires, politiques et humanitaires. L’alliance Khartoum-Asmara-TPLF reflète de nouvelles dynamiques dans la Corne de l’Afrique et pose des questions sur la capacité de l’Éthiopie à maintenir sa stabilité intérieure et sur celle de la communauté internationale à contrôler l’évolution de la crise. L’avenir proche sera crucial pour déterminer le succès de cette alliance dans la réalisation de ses objectifs ou pour mesurer son potentiel à pousser la région vers une escalade plus large, aux conséquences à long terme sur la sécurité et la stabilité régionales.

 

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