L’Ukraine emboîte le pas à la Russie et développe des navires-mères pour drones : des frappes plus meurtrières grâce à ces plateformes de lancement
La guerre des drones en Ukraine entre dans l’ère des « navires-mères », des plateformes capables de transporter des drones d’attaque et des drones intercepteurs de plus petite taille jusqu’au champ de bataille.
Au début du conflit, l’Ukraine s’était appuyée sur des plateformes navales sans équipage en équipant des vedettes rapides télécommandées destinées à percuter les navires de guerre russes et à les faire exploser.
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Cette tactique inhabituelle s’est révélée efficace, perturbant une marine russe pourtant traditionnellement supérieure.
Cependant, la Russie s’est adaptée, contraignant l’Ukraine à innover une nouvelle fois. Kiev transforme désormais progressivement ses embarcations sans pilote en « navires-mères » destinés à déployer d’autres drones, selon le média américain Business Insider.
Le média souligne que ces plateformes peuvent lancer aussi bien des drones offensifs contre des cibles ennemies que des drones intercepteurs destinés à constituer une nouvelle forme de défense aérienne côtière.
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Cette approche permet à l’Ukraine de mener des attaques ou d’assurer sa défense à de plus longues distances, depuis des directions moins prévisibles et avec des systèmes nettement moins coûteux que les armements conventionnels.
Dans une déclaration accordée à Business Insider, le commandant d’une unité du renseignement militaire ukrainien a expliqué : « Les navires devaient remplir un rôle dépassant celui de simples plateformes d’attaque suicide. Ils devaient être capables d’emporter et de déployer des drones offensifs ainsi que des drones intercepteurs, qui font désormais partie intégrante de la réalité du champ de bataille. »
L’apparition de ces « navires-mères » marque une évolution significative dans la manière de mener la guerre des drones. Les petits drones rendent les frappes de précision peu coûteuses et largement accessibles, mais ils restent limités par leur portée, leur autonomie, leur résistance au brouillage électronique adverse et les risques encourus par leurs opérateurs.
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En transformant des embarcations, des aéronefs et des véhicules en plateformes de lancement mobiles, les forces ukrainiennes peuvent projeter de plus petits systèmes beaucoup plus profondément sur le champ de bataille, selon des modes d’action plus imprévisibles, indique le rapport.
Lors d’un déplacement en Ukraine, les journalistes de Business Insider se sont entretenus avec des fabricants d’armes, des militaires et des responsables de la défense impliqués dans le développement de ces systèmes. Tous ont partagé leurs expériences du conflit et décrit les « navires-mères » non pas comme une arme révolutionnaire, mais comme une solution pragmatique adaptée à un champ de bataille où les points de lancement, la portée, la vitesse et la capacité de survie sont devenus des facteurs déterminants pour l’efficacité des petits drones.
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Les « navires-mères » ont commencé à apparaître sur le champ de bataille l’année dernière, ouvrant un nouveau chapitre dans la guerre des drones.
En octobre dernier, les analystes de l’Institute for the Study of War (ISW) ont indiqué que les forces russes utilisaient, depuis au moins août 2025, des plateformes de soutien afin de cibler les voies d’approvisionnement et les positions logistiques ukrainiennes situées à l’arrière du front.
Selon ces analystes, ces systèmes reposent sur des versions modifiées des drones russes à voilure fixe Orlan et Molniya.
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Des soldats ukrainiens ont ensuite décrit le « navire-mère » russe Molniya comme une véritable « porte-avions », capable de lancer plusieurs drones de reconnaissance à proximité des positions ukrainiennes et de transporter des charges lourdes, notamment des mines antichars.
Depuis lors, l’Ukraine a entrepris de développer ses propres navires-mères en s’inspirant de ce concept.
Oleksii Vyskob, premier vice-ministre ukrainien de la Défense, a présenté les « navires-mères » comme l’illustration du processus permanent d’adaptation suivi par son pays en temps de guerre, chaque nouvelle difficulté rencontrée sur le champ de bataille exigeant de nouvelles solutions technologiques tous les quelques mois.
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