Grand Maghreb

Libye : Un complot terroriste déjoué près de la frontière tunisienne


Les autorités libyennes ont arrêté tous les membres du groupe terroriste et mis au jour leur plan visant à recruter de nouveaux éléments via les réseaux sociaux et à diffuser des tracts incitant à la violence dans les mosquées.

Le service de sécurité intérieure du gouvernement d’unité nationale en Libye, dont le mandat est arrivé à expiration, a démantelé un groupe terroriste interdit appelé Mouvement de Résistance Djihadiste « Nasr ». Ce groupe préparait une série d’attaques visant des institutions sécuritaires et militaires stratégiques du pays, dans un contexte marqué par la corruption, la division politique et le soutien persistant aux groupes armés depuis plusieurs années.

Selon le service de sécurité intérieure, l’organisation utilisait un nom fictif dans le but de tromper et recruter de nouveaux membres. Il a précisé que le groupe diffusait du matériel de propagande extrémiste via des tracts incitant à la violence, dans le but de mobiliser et recruter des éléments avant de passer à l’action contre des sites militaires et sécuritaires clés du pays.

L’opération de sécurité a permis d’arrêter tous les membres du groupe et de dévoiler leur complot, qui incluait le recrutement via les réseaux sociaux et la distribution de tracts incitant à la violence dans les mosquées. L’enquête a également révélé leurs tentatives de contact avec des organisations étrangères pour apprendre à fabriquer des explosifs et des drones.

L’enquête a aussi mis en lumière l’intention du groupe de créer une usine clandestine d’armes et d’explosifs dans la région d’Al-Jumayl, près de la frontière tunisienne. Des documents retrouvés prouvent leur volonté d’acheter un terrain à cette fin. L’enquête a révélé que la cellule avait atteint un stade avancé de son plan, ayant déjà établi des connexions avec des acteurs extérieurs pour obtenir un soutien logistique, notamment l’approvisionnement en explosifs et en drones sophistiqués qu’ils prévoyaient d’utiliser pour surveiller leurs cibles.

La question de la sécurité aux frontières est cruciale en Libye, un pays confronté à un afflux de migrants clandestins et à la présence de groupes terroristes, ce qui inquiète particulièrement les pays d’Europe du Sud et la communauté internationale.

En mars dernier, la mission des Nations unies en Libye a annoncé un accord pour créer un centre d’études spécialisé sur la sécurité aux frontières, impliquant les forces militaires de l’Est et de l’Ouest libyen.

La frontière tuniso-libyenne représente un défi sécuritaire majeur en raison de sa longueur et de son relief difficile, facilitant ainsi les infiltrations et les activités de contrebande. Les groupes terroristes exploitent l’instabilité persistante en Libye pour s’implanter et planifier des attentats dans la région.

En septembre dernier, les autorités tunisiennes ont prolongé d’un an la zone tampon aux frontières avec la Libye et l’Algérie, couvrant le sud et le sud-est du pays. Cette décision vise à prévenir l’infiltration d’éléments terroristes sur le territoire tunisien. Malgré les succès des forces de sécurité dans le démantèlement de cellules dormantes et la prévention d’attaques, la menace terroriste reste une préoccupation pour les autorités tunisiennes.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans des conflits politiques et militaires incessants. Ce climat de division a conduit à l’émergence de deux gouvernements rivaux. Face à cette instabilité, l’ONU et la communauté internationale cherchent à instaurer la paix en soutenant le dialogue politique et l’unification des institutions de sécurité et de défense.

 

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