Enquêtes

Le Soudan entre dans une phase plus meurtrière : les attaques de drones tuent des civils et transforment les marchés et les sites de déplacement en zones de danger


Dans les jours précédant le 19 octobre 2026, le Soudan a connu une vague d’attaques de drones qui a fait de nombreux morts et blessés, remettant en lumière l’évolution de la guerre entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Selon un article publié ce jour-là par Al Jazeera, plus de 160 personnes ont été tuées dans une série d’attaques en quelques jours, sur fond d’accusations réciproques concernant la responsabilité des frappes contre des zones civiles et des installations vitales.

Les drones ne servent plus uniquement à la reconnaissance ou à des frappes ponctuelles contre des positions militaires. Ils occupent une place croissante dans les opérations menées à grande distance par les belligérants. Ces armes permettent d’atteindre des cibles éloignées des lignes de front, élargissant ainsi la géographie du danger et exposant aux attaques des zones jusqu’alors considérées comme relativement en retrait des combats.

Cette évolution devient particulièrement dangereuse lorsque les frappes touchent les abords de marchés, de gares routières ou de zones habitées. Ces lieux rassemblent de nombreux civils qui ne participent pas aux opérations militaires et s’y rendent pour acheter des produits essentiels, attendre un moyen de transport ou recevoir de l’aide. Une frappe aérienne contre un site fréquenté peut provoquer des pertes humaines considérables en très peu de temps, surtout lorsque les secours font défaut ou que les hôpitaux sont éloignés.

L’intensification des attaques est d’autant plus préoccupante que la guerre, déclenchée en avril 2023, a déjà déplacé des millions de personnes, endommagé les services essentiels et affaibli l’activité économique. Avec l’extension des combats, de nombreux civils vivent désormais dans des conditions qui les empêchent de rejoindre facilement des zones plus sûres. Les déplacés ayant perdu leur logement et leurs moyens de subsistance peuvent également être contraints d’emprunter des routes dangereuses ou de dépendre de quelques marchés locaux pour se procurer de la nourriture et des médicaments.

Une attaque contre un point de transport fait un lourd bilan

Parmi les attaques les plus meurtrières évoquées par Al Jazeera figure une frappe contre un point de transport près d’un marché dans le secteur d’Ad-Dibab, au Kordofan-Occidental. Des habitants s’y rassemblaient après la journée de marché pour trouver un véhicule leur permettant de regagner leurs villages. Selon des témoignages d’habitants et de soignants cités dans l’article, environ 80 personnes ont été tuées et d’autres blessées.

Une source médicale a indiqué que 47 blessés avaient été transportés vers la localité voisine d’Al-Muglad et que 30 d’entre eux avaient ensuite succombé à leurs blessures. Ces informations montrent comment une attaque contre un lieu civil très fréquenté peut devenir une catastrophe dépassant le moment de l’explosion. Les blessés peuvent rencontrer des difficultés d’évacuation et de prise en charge, particulièrement dans les zones manquant de personnel médical et de fournitures.

Ce bilan ne peut être dissocié de la fonction du lieu touché. Les points de transport et les marchés jouent un rôle vital dans les régions rurales, où les habitants dépendent des jours de marché pour acheter des biens, vendre leurs produits et circuler entre les villages. Une attaque contre un point de transport ne touche donc pas seulement les personnes présentes au moment de la frappe. Ses conséquences atteignent aussi les familles privées d’un soutien financier et les communautés qui dépendent de ces lieux pour satisfaire leurs besoins.

Selon l’article, l’attaque s’est produite dans une zone contrôlée par les Forces de soutien rapide, ce qui soulève des questions sur la cible visée et les circonstances de la frappe. Des acteurs liés aux FSR et le collectif Emergency Lawyers, ou « Avocats de l’urgence », ont accusé l’armée. L’établissement définitif des responsabilités exige toutefois une enquête fiable sur les preuves disponibles, notamment la nature de la cible, la trajectoire du drone, son opérateur et les précautions prises pour protéger les civils.

Le principe fondamental du droit international humanitaire reste clair : les civils doivent être distingués des combattants, et les biens civils des objectifs militaires. Les précautions pratiquement possibles doivent également être prises pour limiter les dommages aux civils. La présence d’un objectif militaire dans une zone n’autorise ni les attaques contre les civils ni celles qui méconnaissent les exigences de proportionnalité et de précaution.

Des attaques à Khartoum, Nyala et au Nil Bleu

Les attaques ne se sont pas limitées au Kordofan-Occidental. L’article indique qu’une frappe de drone à Khartoum a tué trois enfants, selon le collectif Avocats de l’urgence, qui surveille les violations commises contre les civils. Une autre frappe a touché Nyala, capitale du Darfour du Sud, contrôlée par les FSR. Des sources médicales et des sources au sein de ces forces ont fait état de 17 morts, dont sept officiers des FSR, et de 23 blessés.

Dans l’État du Nil Bleu, à la frontière éthiopienne, le collectif a indiqué qu’une attaque de drone avait visé un rassemblement de personnes déplacées le vendredi précédant la publication de l’article, faisant 41 morts. Ces incidents font craindre une extension du danger aux personnes ayant déjà fui les combats à la recherche d’un refuge.

Ces faits montrent que les drones sont utilisés dans des régions aux situations militaires et humanitaires différentes. Cette dispersion complique l’identification, par les organisations humanitaires, de zones sûres où travailler durablement. Elle alourdit également la pression sur les réseaux de secours et les hôpitaux, susceptibles de recevoir simultanément de nombreux blessés.

À Khartoum, les attaques contre des quartiers résidentiels ou des sites proches d’infrastructures peuvent perturber les déplacements et les services, même lorsque leur portée géographique est limitée. À Nyala, les risques sécuritaires s’ajoutent à la dégradation des services provoquée par une guerre prolongée. Au Nil Bleu, une attaque contre un rassemblement de déplacés suscite des inquiétudes particulières en raison de la vulnérabilité de ces personnes et de leur dépendance à l’aide ou aux rares ressources locales.

Il convient de distinguer les premiers bilans rapportés des faits pouvant être établis après enquête. Dans les zones de guerre, les estimations peuvent varier, la récupération des corps ou l’évacuation des blessés peut prendre du temps, et l’accès des journalistes et des organisations aux lieux des attaques reste difficile. Les chiffres annoncés dans les premiers jours doivent donc être attribués à leurs sources et actualisés lorsque de nouvelles informations fiables deviennent disponibles.

Les barrages et les installations électriques dans le viseur

Dans l’est du Soudan, une source militaire a déclaré que la défense antiaérienne avait intercepté plusieurs drones des FSR visant les barrages de l’Atbara et du Setit, dans l’État de Gedaref, à environ 420 kilomètres à l’est de Khartoum. Les FSR n’avaient pas réagi dans l’immédiat au moment de la publication de l’article.

Les barrages et les installations énergétiques présentent une importance stratégique en raison de leur rôle dans l’approvisionnement en électricité et en eau, ainsi que dans de nombreuses activités économiques et de service. L’interruption d’une centrale électrique peut affecter les établissements de santé, le pompage de l’eau et les communications. Des dommages aux infrastructures hydrauliques peuvent avoir des conséquences plus larges pour la population, l’agriculture et l’environnement.

Le signalement d’une attaque contre une installation ne signifie pas que celle-ci a effectivement subi des dommages ou que l’opération a atteint son objectif. Dans le cas des deux barrages, la source militaire a fait état d’interceptions, et l’article n’a mentionné aucun dégât confirmé. Une tentative contre des infrastructures vitales révèle néanmoins l’ampleur des risques associés à l’extension de la guerre aérienne.

Dans un autre incident, Al Jazeera a rapporté des accusations selon lesquelles une attaque de drone avait visé un poste de transformation électrique à Tendelti, dans l’État du Nord-Kordofan, provoquant des coupures de courant dans plusieurs villes de l’État et des zones voisines. Ces événements montrent que les conséquences humanitaires de la guerre ne résultent pas uniquement des frappes directes contre les habitations et les marchés : elles peuvent également découler de l’interruption des services indispensables au quotidien.

Lorsque l’électricité est coupée, les pompes à eau peuvent s’arrêter, les hôpitaux peuvent être affectés et la conservation des médicaments et des aliments peut devenir plus difficile. Si la coupure se prolonge, l’activité commerciale et les communications peuvent être perturbées, réduisant la capacité des habitants à identifier des itinéraires sûrs ou à accéder à l’aide.

Sur le plan juridique, les installations assurant des services essentiels aux civils bénéficient d’une protection importante. Toute opération les visant reste soumise aux règles de distinction, de proportionnalité et de précaution, avec une évaluation nécessaire de la nature de la cible et des conséquences prévisibles pour les civils. Une infrastructure énergétique ou de transport ne peut être présumée constituer un objectif militaire légitime du seul fait de son importance économique ou de sa localisation dans une zone disputée.

Pourquoi les drones sont-ils devenus un outil central de la guerre ?

Le recours croissant aux drones éclaire une partie de la guerre soudanaise dans sa phase actuelle. Les distances entre les zones de contrôle, les difficultés de déplacement terrestre et la multiplicité des voies d’approvisionnement font des attaques aériennes un moyen de frapper des positions éloignées, de surveiller l’adversaire ou de perturber sa logistique.

Pour les Forces armées soudanaises, les drones peuvent permettre de viser des positions ou des lignes d’approvisionnement des FSR dans des zones difficiles d’accès par voie terrestre. Les FSR les utilisent également contre des sites militaires, des infrastructures et des zones contrôlées par l’armée. La nature et les objectifs de chaque opération varient toutefois : toutes les frappes ne peuvent être considérées comme équivalentes quant à leurs cibles, leurs effets ou leurs responsabilités.

La prolifération des drones complique les vérifications sur le terrain. Certains systèmes sont télépilotés, d’autres peuvent suivre des trajectoires programmées, et leurs capacités diffèrent en matière de portée, de charge utile et de précision. L’identification de l’auteur d’une attaque peut être difficile lorsque les premières informations sont limitées, que personne ne revendique l’opération ou que les parties s’accusent mutuellement.

Dans un autre article publié le 22 octobre, Al Jazeera a examiné l’évolution croissante du conflit vers une guerre de drones. Le média a évoqué l’utilisation de plusieurs modèles par les deux camps, en s’appuyant sur une analyse d’un centre de recherche spécialisé dans le suivi des conflits.

Cette évolution accroît la capacité de la guerre à atteindre des sites éloignés, sans signifier que la supériorité technologique suffit à en déterminer l’issue. Les drones nécessitent du renseignement, de la maintenance, des communications et des approvisionnements. Ils peuvent également être brouillés ou interceptés. Les résultats dépendent d’autres facteurs, notamment la capacité des forces à exploiter les frappes, protéger leurs positions, maintenir leurs voies d’approvisionnement et contrôler le terrain.

Pour les civils, l’allongement de la portée des attaques peut rendre l’éloignement du front moins révélateur du niveau de sécurité. Un marché, un point de transport ou une installation de service peut être frappé dans une zone relativement distante des combats terrestres. Les acteurs humanitaires doivent donc réévaluer continuellement les risques, plutôt que supposer que certaines villes ou zones arrière resteront à l’abri.

Les civils paient le plus lourd tribut

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a condamné la poursuite des attaques meurtrières de drones à travers le Soudan, évoquant des civils tués, dont des enfants, et la perturbation des services essentiels. Il a rappelé que les civils et les biens civils, notamment les établissements médicaux et leur personnel, devaient être protégés conformément au droit international humanitaire.

Cette condamnation intervient alors que le Soudan traverse une grave crise humanitaire, marquée par des millions de déplacés et des besoins alimentaires et sanitaires croissants. Une attaque tuant des civils ne provoque pas seulement des pertes humaines : elle peut priver des familles de leur soutien financier, augmenter les besoins d’hébergement et d’assistance et exercer une pression supplémentaire sur les communautés d’accueil.

Les familles endeuillées subissent des conséquences durables. La personne tuée pouvait assurer les revenus, s’occuper des enfants ou accompagner les proches vers les services de santé. Les survivants peuvent être contraints de fuir à nouveau, notamment si leur logement est endommagé ou si leurs moyens de subsistance disparaissent. Dans les régions déjà confrontées au manque de nourriture, la perte d’une seule personne peut aggraver la situation de toute une famille.

Les attaques contre des établissements médicaux ou leurs environs peuvent aussi compromettre le sauvetage des blessés. Un hôpital touché peut perdre des équipements, du personnel ou des fournitures, et devoir interrompre certains services. Si cela coïncide avec l’arrivée massive de blessés, les possibilités d’une prise en charge rapide diminuent.

Les travailleurs humanitaires sont eux aussi exposés à des risques considérables. Un rapport des Nations unies publié le 19 octobre a mentionné la mort de volontaires du Croissant-Rouge soudanais dans l’exercice de leurs fonctions depuis le début de la guerre, notamment d’un volontaire qui prodiguait les premiers secours après une attaque contre un établissement de santé dans l’État du Nil Bleu.

Ces attaques menacent directement l’action humanitaire, les intervenants locaux étant souvent les premiers à atteindre les blessés et à leur apporter les premiers soins. Lorsque l’accès aux lieux des frappes devient dangereux pour les secouristes et les volontaires, la capacité de réaction des communautés diminue et le risque de décès évitables augmente.

La responsabilité des parties et les enquêtes sur les attaques

Les Forces armées soudanaises et les FSR s’accusent mutuellement de viser les civils et les infrastructures. Les parties affirment généralement que leurs opérations frappent des sites militaires ou logistiques adverses, tandis que des organisations de défense des droits humains et des témoins les accusent d’attaquer des rassemblements civils ou de mener des opérations ne respectant pas la protection des populations.

Ces déclarations doivent être traitées comme des affirmations à vérifier, et non comme des faits définitifs du seul fait qu’elles émanent d’un belligérant. Une enquête indépendante peut aider à déterminer le type d’arme, la trajectoire de l’attaque, la nature du site touché, le nombre de victimes, l’auteur de l’opération et l’existence éventuelle de violations du droit international humanitaire.

La vérification comprend le recueil des témoignages de survivants et de témoins, l’examen des photographies et des vidéos, l’analyse des traces de munitions et la comparaison d’informations provenant de sources indépendantes. L’accès aux lieux peut toutefois être dangereux, voire impossible. Il faut donc préciser les limites des informations disponibles et éviter toute certitude non étayée.

Les enquêtes doivent être rapides et transparentes et conduire à la mise en cause des responsables si des crimes sont établis. La persistance de l’impunité peut favoriser de nouvelles violations. L’établissement des responsabilités peut, au contraire, contribuer à dissuader les attaques illégales et à restaurer une partie de la confiance des communautés touchées.

La protection des civils n’incombe pas à une seule partie. Tous les acteurs du conflit doivent respecter le droit international humanitaire, notamment la distinction entre civils et combattants, l’interdiction des attaques indiscriminées et les précautions nécessaires pour réduire les dommages prévisibles aux civils. Ceux-ci ne peuvent être visés parce qu’ils se trouvent dans une zone contrôlée par une force particulière.

Comment réduire les pertes ?

Réduire les pertes humaines exige d’abord de mettre fin aux attaques contre les civils et les biens civils et de respecter les obligations protégeant la population et les infrastructures vitales. Cela nécessite également des passages sûrs permettant l’évacuation des blessés et l’acheminement de nourriture, de médicaments et d’eau vers les zones touchées.

Les hôpitaux et les centres de santé ont besoin de fournitures pour traiter les blessures, notamment de matériel chirurgical, d’équipements de premiers secours, de médicaments et de carburant. Il faut aussi soutenir les équipes locales d’urgence, fournir des moyens de transport pour les patients et veiller à ce que les installations médicales ne soient ni prises pour cible ni utilisées d’une manière qui les mette en danger.

Dans les régions régulièrement attaquées, les organisations humanitaires peuvent améliorer les systèmes d’alerte et l’information sur les risques, tout en évitant de diffuser des renseignements susceptibles d’exposer les civils. Toute évacuation doit être volontaire et sûre, et tenir compte des besoins des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées et des malades.

Sur le plan politique, les appels à une trêve humanitaire ne peuvent produire de résultats concrets sans arrangements clairs prévoyant l’arrêt des attaques, l’accès à l’aide, le contrôle du respect des engagements et des mécanismes de traitement des violations. Un cessez-le-feu constitue une étape essentielle pour réduire les risques, mais il exige un suivi et des accords applicables pour ne pas rester une annonce temporaire.

La réduction des transferts d’armes utilisés dans des violations du droit international humanitaire constitue également une dimension importante des efforts internationaux. Selon le rapport onusien publié le 19 octobre, une responsable des Nations unies a appelé les acteurs extérieurs à cesser d’alimenter le conflit, à réduire l’utilisation des drones et à favoriser le retour des belligérants à la table des négociations.

La guerre des drones amplifie la tragédie soudanaise

L’intensification des attaques de drones en octobre 2026 révèle une phase plus complexe de la guerre au Soudan, où les opérations militaires à longue portée se conjuguent aux crises humanitaires accumulées. Les attaques évoquées par Al Jazeera le 19 octobre ont fait de nombreux morts et blessés au Kordofan-Occidental, à Nyala, au Nil Bleu et à Khartoum, tandis que d’autres informations ont fait état de tentatives contre des installations vitales dans l’est du pays.

Ces évolutions confirment que les civils sont exposés à des dangers croissants, même loin des lignes de front. Les marchés, les points de transport, les sites de déplacement et les établissements de santé peuvent être frappés, aggravant les déplacements et affaiblissant l’accès à la nourriture, aux soins, à l’eau et aux services essentiels.

L’identification des responsables de chaque attaque et l’évaluation de sa conformité au droit international humanitaire exigent toutefois des enquêtes rigoureuses et des informations fiables. Les accusations doivent donc être attribuées à leurs sources, les premiers bilans traités avec prudence et les organismes indépendants autorisés à documenter les faits.

La priorité humanitaire demeure la protection des civils, l’accès à l’aide, les soins aux blessés et la prévention des attaques contre les installations essentielles. Mettre durablement fin au danger nécessite l’arrêt des combats et un règlement politique traitant les racines du conflit et plaçant la protection de la population au cœur de tout accord.

Les drones peuvent modifier la manière de faire la guerre, mais ils ne changent pas le fait que les civils en supportent une grande partie du coût. Plus les attaques s’étendent sans responsabilité établie ni protection effective, plus la catastrophe humanitaire devient difficile à contenir et plus les perspectives de retour à une vie normale s’éloignent pour les communautés soudanaises épuisées.

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