Le Conseil de transition du Sud se rapproche de la proclamation de l’État du Sud arabe
Un débat s’intensifie autour de la forme actuelle de l’unité, à la lumière des défis sécuritaires, du contrôle de la capitale par les Houthis et de la poursuite des attaques d’Al-Qaïda.
Le Conseil de transition du Sud au Yémen a rejeté de nouveaux appels au retrait de ses forces des gouvernorats de Hadramout et d’Al-Mahra, à l’est du pays, et a annoncé samedi soir qu’il se rapproche de “la proclamation de l’État” dans le Sud, alors que les forces du Sud continuent de repousser des attaques houthis et des tentatives d’infiltration.
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Ali Al-Kathiri, président de l’Assemblée nationale du Conseil, a déclaré lors d’une rencontre avec des notables et dignitaires du district de Rokhya, dans la ville de Sayoun (Hadramout), que “le Sud se rapproche d’un moment décisif consistant à proclamer l’État, et que cet espoir est presque réalisé”, selon le site officiel du Conseil.
Selon les partisans de la sécession et une partie des habitants du Sud, la forme actuelle de l’unité n’est plus viable face aux défis sécuritaires, au contrôle de la capitale par les Houthis et à la poursuite des attaques d’Al-Qaïda. Ils estiment qu’il existe des problèmes politiques, militaires et économiques difficiles à résoudre dans la situation actuelle, en l’absence de capacité du gouvernement légitime à contrôler les centres de décision du pays.
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Lundi dernier, des ministres et responsables du gouvernement ont annoncé leur soutien aux appels du Conseil pour la séparation du Sud du Yémen de son Nord, et ont exprimé leur appui à la proclamation de “l’État du Sud arabe”.
Parmi eux figurent le ministre de la Fonction publique et des Assurances Abd Al-Nasser Al-Wali, le ministre des Affaires sociales et du Travail Mohammed Saïd Al-Zauri, ainsi que le ministre de l’Agriculture et des Ressources halieutiques Salem Al-Saqqatri, en plus du vice-ministre de l’Information Salah Al-Aqel.
Ces déclarations ont été diffusées sous forme de communiqués écrits et de vidéos publiées par des médias affiliés au Conseil de transition et sur des comptes de réseaux sociaux.
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Le Conseil de transition affirme que les gouvernements successifs ont marginalisé les régions du Sud sur les plans politique et économique, et appelle à leur séparation du Nord. Il souligne que les opérations militaires majeures menées par ses forces ont constitué des tournants importants dans la lutte contre le terrorisme, notamment la libération de la ville de Mukalla de l’emprise d’Al-Qaïda en 2016, avec le soutien de la coalition arabe.
Le 22 mai 1990, la République arabe du Yémen (Nord) et la République
démocratique populaire du Yémen (Sud) se sont unifiées pour former la République du Yémen. Al-Kathiri a insisté sur “l’importance d’unir les rangs et de dépasser les différends, en particulier dans les districts de Wadi Hadramout”.
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Il a appelé à “protéger le front intérieur contre toute anarchie ou division afin de préserver les acquis”, en référence au refus de se retirer d’Hadramout.
Il a évoqué ce qu’il considère comme “des succès récents en matière de renforcement de la sécurité intérieure, d’interdiction du port d’armes et des tirs, et de participation des citoyens à la protection de leurs zones”.
Les forces du Sud ont annoncé, sur le front de Hamalah au nord-ouest de Kirsh, avoir déjoué samedi soir une tentative d’infiltration menée par des éléments houthis vers les lignes de front.
Un communiqué militaire a rapporté les propos d’une source du 13e brigade “Saïqa”, indiquant que les unités déployées sur le front ont directement affronté les infiltrés, les forçant à battre en retraite.
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La source a précisé que les affrontements ont infligé des pertes humaines parmi les Houthis entre morts et blessés, affirmant que la tentative a totalement échoué grâce à la préparation et à la vigilance des forces du secteur.
Dans le même contexte, l’artillerie des forces armées du Sud a mené des frappes ciblées contre des positions houthies, en réponse à leurs attaques répétées contre des villages habités.
La source militaire a confirmé que les forces armées se trouvent au plus haut niveau de préparation et que toute future tentative hostile sera confrontée avec fermeté.
Depuis début décembre, les forces du Conseil contrôlent Hadramout et Al-Mahra, qui représentent près de la moitié de la superficie du Yémen (environ 555 000 km²).
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Al-Kathiri a évoqué les appels yéménites et régionaux demandant le retrait des forces du Conseil, affirmant que “le Conseil de transition n’a agressé personne ni à l’intérieur ni à l’extérieur, et que le peuple du Sud défend sa terre libérée”. Il a ajouté que “les tentatives de diaboliser le Conseil ne trompent plus personne”.
Il a réaffirmé l’importance de “maintenir de bonnes relations avec les pays de la coalition arabe, notamment l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis”.
Dans le même temps, il a rejeté “toute tentative de briser la volonté du peuple du Sud par des parties incapables de libérer leurs propres régions”.
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Vendredi soir, Hadramout a connu une nouvelle escalade militaire ayant fait des morts et des blessés lors d’affrontements entre les forces du Conseil et la “Coalition des tribus de Hadramout”, qui réclame une autonomie provinciale.
Par la suite, le président du Conseil de leadership présidentiel, Rashad Al-Alimi, a demandé à la coalition arabe de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et soutenir l’armée afin d’imposer l’apaisement.
Il a renouvelé sa demande de retrait immédiat des forces du Conseil de transition de Hadramout et d’Al-Mahra, afin de remettre les zones aux forces “Bouclier de la Patrie”, créées en 2023.
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Le porte-parole de la coalition, Turki Al-Maliki, a déclaré que toute mobilisation militaire contraire aux efforts de désescalade sera traitée immédiatement afin de protéger les civils.
Le ministre saoudien de la Défense Khalid Ben Salmane a également appelé le Conseil à se retirer des deux gouvernorats.
De son côté, le Conseil de transition a réaffirmé son engagement au partenariat avec la coalition arabe pour faire face aux menaces communes, soulignant que le déploiement des forces du Sud vise à contrer les menaces sécuritaires et à couper les lignes d’approvisionnement des Houthis, tout en affirmant son ouverture à toute coordination garantissant la sécurité et l’unité du Sud.
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