Grand Maghreb

Huit ans depuis l’assassinat de « Belaid »…Un souvenir assiégeant la Fraternité tunisienne


Dans un contexte troublé similaire à celui qui a été assassiné il y a 8 ans, la Tunisie relance, samedi, l’anniversaire de l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaid.

Une crise politique, des menaces terroristes, et des tensions sociales…un triple qui régit la scène tunisienne et dessine des coordonnées confuses qui ramènent dans la mémoire des Tunisiens la scène d’avant le 6 février 2013, jour qui a marqué un tournant dans la contemporaine histoire du pays.

Ce jour-là, Chokri Belaid sautait les escaliers de l’immeuble vers sa voiture garée dans sa cour dans l’une des banlieues de la capitale, derrière le volant, le chauffeur l’attendait, et dès qu’il ouvrit la portière et s’assit sur le siège voisin, les balles qu’il reçut ne lui laissèrent même pas le temps de saluer l’homme noyé sous le choc de l’horreur de ce qu’il vit.

Le souvenir effraie la Fraternité

Chokri Belaid, un leader de gauche qui n’a pas hésité à critiquer la Fraternité, exposant leur agenda et leur schizophrénie, est devenu un symbole qui terrifie l’organisation vivante et morte.

L’Union générale tunisienne du travail, le plus grand centre du travail de Tunisie, et 66 autres organisations locales ont l’intention, aujourd’hui, samedi, d’organiser un rassemblement de masse rue Habib Bourguiba pour condamner l’assassinat de Belaid, et pour réclamer la divulgation de qui était derrière l’opération qui a eu lieu à l’époque de la Fraternité.

Selon les déclarations des dirigeants de gauche d’Al-Ain Al-Akhbariya, la marche révélera  également la logique de la violence, des discours de haine et des restrictions aux libertés en Tunisie par le mouvement des Frères «Ennahdha» depuis 2012.

Le Parti démocratique uni Connu sous l’acronyme « Al-Watad », le parti que Belaid dirigeait jusqu’à son assassinat, il a publié une déclaration lue par Al-Ain Al-Akhbaria, dans laquelle il a renouvelé sa demande de révéler la vérité sur l’assassinat de son chef, et d’autres assassinats politiques comme le nationaliste Muhammad Al-Brahmi (assassiné le 25 juillet 2013), et les opérations terroriste qui ont visé les établissements militaires et de sécurité.

Dans sa déclaration, le parti a condamné les « efforts frénétiques du mouvement Ennahda pour bloquer les portes de la vérité et perturber son chemin en matière de découverte des cas de terrorisme » dont la Tunisie est témoin depuis 2011, à la lumière du report de la justice tunisienne, vendredi dernier, pour entendre le cas de l’assassinat de Belaid jusqu’au 29 mai prochain.

Pour sa part, Zuhair Hamdi, secrétaire général du Mouvement populaire, aux vues nationalistes, a déclaré à Al-Ain Al-Akhbariya: « Le régime responsable de l’assassinat du martyr fait face aujourd’hui à un nouveau soulèvement des groupes populaires et de la jeunesse en Tunisie. », se référant à la Fraternité.

Hamdi a tenu le Mouvement des Frères musulmans, responsable de la corruption et de l’effondrement des systèmes politiques, économiques, sociaux, culturels et de sécurité du pays, et des efforts pour cacher la vérité sur le meurtre, appelant toutes les forces vives en Tunisie à affronter les règles injustes et corrompues des frères .

Appareil secret

Une fois de plus, la question des services secrets est soulevée elle-même en Tunisie à l’occasion du huitième anniversaire de l’assassinat de Belaid, et c’est un organe qui travaille en parallèle avec les institutions étatiques pour servir les agendas de la Fraternité, ou il sert d’aile militaire et supervise le processus de liquidation des opposants politiques à l’organisation, l’organisation des assassinats et la coordination avec les groupes terroristes dans les montagnes.

L’organisation secrète de la Fraternité est tombée dans le piège du comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi (qui comprend plus de 100 avocats), où des contacts secrets ont été révélés entre le chef de la Fraternité Rashid Ghannouchi et l’auteur de l’assassinat de Belaid, Kamal al-Qadqadi, quelques jours avant que le chef de gauche ne soit pris pour cible.

L’avocat Bashir Al-Maslamani note qu’Abdulaziz Al-Daghasni, le gendre de Ghannouchi, supervisait la coordination entre la confrérie tunisienne et égyptienne pendant cette période, selon des documents officiels déposés auprès de la justice tunisienne depuis 2018.

Al-Maslamani a souligné, à Al-Ain Al-Akhbariya, que la Fraternité est directement responsable de l’assassinat de Belaid, parce que sa voix était forte contre l’obscurantisme politique.

Des sources de sécurité, qui ont refusé de révéler son identité, ont également confirmé à Al-Ain Al-Akhbar que les frères tunisiens possèdent des appareils d’écoute de haute qualité, qui sont des équipements sous forme de sacs capables de prendre 4000 appels en même temps, et sont généralement transportés dans des voitures fermées.

Elle a souligné que Mustafa Khather, qui est observé comme la boîte noire de l’organisation clandestine, disposait de documents contenant des listes détaillées de milliers de déviants (anciens propriétaires) dans les gouvernorats de la capitale Tunis, y compris leurs identités et numéros de téléphone, ce qui confirme l’existence de recrutement généralisé pour l’organisation depuis 2011.

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