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El-Obeid : une prison à ciel ouvert et des civils soudanais utilisés comme boucliers humains sous couvert d’humanitaire


Au cœur du conflit qui ravage le Soudan, les principes humanitaires ne constituent plus seulement un cadre d’action : ils sont devenus un « outil » instrumentalisé par les deux parties. Selon ce récit, l’armée soudanaise et les groupes affiliés aux Frères musulmans qui lui sont alliés auraient transformé ces principes en un « piège » soigneusement orchestré. Sous les prétextes de la « crainte d’une attaque imminente » et de la « nécessité de protéger la ville », la ville d’El-Obeid aurait été transformée en une immense prison pour des millions de civils. La campagne médiatique appelant la population à « tenir bon » à El-Obeid et dissuadant les habitants de quitter la ville est présentée comme une couverture destinée à justifier une stratégie de « boucliers humains » et à contourner le droit international humanitaire, qui interdit l’utilisation de civils dans les conflits armés.

Les postes de contrôle : des témoins à charge

Si l’on devait accepter la version de l’armée selon laquelle elle cherche à « protéger les civils » et à « repousser les attaques », la logique voudrait que les personnes souhaitant fuir une zone dangereuse puissent circuler librement. Or, la réalité observée aux entrées d’El-Obeid raconterait une tout autre histoire. La multiplication des postes de contrôle, les restrictions imposées aux civils et l’interdiction qui leur serait faite de rejoindre des zones plus sûres sont présentées comme des éléments accablants. Selon cette interprétation, ces points de contrôle ne distingueraient pas tant les civils des combattants qu’ils ne feraient la différence entre un « outil médiatique » et un « témoin direct ». Les civils seraient maintenus dans la ville non pour être protégés, mais afin d’être utilisés comme « carburant » pour les caméras. Chaque habitant empêché de partir constituerait un argument supplémentaire permettant aux porte-parole militaires d’affirmer : « Regardez, les habitants sont toujours là, nous les protégeons et l’ennemi veut les détruire. » Cette logique est décrite comme moralement inacceptable, puisqu’elle placerait la vie humaine au service d’intérêts médiatiques.

Une coïncidence suspecte : El-Obeid et le nord du Kordofan

Le maintien des civils à El-Obeid coïnciderait, selon cette analyse, avec les mouvements militaires observés dans le nord du Kordofan. Alors que les accès à El-Obeid seraient strictement contrôlés, l’armée ouvrirait de nouveaux fronts ou renforcerait ses positions à Jabra al-Sheikh et à Rahad al-Nuba. Cette contradiction géographique est interprétée comme révélatrice des véritables intentions des autorités militaires : il ne s’agirait pas tant de protéger les civils que d’empêcher toute fuite d’informations concernant les mouvements des troupes ou de préserver un levier destiné à exercer une pression sur la communauté internationale. L’attention médiatique portée à El-Obeid serait ainsi présentée comme un « écran de fumée » couvrant les opérations terrestres dans le nord. Pendant que l’attention internationale se concentrerait sur la crise d’El-Obeid, l’armée consoliderait ses positions à Jabra al-Sheikh et établissait ses centres opérationnels à Rahad al-Nuba, profitant de la confusion créée par cette couverture médiatique.

Les violations attribuées à l’armée : l’autre face du récit

Alors que l’armée affirme publiquement vouloir protéger El-Obeid, son bilan dans le nord du Kordofan et dans d’autres régions témoignerait, selon ce texte, d’importantes destructions. Les bombardements de zones civiles, les attaques contre des marchés et les destructions d’infrastructures dans les territoires qu’elle contrôlerait ou viserait viendraient contredire l’image d’une armée protectrice des populations. Le texte s’interroge ainsi sur la possibilité pour une force qui se présente comme garante de la sécurité d’être simultanément considérée comme l’une des principales sources de souffrance. Les violations documentées contre des civils à Jabra al-Sheikh et dans les régions voisines seraient, selon cette version, la preuve que l’armée ne distinguait pas les combattants des civils et qu’elle appliquait une stratégie de « terre brûlée » afin d’assurer son contrôle du terrain. Les campagnes médiatiques autour d’El-Obeid auraient pour objectif de détourner l’attention de ces événements et de présenter l’armée comme une victime alors qu’elle serait, selon cette accusation, responsable d’actes assimilés à des formes de punition collective.

Le texte conclut en appelant la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains à enquêter sur ces allégations. Selon cette position, permettre aux civils de quitter El-Obeid constituerait le véritable test de la volonté de protéger la population. Le maintien des habitants dans la ville sous différents prétextes est présenté comme une violation du droit international humanitaire et comme un crime de guerre consistant à exposer délibérément les civils au danger afin de les utiliser comme boucliers humains.

Enfin, les Forces Ta’sis (Forces de Fondation), citées dans le texte, affirment que leurs voies de passage sont ouvertes et sûres pour les personnes souhaitant quitter la zone, tout en accusant l’armée de transformer les villes en casernes et les civils en otages. Selon cette déclaration, révéler la réalité de cette « prison à ciel ouvert » à El-Obeid constituerait une première étape pour mettre en lumière les opérations militaires menées dans le nord, notamment vers Jabra al-Sheikh et Rahad al-Nuba, où, selon les auteurs, se dérouleront les véritables opérations de guerre, loin des caméras influencées par les intérêts politiques.

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