Menace de guerre majeure : Washington avertit le Liban d’un risque de destruction, le Hezbollah renforce sa préparation
Les autorités libanaises ont reçu de nouveaux avertissements diplomatiques américains concernant les conséquences d’une éventuelle participation du Hezbollah à une nouvelle guerre en soutien à l’Iran. Ces messages interviennent alors que des informations font état de plans militaires israéliens prévoyant l’occupation de grandes villes du sud du Liban, une progression au nord du fleuve Awali, un blocus de l’aéroport et des ports, ainsi que des destructions massives dans la banlieue sud de Beyrouth.
Des sources politiques libanaises ont indiqué, citant des diplomates, que ces avertissements avaient été transmis par des canaux officiels et informels. Ils comprenaient des échanges américains avec les trois principaux responsables de l’État — Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam — ainsi qu’avec les commissions de coordination et les canaux diplomatiques chargés du dossier libanais.
Selon ces sources, Washington a également averti ses alliés dans la région qu’ils devaient se préparer à une possible reprise des opérations militaires contre l’Iran et aux répercussions régionales d’une nouvelle confrontation, notamment à une éventuelle intervention des alliés armés de Téhéran.
Les messages adressés à Beyrouth évoquaient des conséquences destructrices sans précédent si le Hezbollah décidait de participer à la guerre. Ils ne comportaient toutefois aucune confirmation officielle selon laquelle le président américain Donald Trump aurait donné son accord définitif à Israël pour une opération d’occupation de grande ampleur.
Des plans prévoyant l’occupation de trois villes
Selon les sources, l’armée israélienne a élaboré des plans opérationnels envisageant la prise de contrôle de Tyr, de Saïda et de Nabatiyé, ainsi qu’une extension des opérations terrestres au nord du fleuve Awali. Ces scénarios s’appliqueraient si le Hezbollah attaquait Israël en réponse à de nouvelles frappes américaines ou israéliennes contre l’Iran.
Les sources précisent qu’il s’agit de scénarios militaires conditionnels, et non d’ordres définitifs d’exécution. Leur activation dépendrait de la nature de l’intervention du Hezbollah et de l’ampleur de ses opérations.
Les options envisagées comprennent un blocus maritime des ports de Beyrouth et de Tripoli et la perturbation du trafic à l’aéroport international Rafic-Hariri, parallèlement à l’intensification des frappes contre les positions du Hezbollah et ses zones de déploiement.
Les menaces israéliennes évoqueraient également des destructions massives dans la banlieue sud de Beyrouth, pouvant aller, selon les avertissements relayés, jusqu’à la dévastation complète de quartiers et de secteurs entiers.
Un rôle accru pour la marine israélienne
Les informations disponibles indiquent que les plans israéliens tiennent compte d’une possible mobilisation de l’armée de l’air pour des opérations intensives contre des cibles en Iran. Cette éventualité imposerait une répartition des missions entre les deux fronts.
Les scénarios prévoient donc de confier des tâches plus importantes à la marine israélienne, notamment le blocus du littoral libanais et des frappes contre des cibles en profondeur, en parallèle des opérations terrestres et aériennes.
Ces dispositions répondent à l’hypothèse d’un conflit sur plusieurs fronts. Elles ne constituent pas une décision israélienne annoncée de lancer les opérations.
Selon les mêmes informations, des attaques contre les installations énergétiques et les infrastructures iraniennes figurent parmi les éventualités susceptibles de pousser le Hezbollah à intervenir, ce à quoi Israël se prépare militairement.
Des échanges avec les trois principaux responsables de l’État
Les sources indiquent que les contacts américains avec les responsables libanais ont porté sur la nécessité d’éviter toute participation du Hezbollah à une nouvelle confrontation. Washington a averti que la riposte israélienne ne se limiterait ni aux positions militaires ni aux zones frontalières.
Les échanges ont concerné le président Joseph Aoun, le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, dans le cadre des démarches diplomatiques visant à empêcher une éventuelle confrontation américano-iranienne de s’étendre au territoire libanais.
Les sources soulignent que ces avertissements relèvent de la dissuasion et d’une forte pression politique. Ils ne signifient pas nécessairement que Washington a préalablement approuvé toutes les options militaires élaborées par Israël.
Les informations disponibles ne font état ni d’engagements précis pris par les autorités libanaises auprès des États-Unis, ni de garanties obtenues par Beyrouth permettant d’empêcher la participation du Hezbollah au conflit.
Le Hezbollah juge une guerre généralisée peu probable, mais poursuit ses préparatifs
Les sources affirment, de leur côté, que les responsables politiques libanais ont informé la direction du Hezbollah des avertissements diplomatiques et des scénarios militaires évoqués.
Selon ces informations, le mouvement continue de juger peu probable le déclenchement d’une guerre américaine généralisée contre l’Iran. Il considère que l’escalade américaine et israélienne vise principalement à obtenir des concessions iraniennes sur le dossier nucléaire.
Cette appréciation politique ne s’est toutefois pas traduite par une réduction de ses préparatifs militaires. Le Hezbollah continue de renforcer sa préparation défensive et ses capacités de missiles en prévision d’une nouvelle confrontation.
Ses préparatifs prendraient notamment en compte d’éventuelles incursions terrestres israéliennes au-delà des lignes actuelles de déploiement, alors que les menaces évoquent une extension des opérations vers les villes du sud.
Les éléments disponibles ne confirment pas que la direction du mouvement ait promis aux responsables libanais de rester à l’écart d’une nouvelle guerre. Ils ne font pas davantage apparaître une décision définitive d’intervenir en cas d’attaque contre l’Iran.
Les échanges diplomatiques se poursuivent donc pour prévenir l’escalade, tandis qu’Israël conserve un large éventail d’options militaires et que le Hezbollah maintient ses préparatifs, sans arrêter publiquement sa position sur une éventuelle nouvelle guerre de soutien à l’Iran.
Une nouvelle équation de dissuasion
Le chercheur et auteur politique Mazen Bilal interprète ces avertissements américains et israéliens comme une tentative d’imposer au Hezbollah une nouvelle équation de dissuasion : toute intervention militaire en défense de l’Iran entraînerait une extension de la guerre à un niveau difficilement supportable pour le Liban.
Bilal estime que la menace d’occuper des villes du sud et de bloquer les ports et l’aéroport ne vise pas uniquement les capacités militaires du Hezbollah. Elle exerce aussi une pression directe sur l’État libanais pour empêcher l’ouverture du front.
Ces menaces ne signifient toutefois pas nécessairement qu’une décision définitive d’exécution a été prise, précise-t-il. Occuper des villes et administrer de vastes territoires exige d’importants moyens militaires et politiques. À l’inverse, le fait que le Hezbollah écarte l’hypothèse d’une guerre généralisée contre l’Iran pourrait devenir une erreur d’appréciation extrêmement dangereuse s’il interprète mal les intentions américaines.
Selon Bilal, le problème tient au fait que la décision d’intervenir en soutien à l’Iran pourrait dépendre de calculs régionaux dépassant le Liban, tandis que l’État et la société libanaise subiraient directement les conséquences militaires, économiques et humanitaires de toute nouvelle confrontation.
