Un commentateur américain affirme que Trump pourrait lancer une frappe nucléaire contre l’Iran dans les prochains jours
Selon le commentateur conservateur Tucker Carlson, la frappe envisagée, soutenue par Netanyahu, viserait des installations d’enrichissement d’uranium à « Pickaxe Mountain », dans le centre de l’Iran.
Le commentateur conservateur américain Tucker Carlson a averti lundi que le président Donald Trump pourrait ordonner une frappe nucléaire contre l’Iran sous la pression du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, malgré les informations faisant état d’une médiation qatarie.
Dans une publication sur X, Carlson a affirmé que la cible potentielle serait « Pickaxe Mountain », littéralement « la montagne de la pioche », dans la province d’Ispahan, au centre de l’Iran, « où les services de renseignement israéliens affirment que le gouvernement iranien a réactivé son programme d’enrichissement d’uranium ».
Trump avait déclaré en février dernier avoir détruit le programme nucléaire iranien. Samedi, il a néanmoins menacé de mener une nouvelle attaque contre l’Iran pour détruire un ou deux sites. Téhéran a promis, en réponse, une contre-attaque « sans limites géographiques ».
Lundi, le président américain a de nouveau menacé l’Iran d’une frappe dévastatrice : « La seule raison pour laquelle je n’en finis pas avec l’Iran, c’est que je veux être quelqu’un de bien. Je veux essayer de sauver des vies là-bas, mais, à un moment donné, nous devrons porter un coup décisif. »
Washington et Tel-Aviv accusent Téhéran de disposer de programmes nucléaires et balistique menaçant Israël et des pays de la région alliés aux États-Unis. L’Iran affirme, pour sa part, que son programme nucléaire est pacifique, qu’il ne cherche pas à produire d’armes nucléaires et qu’il ne menace aucun autre pays.
Israël, qui occupe des territoires palestiniens ainsi que des territoires au Liban et en Syrie, est le seul pays de la région à posséder un arsenal nucléaire non officiellement déclaré et non soumis au contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
Carlson a poursuivi en affirmant qu’« aucune arme conventionnelle de l’arsenal américain n’est capable de traverser 300 pieds de granit massif » — environ 91 mètres — à Pickaxe Mountain pour détruire les tunnels dans lesquels les activités d’enrichissement seraient menées.
« La seule option militaire disponible serait donc une frappe nucléaire », a-t-il soutenu. « Netanyahu a exercé des pressions intenses en faveur de cette option. Selon un observateur bien informé, Bibi appelle Trump tous les jours à ce sujet. »
Des dirigeants de l’opposition israélienne accusent Netanyahu, âgé de 76 ans, de vouloir bombarder l’Iran pour entraver la formation du prochain gouvernement, après avoir échoué, lors des élections de mardi, à obtenir une majorité lui permettant de le constituer.
Les résultats préliminaires ont attribué 53 sièges au camp Netanyahu sur les 120 que compte la Knesset, contre 48 au bloc de l’opposition juive et 19 aux partis arabes.
Ces résultats ouvrent cinq scénarios : un gouvernement soutenu par des partis arabes, un gouvernement d’union, une scission de l’opposition provoquée par Netanyahu, un gouvernement de transition ou de nouvelles élections.
Selon Carlson, « Netanyahu se retrouve acculé et désespéré. Après les élections, il est incapable de former un gouvernement, à moins que Trump n’intervienne directement dans la politique israélienne et ne négocie un accord avec d’autres partis pour lui assurer 61 sièges à la Knesset ».
« Dans le cas contraire, son mandat de Premier ministre prendra fin, et il devra affronter un avenir sombre, fait de poursuites judiciaires et peut-être d’emprisonnement. Netanyahu doit donc rester proche de Trump, et il a désespérément besoin de cette guerre », a-t-il ajouté.
Carlson a également affirmé que Netanyahu avait « exercé une pression maximale sur ses plus proches alliés au sein de l’administration américaine, notamment le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le commandant du Commandement central américain, Brad Cooper ».
Selon lui, « tous deux s’opposent à un règlement négocié d’une guerre qu’ils ont conduite de manière catastrophique et poussent à la reprise d’opérations militaires de grande ampleur ».
Il a ajouté que « le secrétaire d’État Marco Rubio et le directeur de la CIA John Ratcliffe suivent également la ligne de Netanyahu ». Il a affirmé que cette position était aussi partagée par des dirigeants démocrates, soutenant que l’ancien président Barack Obama avait récemment exprimé, lors d’une réunion, son opposition à l’accord de paix avec l’Iran en cours d’élaboration à Doha.
Selon Carlson, « les alliés traditionnels des États-Unis au Moyen-Orient sont terrifiés à l’idée de nouvelles guerres ». Il a averti qu’« une frappe nucléaire accélérerait radicalement la destruction : les retombées radioactives d’une explosion au sol à Pickaxe Mountain contamineraient les eaux du Golfe et empoisonneraient les sources d’approvisionnement en eau de plus de 100 millions de personnes ».
« Ce ne sont là que quelques-unes des conséquences immédiates pour la région, tandis que le reste du monde serait confronté à des risques tout aussi graves », a-t-il affirmé.
Carlson a rappelé qu’« aucun pays, à l’exception des États-Unis contre le Japon en 1945, n’a utilisé d’armes nucléaires dans une guerre, même si certains pourraient souhaiter le faire ».
Il a estimé qu’une attaque nucléaire américaine contre l’Iran créerait un précédent dangereux, affirmant que « les Russes ont indiqué à au moins deux autres gouvernements qu’une telle frappe leur donnerait le feu vert pour employer des armes nucléaires contre l’Ukraine ».
Il a également avancé que « le Pakistan et l’Inde pourraient se sentir poussés à agir de la même manière l’un contre l’autre, tout comme la Corée du Nord contre Séoul ».
« Une fois la première frappe nucléaire survenue, la Troisième Guerre mondiale deviendrait inévitable, une guerre brève et décisive », a-t-il poursuivi.
« Nous avançons les yeux fermés vers ce moment depuis des mois. Depuis février, l’administration américaine a discrètement remanié la doctrine nucléaire du pays », a affirmé Carlson. Selon lui, cette évolution aurait rendu « plus facile et plus probable le recours en premier à ce que l’on appelle les armes nucléaires tactiques ». Il a ajouté : « Nous sommes désormais au bord du gouffre. »
D’après Carlson, « des observateurs proches du dossier indiquent que Trump pourrait prendre sa décision sur l’emploi d’armes nucléaires d’ici la fin de la semaine prochaine, soit le 7 novembre ». Les États-Unis organisent mardi les élections de mi-mandat au Congrès.
« Heureusement, Trump semble hésiter. Il écoute actuellement son vice-président J. D. Vance ainsi que son émissaire et ami Steve Witkoff, qui estiment tous deux qu’un accord avec l’Iran reste possible », a-t-il déclaré.
« Ils ont raison, même si ce ne sera pas facile. Les négociations avec les Iraniens sont toujours difficiles et frustrantes, et certains courants au sein du gouvernement iranien se sont radicalisés depuis la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et de membres de sa famille en février », a-t-il ajouté.
Il a toutefois précisé que, « globalement, des personnes ayant échangé avec les décideurs iraniens font état d’un consensus : davantage de guerre serait néfaste pour tous, et un accord mérite d’être recherché ».
Carlson a conclu en affirmant qu’« une catégorie de personnes n’a pas encore été consultée : les habitants de la planète, ces centaines de millions de personnes qui pourraient être tuées avec leurs enfants si Netanyahu poussait Trump à lancer une frappe nucléaire la semaine prochaine. Il est temps qu’elles fassent entendre leur voix ».
