Un nouveau 7 octobre ? En Israël, la stupeur après un message alarmant de la direction du Hamas
Les milieux sécuritaires israéliens sont sous le choc après un message du Hamas, transmis par l’intermédiaire d’un responsable des Nations unies et qualifié de « grave et sans précédent » par des sources sécuritaires. Le mouvement y menace de rééditer l’attaque du 7 octobre.
De hauts responsables du Hamas ont adressé à Israël un message inhabituel, d’une franchise et d’une clarté sans précédent : le mouvement se dit prêt à lancer une nouvelle attaque comparable à celle du 7 octobre et pourrait frapper partout où une possibilité se présenterait, que ce soit en Israël, en Cisjordanie ou à l’étranger.
Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, ce message a été remis au coordinateur humanitaire des Nations unies, Ramiz Alakbarov, par de hauts responsables du Hamas qui l’ont rencontré la semaine dernière dans son bureau, dans la bande de Gaza. Ils lui ont demandé de le transmettre à Israël.
Les dirigeants du Hamas ont déclaré à Alakbarov que les opérations de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le déplacement de la « ligne jaune » et l’annulation des élections par l’Autorité palestinienne leur faisaient perdre le contrôle du territoire. Ils ont affirmé ne pas être disposés à accepter que cette situation perdure.
Alakbarov a rencontré hier le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le général de division Yoram Halevi, auquel il a transmis le message des dirigeants du Hamas.
Les responsables israéliens considèrent ce message comme une menace d’une extrême gravité, soulignant qu’aucun avertissement de cette nature n’avait jusqu’alors été formulé de manière aussi explicite et directe.
Un document détaillant cette menace de la direction du Hamas à l’encontre d’Israël a été transmis aux responsables politiques et sécuritaires pour examen urgent.
Selon le quotidien, ces développements reflètent les pressions auxquelles le Hamas est soumis, alors qu’Israël a récemment intensifié sa pression militaire à travers une longue série d’opérations d’élimination ciblant des membres des forces Nukhba et des cadres du mouvement dans la bande de Gaza.
Parallèlement, comme indiqué précédemment, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dit « Abou Mazen », a annulé les élections prévues le 28 novembre.
Le « Conseil de la paix » et les médiateurs ont demandé au Hamas de déposer les armes. Israël estime toutefois que le mouvement n’acceptera pas un désarmement complet et cherchera plutôt à recourir à des tactiques dilatoires.
Dans le même temps, Israël refuse pour l’heure d’autoriser le comité de technocrates ou les forces de police palestiniennes à entrer dans la bande de Gaza pour y prendre leurs fonctions dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu et du plan de paix.
En coulisses, le Hamas est également confronté à de graves difficultés financières. Le mouvement a besoin d’environ 90 millions de shekels par mois pour simplement continuer à rémunérer ses membres.
Les services de sécurité estiment qu’environ 30 000 membres du mouvement se trouvent dans la bande de Gaza, des échelons subalternes jusqu’à la branche armée, chacun percevant quelque 3 000 shekels par mois. À cela s’ajoutent 50 000 employés travaillant pour le gouvernement du Hamas.
Réagissant ce matin à cette menace, Gadi Eisenkot, président du parti « Yashar ! », a vivement critiqué le gouvernement : « Plus de trois ans après la plus grande catastrophe de l’histoire de la nation, le Hamas contrôle toujours la bande de Gaza et continue de menacer les citoyens israéliens. »
Il a ajouté : « Aucun autre gouvernement israélien n’a bénéficié d’une légitimité populaire et internationale aussi forte pour démanteler le Hamas.
Et pourtant, aucun autre gouvernement n’a échoué avec autant de constance et de négligence à atteindre les objectifs de guerre qu’il s’était lui-même fixés, tout en dilapidant les acquis des forces sur le terrain. »
