L’Iran étend ses menaces aux câbles internet du détroit d’Ormuz
Les déclarations des Gardiens de la révolution font craindre que les infrastructures civiles et économiques soient elles aussi visées, dans une stratégie qui dépasse les pressions sur la navigation pour englober le sabotage des réseaux de communication reliant les pays de la région au reste du monde.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont laissé entendre qu’ils pourraient prendre pour cible sept câbles majeurs passant sous le détroit d’Ormuz et assurant la circulation internationale des données internet et commerciales. Leur porte-parole, le général de brigade Hossein Mohebbi, a évoqué ces infrastructures stratégiques lundi soir, selon les médias iraniens. Ses propos ont été interprétés comme une tentative de dissuader Washington de lancer des attaques.
Mohebbi a déclaré que sept câbles principaux traversaient les fonds du détroit d’Ormuz, ajoutant : « Toutes les données internet et commerciales dépendent de ces câbles. » Il a poursuivi : « Nous voulons qu’ils sachent que de nouvelles cibles seront annoncées et que de nouvelles armes seront dévoilées. Nous éliminerons ainsi ce qui reste de la puissance américaine dans la région. »
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions entre l’Iran et les États-Unis autour de la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les approvisionnements en énergie et en marchandises, et l’un des principaux dossiers des négociations entre Téhéran et Washington.
L’escalade militaire a commencé avec l’attaque américano-israélienne contre l’Iran le 28 février dernier, suivie d’un cessez-le-feu en avril. Les affrontements entre Washington et Téhéran ont ensuite repris sur fond d’enlisement des négociations, malgré la signature d’un protocole d’accord à la mi-juin.
Au-delà de leur dimension militaire, les menaces iraniennes contre les câbles de télécommunications semblent traduire une volonté d’accentuer la pression sur les États-Unis pour empêcher de nouvelles attaques contre l’Iran. Téhéran élargit ainsi le champ de ses menaces à des intérêts économiques et à des infrastructures de communication qui dépassent la seule présence militaire américaine dans la région. Il pourrait chercher à accroître le coût de toute nouvelle escalade et à signifier que les conséquences d’une confrontation ne se limiteraient pas aux zones d’affrontement direct.
Ces menaces visent également à intimider les pays de la région qui dépendent des câbles sous-marins pour leurs communications internationales, leurs échanges de données et leurs services numériques. Ces infrastructures constituent un pilier des économies modernes, notamment pour les opérations bancaires, le commerce électronique, les services publics et les communications entre entreprises. Leur mise en danger suscite donc des inquiétudes bien au-delà des États riverains du détroit.
Les déclarations des Gardiens de la révolution font craindre que les infrastructures civiles et économiques entrent dans le champ des menaces iraniennes, dans une logique qui dépasse les pressions sur la navigation et les approvisionnements énergétiques pour englober les réseaux de communication reliant la région au monde. Une attaque effective contre ces câbles pourrait perturber les flux de données et augmenter les coûts des communications. Elle pourrait également nécessiter des réparations longues, soumises à des contraintes sécuritaires et logistiques complexes.
La menace de viser ces installations renforce les inquiétudes concernant la dimension déstabilisatrice et destructrice de la politique régionale iranienne, particulièrement si les déclarations se traduisent par des attaques contre des infrastructures civiles d’importance internationale. Les conséquences ne se limiteraient pas à un seul pays : elles pourraient toucher les économies, les marchés et les services de plusieurs États, compte tenu de l’interconnexion des réseaux mondiaux de télécommunications.
La mise à exécution de ces menaces soulèverait des questions de droit international concernant la protection des infrastructures civiles et les obligations liées aux attaques qui les visent. Elle pourrait engager la responsabilité de l’Iran au regard des règles internationales applicables, selon la nature de l’attaque et les parties touchées. Elle pourrait également inciter les États concernés à renforcer leur coordination pour protéger les câbles sous-marins et améliorer les mécanismes de réponse aux pannes et aux attaques, afin de limiter le risque que les infrastructures économiques et de communication soient utilisées comme instruments du conflit.
