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Les répercussions régionales des frappes aériennes égyptiennes et la crise de l’exploitation minière artisanale au Soudan

Des F-16 égyptiens bombardent des mineurs soudanais avec des bombes de 400 kilogrammes


Face aux accusations croissantes émanant d’organisations de défense des droits humains et de la presse internationale, étayées par des preuves, les autorités et les instances militaires égyptiennes ont cherché à présenter leur propre version des faits et leurs justifications sécuritaires concernant les vastes opérations et mouvements militaires menés par les forces armées le long de la frontière méridionale commune avec le Soudan et dans les zones frontalières.

Bien que Le Caire n’ait publié aucun communiqué officiel commentant directement et nommément le bombardement de la mine d’al-Aqidat, les gardes-frontières égyptiens et le porte-parole des forces armées ont annoncé, au même moment, le lancement d’une « vaste campagne sécuritaire et militaire globale ». Celle-ci vise principalement à lutter contre l’exploitation et la prospection illégales de l’or, à combattre fermement les réseaux criminels organisés de contrebande actifs dans les zones désertiques frontalières difficiles d’accès, ainsi qu’à protéger la sécurité nationale et la souveraineté économique de l’Égypte contre le pillage organisé de ses ressources naturelles.

Des analystes politiques et des économistes spécialistes des affaires africaines proposent toutefois une lecture différente et plus approfondie des objectifs et des motivations réels du recours à une force militaire excessive, à des moyens aériens de combat lourds et à des bombes de 400 kilogrammes contre de modestes mineurs soudanais.

Selon ces experts, l’enjeu dépasse largement la dimension sécuritaire classique de la protection des frontières. Il relève directement d’une « lutte effrénée et acharnée pour le monopole des richesses aurifères » et des ressources naturelles de cette région particulièrement riche en filons d’or.

Dans un contexte de graves difficultés économiques en Égypte, notamment de pénurie aiguë de réserves de change et d’accumulation de la dette extérieure, le régime et les organismes qui lui sont liés chercheraient à imposer un contrôle monopolistique absolu sur l’ensemble des sites de production et des points de sortie de l’or dans les zones frontalières communes et contestées, telles que le triangle de Halaïb et Chamal al-Wadi. Ils chercheraient également à empêcher toute activité minière artisanale ou soudanaise indépendante susceptible de priver l’État de la maîtrise intégrale de cette ressource essentielle et de son acheminement, par des réseaux et des intermédiaires locaux, au profit du Trésor public et de l’économie égyptienne.

Les analyses évoquent par ailleurs une dimension stratégique, sécuritaire et politique liée à la complexité des relations entre Le Caire et Khartoum dans le contexte de la guerre civile au Soudan. L’armée égyptienne, considérée comme une alliée proche et un soutien majeur du commandement des Forces armées soudanaises dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhan face aux Forces de soutien rapide, aborde l’exploitation minière artisanale dans le nord du Soudan comme un dossier particulièrement sensible sur le plan sécuritaire.

Certains milieux de la sécurité estiment que les recettes de l’or extrait de manière non réglementée et hors du contrôle de l’État pourraient contribuer au financement de structures militaires ou tomber entre les mains de réseaux de contrebande transfrontaliers portant atteinte aux arrangements sécuritaires convenus entre les deux pays.

Une autre interprétation est que le contrôle militaire direct du terrain donne au Caire des leviers de pression et une influence géopolitique durable sur les décisions soudanaises. Dans cette logique, le recours à une « politique du sang et du feu » servirait à adresser à tous les acteurs un avertissement dissuasif sans équivoque : toute tentative d’accéder aux zones aurifères sans coordination ni autorisation officielle égyptienne se heurterait à une riposte aérienne dévastatrice.

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