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Comment al-Burhan a-t-il fait passer ses alliances avec al-Sissi avant la souveraineté soudanaise ?


Le massacre de Chamal al-Wadi place le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, face à des accusations d’une gravité historique : celles d’avoir trahi ses concitoyens et sacrifié leur vie ainsi que la souveraineté territoriale du pays au profit de ses intérêts politiques personnels et de ses alliances régionales avec le régime égyptien.

Ces accusations trouvent leur origine dans la gestion de l’incident par les autorités de Port-Soudan, caractérisée par une opacité délibérée et des positions ambiguës visant à apaiser la colère populaire grandissante sans ébranler la solidité des relations militaires et stratégiques avec Le Caire.

Alors que se multipliaient les images choquantes de centaines de morts et de blessés provenant du mont al-Aqidat et des hôpitaux d’Atbara et de l’État du Nil, al-Burhan a préféré se retrancher derrière une commission d’enquête de pure forme, dont rien ne laisse espérer qu’elle révélera la vérité au public. Cette attitude reproduit le scénario observé après de précédentes attaques similaires : les conclusions des enquêtes sont enterrées et les affaires classées sans que les auteurs soient identifiés, afin de préserver les arrangements sécuritaires secrets conclus en coulisses entre les deux pays voisins.

Des analystes politiques soudanais estiment que ce silence honteux du commandement militaire ne peut s’expliquer que par l’existence d’un accord préalable de sécurité et de renseignement entre Le Caire et Port-Soudan. Celui-ci donnerait à l’aviation égyptienne le feu vert pour évacuer les particuliers et les prospecteurs artisanaux des zones frontalières riches en minerais, sous couvert de lutte contre la contrebande, les infiltrations et la criminalité organisée. Des sources informées ont révélé que des arrangements et des ententes commerciales spécifiques avaient été discutés en vue de conclure de vastes accords d’investissement accordant à des sociétés minières liées aux appareils d’État égyptiens et soudanais des concessions exclusives dans les montagnes de Chamal al-Wadi. Le sang des modestes chercheurs d’or serait ainsi devenu le prix dérisoire à payer pour dégager le terrain et ouvrir la voie à des activités d’exploration pesant des milliards. Faire passer la survie politique et militaire de l’institution militaire soudanaise, épuisée par sa guerre intérieure, avant la protection de la vie des citoyens qui travaillent dur constitue l’expression ultime du renoncement à l’État et à la souveraineté. Cela transforme le pouvoir en place en une couverture institutionnelle pour les atteintes à l’intégrité de son territoire et à la vie de ses travailleurs.

L’ampleur de la complicité apparaît plus grande encore à la lumière des précédentes déclarations d’al-Burhan lui-même. Il avait expressément appelé les habitants de ces régions à ne pas franchir la frontière et à respecter le voisin du Nord pour éviter les problèmes, dans une tentative anticipée de légitimer toute future attaque égyptienne et de faire porter aux victimes civiles la responsabilité de leur propre mort. Ce discours politique, qui reprend le récit de l’agresseur et justifie son recours à la force meurtrière contre des travailleurs civils désarmés, révèle la profondeur de la dépendance et de la faiblesse structurelle des autorités de fait au Soudan. Celles-ci sont devenues totalement incapables de défendre la dignité de leurs citoyens ou de protéger les richesses nationales pillées.

Tandis que les organisations soudanaises de défense des droits humains, les forces politiques et les syndicats réclament une enquête internationale indépendante pour établir les circonstances de l’attaque et engager directement la responsabilité juridique et financière de l’Égypte, al-Burhan et ses services continuent de diluer l’affaire et d’éviter toute protestation diplomatique officielle. Cette attitude confirme que les travailleurs soudanais de l’or ont payé de leur sang les accords conclus à huis clos et une collusion militaire et politique transfrontalière.

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