L'Europe

Le Parlement européen rouvre le dossier des Frères musulmans : une « infiltration sous surveillance »


L’Europe franchit une nouvelle étape dans la lutte contre l’influence des Frères musulmans, alors que le Parlement européen s’apprête à examiner les tentatives présumées d’infiltration des institutions européennes par des membres ou des organisations proches du mouvement, ainsi que les risques qui pourraient en découler.

Le Parlement européen doit débattre mercredi prochain de la nécessité d’élaborer une stratégie de l’Union européenne destinée à protéger le mode de vie européen.

Les discussions devraient notamment porter sur les tentatives d’infiltration attribuées à l’islam politique, définies comme des actions visant à influencer de l’intérieur les institutions publiques et la société civile afin de promouvoir des objectifs fondamentalistes.

Dans ce contexte, les Frères musulmans et les organisations considérées comme proches du mouvement sont régulièrement cités, selon les informations publiées sur le site du Parlement européen.

Ce débat intervient alors que les controverses politiques autour de ce sujet s’intensifient dans plusieurs États membres.

Des eurodéputés tirent la sonnette d’alarme

Cette nouvelle discussion survient quelques mois après qu’un groupe de députés européens a alerté sur ce qu’il considérait comme une infiltration méthodique des structures de la société européenne par les Frères musulmans.

Lors d’une session intitulée « L’infiltration de l’islam politique et la stratégie des Frères musulmans », les intervenants ont affirmé que le mouvement utilisait les espaces offerts par la société civile et les cadres juridiques pour renforcer progressivement son influence de l’intérieur.

Selon cette analyse, la stratégie ne reposerait pas sur une confrontation directe, mais sur une accumulation discrète de pouvoir et sur l’utilisation d’instruments d’influence non coercitifs.

Au cours de cette session organisée au Parlement européen à Strasbourg, plusieurs eurodéputés ont souligné les risques supposés liés à l’influence de l’islam politique et à la stratégie des Frères musulmans en Europe.

Ils ont appelé l’Union européenne à adopter des mesures concrètes pour identifier les menaces, empêcher leur propagation et demander des comptes aux personnes ou organisations responsables.

Dans son intervention, l’eurodéputé Nicolas Bay a qualifié les Frères musulmans d’« organisation extrémiste cherchant à transformer l’Europe en s’infiltrant dans les sociétés occidentales ».

Il a affirmé que le mouvement était présent au sein des institutions européennes par l’intermédiaire d’organisations menant des activités structurées de lobbying destinées, selon lui, à favoriser l’islamisation de l’Europe.

Nicolas Bay a averti que l’Union européenne ne devait plus servir de plateforme naïve aux acteurs cherchant à l’affaiblir.

« La structure institutionnelle des Frères musulmans peut présenter une apparence officielle, mais son essence idéologique demeure extrémiste », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que le débat engagé en France après la publication d’un rapport sur l’influence des Frères musulmans se poursuivait désormais à Strasbourg. Il a appelé à identifier cette dynamique, à en empêcher l’extension et à demander des comptes aux personnes impliquées.

Les initiatives des États membres

Un rapport élaboré par les services de renseignement français en mai 2025 sur l’« infiltration » associée aux Frères musulmans et ses effets présumés sur les valeurs républicaines avait marqué un tournant dans la perception européenne du mouvement.

En août dernier, le gouvernement autrichien a annoncé travailler à l’interdiction de l’islam politique et à l’adoption de modifications législatives destinées à atteindre cet objectif, notamment dans les lois régissant les associations et les cultes.

Ce projet avait été lancé à l’initiative du chancelier Christian Stocker après la découverte d’une organisation soupçonnée d’être liée aux Frères musulmans. Celle-ci opérait sous couvert de lutte contre l’extrémisme et participait à des projets communs avec le ministère autrichien de la Justice.

Il s’agit de l’organisation « DREID », dont les liens présumés avec les Frères musulmans auraient été découverts par les services de renseignement autrichiens à la suite d’un contrôle de sécurité engagé en juin dernier.

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