Moyen-Orient

Les Houthis essuient de lourdes pertes à Taïz


Les pertes infligées aux Houthis interviennent après que le commandant des forces de la Résistance nationale pro-gouvernementale, Tareq Saleh, a promis de riposter aux attaques meurtrières menées récemment par le groupe soutenu par Téhéran dans plusieurs provinces.

Les forces de la « Résistance nationale », loyales au gouvernement yéménite, ont annoncé vendredi la mort de 27 Houthis et la blessure de 19 autres à la suite de frappes menées dans la province de Taïz, dans le sud-ouest du pays, au cours de trois jours. Le groupe soutenu par Téhéran semble ainsi subir des pertes sans précédent dans plusieurs provinces.

L’agence « 2 Décembre », organe de presse de la « Résistance nationale » dirigée par Tareq Saleh, membre du Conseil de direction présidentiel, a indiqué que « plus de 27 membres de la milice houthie ont été tués » lors des frappes de la Résistance nationale sur le front d’Al-Barh, à l’ouest de la province de Taïz, au cours des trois derniers jours.

L’agence a ajouté que les frappes avaient également fait 19 blessés parmi les membres du groupe, précisant qu’elles avaient aussi provoqué l’incendie et la mise hors service de plusieurs véhicules et équipements militaires houthis, sans en préciser le nombre.

Tareq Saleh avait récemment promis de riposter aux attaques des Houthis dans plusieurs provinces, notamment à Marib et Lahij.

L’extension de la zone des affrontements soulève des interrogations quant à la capacité des Houthis à supporter des pertes humaines et matérielles croissantes, notamment alors que le groupe a entrepris d’ouvrir plusieurs fronts simultanément. La poursuite des combats à Marib, Al-Jawf, Al-Dhale et Taïz pourrait épuiser ses ressources humaines et militaires et exercer une pression supplémentaire sur ses lignes d’approvisionnement et ses capacités de déploiement.

La perte de dizaines de combattants, parmi lesquels des responsables militaires, pourrait également limiter la capacité du groupe à compenser rapidement ses pertes, malgré sa longue expérience dans la conduite des combats. Le niveau des pertes et la capacité des Houthis à les remplacer resteront toutefois liés à la poursuite du soutien iranien et à la nature de l’escalade au cours de la prochaine phase.

Jeudi, la chaîne publique « Saba » a rapporté que le mouvement houthi avait organisé les funérailles de 57 de ses membres en l’espace de dix jours, dont 31 officiers, parmi lesquels trois généraux de brigade. Selon la chaîne, ils auraient été tués sur différents fronts, sans fournir de précisions sur les lieux ni sur les circonstances de leur mort.

L’ouverture de plusieurs fronts par les Houthis intervient au plus fort des tensions entre l’Iran et les États-Unis, alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont entrées dans une phase complexe en raison de divergences de positions et de la multiplicité des conditions et des dossiers à l’ordre du jour. Le groupe cherche ainsi à alléger la pression exercée sur son allié iranien tout en poursuivant ses attaques contre la navigation maritime en mer Rouge.

Depuis avril 2022, le Yémen connaît une accalmie dans une guerre qui avait commencé environ douze ans plus tôt entre les forces gouvernementales et le mouvement houthi, qui contrôle plusieurs provinces et villes, dont Sanaa, depuis le 21 septembre 2014.

Ces dernières semaines, des affrontements ont repris entre les deux camps dans plusieurs provinces, notamment à Marib, Al-Jawf, Al-Dhale et Taïz, dans un pays confronté à l’une des crises humanitaires et économiques les plus graves au monde.

La coalition de soutien à la légitimité au Yémen, dirigée par l’Arabie saoudite voisine, soutient les forces gouvernementales yéménites, tandis que l’Iran est accusé de soutenir le mouvement houthi. Celui-ci a annoncé en juillet dernier l’instauration d’un blocus maritime visant le royaume saoudien, alors que Riyad s’emploie à faire face aux menaces émanant des groupes alliés à Téhéran.

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