22 médecins et des ecchymoses mystérieuses… Trump est-il réellement en bonne santé ?
Le cardiologue de l’ancien vice-président américain Dick Cheney soulève des interrogations et réclame davantage de transparence sur l’état de santé du président Donald Trump, après l’apparition de signes physiques et la répétition d’examens médicaux. La Maison-Blanche et le médecin personnel du président affirment toutefois que celui-ci est en excellente santé et pleinement capable d’exercer ses fonctions.
L’ancien cardiologue de l’ex-vice-président américain Dick Cheney, Jonathan Reiner, a soulevé de nouvelles interrogations concernant l’état de santé du président Donald Trump, appelant la Maison-Blanche à fournir des informations plus détaillées sur les examens médicaux répétés auxquels le président a été soumis ainsi que sur certains signes physiques apparus au cours des derniers mois.
La santé de Trump est ainsi devenue une question dépassant le simple débat médical pour s’inscrire dans une discussion plus large sur la transparence présidentielle, notamment à l’approche de ses 80 ans, alors que les demandes d’informations précises et indépendantes sur sa capacité à continuer d’exercer ses fonctions se multiplient.
Dans une tribune publiée par le New York Times, Reiner, professeur de médecine et de chirurgie à l’Université George Washington, a déclaré que Trump « ne semblait pas aller très bien » et que les Américains méritaient d’en connaître la raison. Il a toutefois précisé qu’il ne soignait pas le président et ne l’avait pas examiné personnellement, et que ses observations reposaient uniquement sur ce qui était apparu publiquement ainsi que sur les informations médicales communiquées par la Maison-Blanche.
Le cardiologue a soulevé sept questions principales portant notamment sur d’importantes ecchymoses apparues sur les mains de Trump, le gonflement de ses jambes, ainsi que certaines apparitions publiques au cours desquelles il semblait somnolent, en plus d’une série d’examens médicaux qui, selon lui, nécessitent des explications plus détaillées.
Selon Reiner, la question n’est pas de démontrer que Trump souffre d’une maladie précise, mais de déterminer si les Américains ont le droit de savoir si le président, âgé de 79 ans et sur le point d’entrer dans sa quatre-vingtième année, jouit réellement de l’état de santé nécessaire pour exercer l’une des fonctions les plus exigeantes au monde.
L’une des principales interrogations de Reiner concerne la répétition d’examens d’imagerie cardiaque chez Trump. Le président a subi des examens médicaux approfondis lors de visites au Walter Reed National Military Medical Center, puis son dernier bilan médical a fait apparaître la réalisation d’une tomodensitométrie des artères coronaires.
Reiner estime que la répétition de ce type d’examen sur une période relativement courte mérite des explications, d’autant que le rapport médical n’a pas précisé en détail ce qui avait conduit les médecins à le renouveler.
En octobre 2025, Trump s’était rendu sans annonce préalable au Walter Reed, une visite qui avait alors suscité des interrogations sur la nature des examens réalisés. Depuis, les visites médicales répétées du président font l’objet d’une attention croissante. Sa visite de mai 2026 constituait ainsi son troisième rendez-vous médical programmé au Walter Reed en l’espace d’environ 13 mois.
Reiner s’interroge également sur la présence de 22 spécialistes médicaux lors du dernier examen, un nombre inhabituel pour une évaluation médicale concernant un président officiellement décrit comme étant en « excellente santé ».
Le représentant démocrate Jamie Raskin avait demandé en juin au médecin de la Maison-Blanche de communiquer les noms des spécialistes, leurs domaines de compétence ainsi que les résultats des examens, estimant que le nombre élevé de médecins soulevait des questions sur la raison justifiant la mobilisation d’une équipe médicale aussi importante.
L’administration américaine a, de son côté, affirmé que l’examen avait été complet et multidisciplinaire, et que ses résultats confirment que Trump était en bonne santé et capable d’assumer ses fonctions présidentielles.
Dans une note publiée en mai, le médecin de la Maison-Blanche, Sean Barbabella, a déclaré que Trump « reste en excellente santé » et qu’il présentait de solides fonctions cardiaques, pulmonaires, neurologiques et physiques. Le rapport indiquait également qu’il avait obtenu la note maximale de 30 sur 30 au test cognitif de Montréal (MoCA), un examen utilisé pour détecter d’éventuels signes de déclin cognitif.
Reiner s’interroge toutefois sur la raison pour laquelle ce test est effectué à plusieurs reprises, alors que Trump l’a déjà passé plusieurs fois au cours des dernières années et a obtenu à chaque occasion des résultats parfaits ou presque parfaits.
Il souligne que le MoCA est un outil de dépistage cognitif et non une mesure générale de l’intelligence, ni une preuve définitive de l’absence de toute forme de déclin cognitif.
Parmi les signes physiques sur lesquels Reiner s’est penché figurent les ecchymoses visibles sur les mains du président.
L’administration Trump a attribué ces ecchymoses à la prise d’aspirine ainsi qu’aux poignées de main répétées. Reiner estime toutefois que cette explication ne permet pas de rendre suffisamment compte de leur persistance sur les mains.
La polémique prend une dimension supplémentaire en raison de la dose d’aspirine que Trump avait précédemment déclaré prendre. Reiner avait indiqué que le président utilisait une dose de 325 milligrammes par jour, supérieure à la faible dose largement utilisée dans le cadre de la prévention cardiovasculaire.
Reiner précise que l’aspirine agit sur la fonction des plaquettes sanguines et ne « fluidifie » pas littéralement le sang.
Concernant le gonflement des jambes, celui-ci fait l’objet de discussions depuis juillet 2025, lorsque la Maison-Blanche avait annoncé que Trump souffrait d’une insuffisance veineuse chronique, une affection fréquente chez les personnes âgées qui entraîne une accumulation de sang dans les veines des jambes et leur gonflement. L’administration avait alors affirmé qu’aucun signe de caillot sanguin, de maladie artérielle ou d’insuffisance cardiaque n’avait été constaté.
Dans le dernier rapport médical, les médecins ont indiqué que le gonflement s’était atténué. Reiner a toutefois relevé ce qu’il considère comme une contradiction dans la présentation des informations, s’interrogeant sur le moment où l’affection est apparue et sur la raison pour laquelle elle est décrite comme étant améliorée par rapport à l’année précédente, alors que le précédent examen ne faisait pas clairement état du même gonflement.
Reiner accorde également une attention particulière aux apparitions publiques de Trump au cours desquelles celui-ci ferme les yeux ou semble s’assoupir.
Dans des déclarations ultérieures, il a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un incident isolé, mais d’un phénomène qu’il avait observé à plusieurs reprises au cours des derniers mois, estimant que des épisodes récurrents de somnolence diurne méritaient une évaluation médicale et une explication publique.
Ces scènes ne prouvent toutefois pas, à elles seules, que le président dormait ou qu’il souffre d’une maladie particulière, pas plus qu’elles ne permettent d’établir un diagnostic médical à distance. Reiner reconnaît lui-même qu’il ne pose aucun diagnostic sur le président, mais demande des réponses sur des phénomènes qui, selon lui, sont devenus visibles pour le public.
Ses interrogations portent également sur d’autres résultats mentionnés dans le rapport médical, notamment l’utilisation d’une analyse assistée par intelligence artificielle destinée à estimer l’« âge cardiaque » de Trump à environ 66 ans, soit près de 14 ans de moins que son âge réel.
Reiner estime qu’un tel chiffre ne devrait pas être considéré comme un diagnostic médical indépendant en l’absence de données traditionnelles détaillées permettant d’évaluer précisément la santé cardiaque et vasculaire.
Le dernier rapport médical a d’ailleurs suscité des critiques de la part d’autres médecins en raison du manque de certains détails concernant les examens cardiaques. Selon le Wall Street Journal, il ne comprenait pas de données détaillées telles que la fraction d’éjection cardiaque, le degré de calcification ou certains indicateurs utilisés pour évaluer les maladies coronariennes.
Ces interrogations surviennent alors que la Maison-Blanche continue d’affirmer que Trump est en excellente santé.
Le rapport indique également que Trump pesait 238 livres, soit environ 108 kilogrammes, ce qui représente une augmentation de 14 livres par rapport à son examen d’avril 2025. Il recommande également une activité physique accrue et une amélioration du régime alimentaire.
La controverse ne porte toutefois pas uniquement sur les résultats médicaux, mais également sur le degré de transparence. Des médecins et des observateurs ont relevé que le rapport officiel présentait une conclusion extrêmement positive sans publier l’ensemble des détails permettant à des médecins indépendants d’évaluer la situation dans son ensemble. Axios a indiqué que le rapport n’avait pas mis fin aux interrogations concernant les ecchymoses, le gonflement des jambes et la vigilance du président. Il n’expliquait pas non plus suffisamment pourquoi les examens cardiaques avaient été répétés ni si les médecins avaient recherché une éventuelle cause à la somnolence diurne.
Reiner s’appuie également, dans sa demande de davantage de transparence, sur son expérience passée auprès de Cheney, dont il a été le cardiologue personnel pendant de nombreuses années. Cheney avait des antécédents cardiovasculaires importants et avait subi une série d’interventions médicales avant de recevoir une transplantation cardiaque en 2012.
Selon Reiner, l’expérience de Cheney a montré qu’il n’était pas impossible de traiter publiquement l’état de santé d’une personne occupant une fonction de premier plan, même lorsque sa situation médicale est extrêmement complexe. À ses yeux, l’importance de la santé du président dépasse sa seule vie privée, car sa capacité physique et mentale à exercer ses fonctions présidentielles concerne des millions d’Américains.
La Maison-Blanche a répondu aux critiques de Reiner par une attaque personnelle, l’accusant de poser des « diagnostics depuis les tribunes » et de poursuivre des motivations politiques. L’administration a également défendu le médecin présidentiel et le rapport médical, affirmant que Trump avait fait l’objet d’une évaluation approfondie et que les résultats étaient rassurants.
Reiner a répondu qu’il n’avait pas diagnostiqué Trump, mais simplement posé des questions. Ce point résume l’essentiel de la controverse : les informations rendues publiques jusqu’à présent ne démontrent pas que le président souffre d’une maladie grave non déclarée et ne fournissent aucun fondement médical permettant d’affirmer qu’il serait incapable d’exercer ses fonctions. Toutefois, le rapport officiel n’a pas non plus répondu à toutes les questions soulevées par la multiplication des examens médicaux et par les signes physiques apparus chez le président.
Au cœur du message de Reiner se trouve donc l’idée suivante : il ne s’agit pas d’affirmer que Trump est malade, mais de considérer que le public ne devrait pas être contraint de spéculer sur l’état de santé du président des États-Unis lorsqu’il existe des examens médicaux répétés, une équipe de 22 spécialistes, des signes physiques visibles et des questions qui, jusqu’à présent, n’ont pas reçu de réponses détaillées.
