Le Royaume-Uni convoque le plus haut diplomate iranien en poste à Londres après des projets d’attentats en Europe
Le Royaume-Uni a intensifié sa pression sur l’Iran en convoquant le plus haut représentant diplomatique iranien à Londres, un jour seulement après avoir interdit le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), à la suite d’accusations selon lesquelles Téhéran aurait chargé des groupes qui lui sont affiliés de préparer des attaques en Europe.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a indiqué que le chargé d’affaires iranien avait été convoqué afin de lui faire part de la vive protestation de Londres à la suite d’informations selon lesquelles la Force Al-Qods, branche chargée des opérations extérieures du Corps des gardiens de la révolution islamique, aurait donné pour instruction à un groupe dénommé « Mouvement des Compagnons de la Droite » de mener des attaques en Europe entre les mois de mars et de mai.
Le ministère a ajouté que ces activités étaient « totalement inacceptables », estimant que les services de renseignement iraniens n’avaient pas mis fin à leurs activités hostiles malgré les avertissements répétés, mais qu’ils avaient au contraire « cherché à intensifier leur comportement malveillant ».
Aucun commentaire immédiat n’a été émis par l’ambassade d’Iran à Londres.
Cette convocation intervient un jour après l’annonce par le gouvernement britannique de l’interdiction du Corps des gardiens de la révolution islamique en vertu de nouveaux pouvoirs juridiques, qui criminalisent tout soutien au Corps, toute promotion de celui-ci ou toute assistance matérielle apportée à son profit sur le territoire du Royaume-Uni, avec des peines pouvant aller jusqu’à quatorze ans d’emprisonnement.
Londres a justifié cette décision par les inquiétudes croissantes concernant le recours par des États étrangers à des groupes ou à des individus pour mener des activités de surveillance et de sabotage sur le territoire britannique, affirmant que le Corps des gardiens de la révolution avait recours à des intermédiaires afin de mettre en œuvre les objectifs de l’État iranien à l’étranger.
Le gouvernement britannique a également déclaré être parvenu à la conclusion que le Corps des gardiens de la révolution avait donné des instructions au groupe dénommé « Mouvement islamique des Compagnons de la Droite », lequel aurait revendiqué la responsabilité de sept attaques visant des sites liés à des communautés juives, à des intérêts israéliens ainsi qu’à des médias de langue persane.
En réponse, Téhéran a condamné la décision britannique d’interdire le Corps des gardiens de la révolution, affirmant que celui-ci constitue une composante officielle des forces armées iraniennes et accusant le Royaume-Uni de violer le droit international en prenant pour cible une institution relevant de l’État.
La Force Al-Qods constitue la branche extérieure du Corps des gardiens de la révolution islamique. Les États-Unis la classent, tout comme le Corps des gardiens de la révolution, parmi les organisations terroristes.
