Le Soudan, pivot d’une recomposition géopolitique dans le bassin du Nil
La guerre au Soudan ne se limite plus à un affrontement interne entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (FSR). Elle est progressivement devenue le théâtre d’une compétition régionale où convergent les intérêts de plusieurs États aux orientations politiques parfois opposées, mais partageant un objectif commun : préserver l’institution militaire soudanaise et influencer la recomposition du pouvoir à Khartoum.
Dans cette configuration, l’Égypte apparaît comme le partenaire régional le plus étroitement lié à l’armée soudanaise sur les plans sécuritaire, politique et stratégique.
Pour Le Caire, le maintien d’une autorité militaire centrale au Soudan constitue un élément essentiel de sa doctrine de sécurité nationale. Cette approche répond à plusieurs impératifs : sécuriser la frontière méridionale de l’Égypte, préserver ses intérêts dans le bassin du Nil et en mer Rouge, ainsi que maintenir un environnement régional favorable à ses priorités stratégiques.
Cette lecture s’inscrit également dans un contexte marqué par des dossiers sensibles entre les deux pays, notamment le différend territorial autour du triangle de Halayeb, Shalatin et Abu Ramad. Pour certains observateurs, l’émergence d’un pouvoir soudanais autonome pourrait conduire à une réouverture de ces questions.
Toutefois, le défi auquel est confrontée la stratégie égyptienne ne réside pas uniquement dans son soutien à l’armée soudanaise, mais également dans l’évolution de la composition des forces engagées aux côtés de celle-ci. Depuis le début du conflit, plusieurs réseaux liés à l’ancien Mouvement islamique soudanais ainsi qu’au régime de l’ex-président Omar el-Béchir ont retrouvé une influence sur le terrain. Dans le même temps, des bataillons à référence islamiste et diverses formations armées idéologiques ont pris part aux combats sous la coordination des forces gouvernementales.
Des enquêtes journalistiques ainsi que des documents du Département d’État américain évoquent la présence de plusieurs milliers de combattants appartenant aux Brigades Al-Baraa bin Malik, une formation qualifiée d’extrémiste par plusieurs observateurs, engagés aux côtés de l’armée soudanaise.
De son côté, Reuters rapporte qu’environ 5 000 combattants liés au mouvement islamiste participeraient aux opérations militaires, parallèlement au retour de figures et de réseaux issus de l’ancien Parti du Congrès national et du Mouvement islamique au sein de certaines institutions de l’État et des cercles d’influence.
Plusieurs responsables islamistes ont d’ailleurs reconnu que leur soutien à l’armée constitue également une opportunité de retrouver une influence politique perdue après la chute du régime d’Omar el-Béchir en 2019.
Cette situation met en lumière un paradoxe souvent relevé par les analystes. Alors que l’Égypte considère les Frères musulmans comme une menace majeure pour sa sécurité intérieure, interdit leurs activités et les classe parmi les organisations terroristes, elle apporte son soutien à une institution militaire soudanaise dont certaines composantes coopèrent, sur le terrain, avec des groupes issus de la mouvance islamiste.
Cela ne signifie pas pour autant que Le Caire partage le projet politique ou idéologique de ces acteurs. Néanmoins, plusieurs analystes estiment que le soutien apporté à l’armée contribue indirectement à renforcer des groupes qui opèrent à ses côtés et qui profitent de la dynamique militaire actuelle pour consolider leur implantation.
Dans un conflit où les frontières entre armée régulière, mobilisation populaire, groupes de résistance et formations idéologiques sont devenues de plus en plus floues, il est difficile d’établir une distinction nette entre les ressources destinées exclusivement aux forces armées et celles dont bénéficient les groupes alliés.
Les Brigades Al-Baraa bin Malik illustrent cette réalité. Présentes dans plusieurs batailles majeures, elles participent aux opérations militaires tout en conservant leur propre structure organisationnelle.
Selon une analyse publiée par le Washington Institute for Near East Policy, ces formations évoluent dans le cadre opérationnel général des Forces armées soudanaises, tout en conservant une chaîne de commandement, une organisation interne et une identité propres. Leur relation avec l’armée s’apparente ainsi davantage à une coopération militaire qu’à une intégration complète au sein de l’appareil militaire officiel.
Soutenir une institution ou renforcer un réseau parallèle ?
L’Égypte présente son appui à l’armée soudanaise comme un soutien aux institutions de l’État et à la préservation de l’unité des forces armées, qu’elle considère comme un rempart contre la fragmentation du pays et contre le remplacement de l’armée par des formations paramilitaires.
Toutefois, cette argumentation se heurte aux profondes transformations qu’a connues l’institution militaire depuis le début de la guerre. L’intégration progressive de groupes armés idéologiques dans les opérations militaires, ainsi que le retour d’anciens réseaux islamistes dans les cercles de décision, alimentent le débat sur la nature réelle de l’institution soutenue aujourd’hui et sur les conséquences à long terme de cette évolution pour le Soudan et pour l’équilibre régional.
Une architecture militaire aux multiples composantes
L’armée soudanaise n’agit plus uniquement comme une force régulière. Depuis le début du conflit, elle s’inscrit dans un dispositif militaire plus large réunissant des unités conventionnelles, des services de sécurité réactivés, d’anciens membres des Forces de défense populaire, des bataillons à référence islamiste ainsi que différents groupes de mobilisation locale.
Dans un tel contexte, tout soutien extérieur – qu’il s’agisse de renseignements, de formations, de munitions, de capacités aériennes ou d’assistance technique – dépasse le seul cadre des Forces armées soudanaises. Les ressources mises à disposition peuvent bénéficier, directement ou indirectement, à l’ensemble des composantes engagées au sein de cette architecture militaire.
Dès lors, la question qui se pose aux partenaires internationaux, notamment européens, n’est plus seulement de savoir si l’Égypte soutient l’armée soudanaise, mais d’évaluer les effets concrets de ce soutien et d’identifier les acteurs qui exercent un contrôle effectif sur les opérations où sont employés les équipements, les renseignements et les capacités fournis.
Pour plusieurs analystes, un appui destiné à préserver les institutions de l’État pourrait également contribuer à renforcer un appareil militaire et sécuritaire au sein duquel des réseaux issus de l’ancien régime d’Omar el-Béchir ont retrouvé une influence, offrant à certains courants islamistes l’opportunité de consolider leur position en se présentant comme des partenaires incontournables de l’effort de guerre.
Cette dynamique soulève un paradoxe stratégique. En cherchant à préserver un allié institutionnel au Soudan, Le Caire pourrait, de manière indirecte, favoriser le retour en influence de composantes du Mouvement islamique soudanais, dont certaines entretiennent des relations politiques ou idéologiques avec des acteurs régionaux tels que la Turquie, l’Iran ou le Qatar, dont les priorités ne coïncident pas toujours avec celles de l’Égypte.
Un réseau de soutien dépassant les alliances traditionnelles
Le soutien égyptien à l’armée soudanaise s’inscrit dans un environnement régional où interviennent également d’autres puissances, notamment la Turquie et l’Iran. Cette convergence d’appuis ne traduit pas nécessairement l’existence d’une alliance stratégique entre Le Caire, Ankara et Téhéran. Elle illustre davantage la capacité du commandement militaire soudanais à mobiliser des soutiens provenant d’acteurs aux intérêts parfois concurrents, chacun cherchant à préserver ou à développer son influence au Soudan.
Selon Reuters, l’Iran a fourni à l’armée soudanaise des drones, notamment des appareils de type Mohajer-6, dont l’emploi aurait contribué à modifier l’équilibre des opérations à partir du début de l’année 2024, en particulier dans les missions de reconnaissance et de ciblage autour de Khartoum.
L’agence rapporte également, sur la base de sources proches du dossier, que des avions-cargos liés à l’Iran auraient servi à acheminer ces systèmes vers le Soudan, sans qu’aucun accord militaire détaillé n’ait été officiellement rendu public par les deux pays.
Parallèlement, la Turquie a renforcé sa coopération avec le commandement des Forces armées soudanaises. Plusieurs rapports font état de l’apparition de drones et d’équipements militaires d’origine turque sur différents théâtres d’opérations.
Le média The New Arab indique que des vols de fret entre Istanbul et Port-Soudan se sont poursuivis pendant le conflit, parfois au moyen d’avions de transport de fabrication russe. Le journal évoque également la présence présumée de spécialistes turcs chargés de former des militaires soudanais à l’utilisation de systèmes de drones avancés.
Par ailleurs, plusieurs analyses fondées sur des sources ouvertes signalent des mouvements d’aéronefs militaires ou de transport turcs ayant transité par des infrastructures situées à proximité de la frontière égypto-soudanaise. Ces éléments, associés aux observations de certains chercheurs et sources soudanaises, alimentent l’hypothèse de l’existence d’un corridor logistique reliant la Turquie, l’Égypte et Port-Soudan.
À ce stade, ces informations nécessitent toutefois des vérifications complémentaires. Leur confirmation suppose notamment l’analyse de registres de vol, d’images satellitaires, de données relatives au fret transporté ainsi que l’identification des appareils et des infrastructures aéroportuaires utilisés.
Néanmoins, si l’utilisation d’infrastructures égyptiennes comme points de transit ou de soutien logistique venait à être pleinement établie, elle traduirait une évolution significative du rôle du Caire. L’Égypte ne serait alors plus seulement un soutien politique et sécuritaire de l’armée soudanaise, mais un maillon d’une chaîne régionale d’approvisionnement reliant différents fournisseurs d’équipements militaires au théâtre soudanais.
L’Égypte et l’Iran : une convergence tactique malgré une rivalité persistante
L’un des paradoxes les plus marquants du conflit soudanais réside dans la convergence de facto des soutiens égyptien et iranien au profit des Forces armées soudanaises. Historiquement, les relations entre Le Caire et Téhéran ont été limitées et marquées par une profonde méfiance. Pourtant, le contexte soudanais voit leurs intérêts se rejoindre, sans qu’il soit nécessaire de postuler l’existence d’une coordination politique directe entre les deux capitales.
Pour l’Égypte, le maintien d’une autorité militaire à Khartoum répond avant tout à des impératifs de sécurité nationale. Le Caire cherche à préserver un interlocuteur institutionnel capable de contrôler la capitale, les frontières et les principales structures de l’État, tout en garantissant ses intérêts stratégiques liés au Nil et à la mer Rouge.
L’Iran poursuit, pour sa part, des objectifs d’une autre nature. Selon plusieurs analyses, Téhéran cherche à renforcer son influence sur la façade occidentale de la mer Rouge et à établir une relation durable avec un appareil militaire soudanais fortement dépendant de l’assistance extérieure en matière d’armement et de technologies militaires.
Dans ce contexte, certains courants islamistes soudanais considèrent également l’Iran et la Turquie comme des partenaires susceptibles de leur fournir un soutien militaire et politique, tout en facilitant leur retour progressif dans les centres de décision.
Il en résulte une forme de convergence fonctionnelle où chaque acteur apporte une contribution spécifique. L’Égypte offrirait une profondeur stratégique, un soutien diplomatique et, selon certaines analyses, des facilités logistiques. La Turquie fournirait des équipements militaires, une assistance technique et des formations spécialisées, tandis que l’Iran contribuerait notamment par la livraison de drones, de munitions et de technologies militaires. Ces ressources seraient ensuite exploitées par les Forces armées soudanaises ainsi que par les différentes formations alliées engagées sur le terrain.
Cette convergence ne traduit pas l’existence d’un projet politique commun. Elle repose davantage sur un objectif partagé : empêcher une défaite militaire de l’armée soudanaise. Toutefois, ses conséquences pourraient dépasser les intentions initiales de chacun des acteurs impliqués, en offrant aux réseaux islamistes soudanais un environnement militaire, financier et politique propice à leur reconstitution.
Pourquoi Le Caire tolère-t-il la présence des islamistes soudanais ?
Pour comprendre l’attitude de l’Égypte, plusieurs observateurs distinguent la perception des mouvements islamistes sur son territoire de celle des groupes islamistes actifs au Soudan.
En Égypte, les Frères musulmans sont perçus comme un concurrent direct de l’État, susceptible de remettre en cause sa légitimité politique et son autorité institutionnelle. Au Soudan, en revanche, Le Caire semble considérer que les groupes islamistes opérant aux côtés de l’armée restent, dans une certaine mesure, intégrés à un appareil militaire dont le commandement demeure l’interlocuteur principal.
Cette approche relève d’une logique essentiellement pragmatique, où les considérations de sécurité régionale et les intérêts géopolitiques priment sur la cohérence idéologique. L’objectif prioritaire du Caire paraît être le maintien d’une autorité capable de garantir la stabilité des frontières, de préserver les équilibres liés au Nil, d’assurer la sécurité en mer Rouge et de limiter les risques de déstabilisation régionale.
Cette stratégie comporte néanmoins des risques. Les réseaux islamistes soudanais ne constituent pas uniquement une force d’appoint née du conflit actuel. Ils disposent d’infrastructures politiques, financières, sécuritaires et organisationnelles héritées des trois décennies de pouvoir d’Omar el-Béchir, susceptibles d’être réactivées dans le contexte de la guerre.
Dans cette perspective, une victoire militaire de l’armée qui ne s’accompagnerait ni du démantèlement des formations idéologiques ni d’une restructuration profonde des réseaux de l’ancien régime pourrait ouvrir la voie à l’émergence d’un nouvel équilibre du pouvoir. Celui-ci verrait une institution militaire appuyée par des courants islamistes redevenus influents, bénéficiant de relations renforcées avec des partenaires extérieurs tels que l’Iran ou la Turquie, et dont les orientations stratégiques pourraient, à terme, s’écarter des attentes du Caire.

Le Nil, la mer Rouge et les impératifs de sécurité
Le soutien apporté par l’Égypte à l’armée soudanaise ne peut être dissocié des grands enjeux stratégiques qui structurent sa politique régionale, au premier rang desquels figure le différend autour du Grand Barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD). Pour Le Caire, il est essentiel de préserver à Khartoum une autorité susceptible d’adopter une position compatible avec ses intérêts sur le partage des eaux du Nil ou, à tout le moins, de ne pas s’aligner sur les positions d’Addis-Abeba.
Au-delà de la question hydraulique, les autorités égyptiennes redoutent qu’un affaiblissement durable ou une fragmentation du Soudan n’entraîne l’émergence de plusieurs centres de pouvoir concurrents le long du Nil, de la frontière commune et du littoral de la mer Rouge. Une telle évolution compliquerait la gestion de dossiers jugés prioritaires par Le Caire, notamment les flux migratoires, les trafics transfrontaliers, la circulation des armes et la sécurité régionale.
Dans cette perspective, les Forces armées soudanaises apparaissent, malgré les évolutions observées depuis le début du conflit, comme le partenaire institutionnel offrant le plus de garanties aux yeux des responsables égyptiens.
Cependant, cette stratégie comporte un paradoxe. En cherchant à préserver un interlocuteur unique à Khartoum, Le Caire pourrait contribuer, de manière indirecte, à prolonger un conflit dont les effets renforcent précisément les menaces qu’il cherche à contenir. La poursuite de la guerre favorise l’affaiblissement de l’État soudanais, l’expansion des réseaux de contrebande, l’intensification des déplacements de populations et la prolifération d’acteurs armés susceptibles de déstabiliser la frontière méridionale de l’Égypte.
Les implications pour l’Europe
Pour les pays européens, les conséquences du conflit dépassent largement la seule question des violations du droit international humanitaire. L’évolution de l’appareil militaire soudanais, marquée par la coopération entre forces régulières, groupes armés idéologiques et soutiens extérieurs, pourrait faire émerger un système politique combinant autoritarisme militaire, militarisation durable et influence croissante de courants islamistes.
La poursuite des livraisons d’armes risque d’alimenter la durée du conflit, d’aggraver les déplacements forcés de populations et d’accroître les pressions migratoires vers les pays voisins, notamment l’Égypte et la Libye, avant d’affecter les routes migratoires menant à la Méditerranée. Elle pourrait également favoriser le développement des trafics d’armes et des réseaux criminels opérant entre le Sahel, la Corne de l’Afrique et la mer Rouge.
Dans cette optique, plusieurs experts estiment que l’analyse des soutiens extérieurs à l’armée soudanaise ne devrait pas se limiter à leur dimension institutionnelle. Elle devrait également prendre en compte l’identité des unités bénéficiaires, la structure réelle de la chaîne de commandement, les mécanismes de contrôle des équipements livrés ainsi que le rôle opérationnel joué par les différentes formations armées alliées.
Cette approche implique également un examen approfondi des circuits logistiques régionaux, notamment des transferts d’équipements militaires en provenance de Turquie ou d’Iran, ainsi que de l’éventuelle utilisation d’infrastructures, d’espaces aériens ou de sociétés enregistrées dans des États tiers pour faciliter ces acheminements.
Conclusion
La politique égyptienne au Soudan répond avant tout à une logique géostratégique. Elle s’articule autour de priorités clairement identifiées : la sécurité des frontières, la maîtrise des équilibres liés au Nil, la stabilité de la mer Rouge et la préservation de ses intérêts dans le différend territorial de Halayeb.
Toutefois, cette stratégie tend à estomper la distinction entre le soutien apporté à une institution militaire nationale et celui accordé à un appareil sécuritaire profondément transformé par la guerre.
Dans le contexte actuel, les capacités militaires, les renseignements, les formations et les équipements destinés aux Forces armées soudanaises s’insèrent dans une architecture où interagissent également des groupes de mobilisation, des formations idéologiques et des réseaux issus de l’ancien régime. Dès lors, un soutien conçu pour renforcer l’État peut également produire des effets indirects au profit d’acteurs dont les objectifs dépassent le seul cadre institutionnel.
Le paradoxe de la stratégie égyptienne réside ainsi moins dans une supposée proximité idéologique avec les courants islamistes que dans l’hypothèse selon laquelle ces derniers pourraient demeurer durablement subordonnés à l’autorité militaire.
Or, l’expérience des conflits contemporains montre que les acteurs armés qui consolident leur influence en période de guerre acquièrent souvent une autonomie politique croissante. Initialement intégrés dans une coalition militaire, ils peuvent progressivement devenir des centres de pouvoir capables de peser sur les décisions stratégiques de l’État.
À court terme, cette approche pourrait permettre au Caire de préserver ses intérêts sécuritaires immédiats et de maintenir un interlocuteur privilégié à Khartoum. À plus long terme, elle comporte toutefois le risque de favoriser l’émergence, à sa frontière méridionale, d’un appareil militaire où les réseaux islamistes retrouveraient une influence durable, avec l’appui de partenaires extérieurs tels que l’Iran ou la Turquie. Une telle évolution pourrait, paradoxalement, faire apparaître les mêmes défis sécuritaires que l’Égypte cherche à contenir sur son propre territoire.
